IMPORTATION
Piastres
Piastres
En 1850, l'exportation et l'importation, qui s'équilibraient plus ou moins, se chiffraient chacune par un million de piastres. L'année 1888 donnant un mouvement général de plus de dix millions de piastres, le commerce a donc quintu-
(1) Tous les chiffres cités dans ce chapitre proviennent de « Costa Rica en 1886 », par J.-B. Calvo, de V Annuaire statistique, années 1886, 1887 et 1888 rédigé par Don Enrique Vilavicencio et du Rapport du Ministère des Finances, année 1888. Les chiffres donnés pour le commerce sont en piastre *orte équivalant à 5 francs de monnaie française.
plé en une période d'environ quarante années, tandis que la population doublait seulement dans le môme laps de temps. Il a de même doublé en cinq ans, tandis que la population n'augmentait guère que d'un dixième. Nous avons indiqué plus haut déjà la raison principale de cet accroissement du mouvement d'importation et d'exportation. En 1888, le café entre pour près des 5/6 dans le total général de Texportation, et la même proportion s'observe pour les années précédentes. C'est avec le café que Costa Rica doit payer tous ses achats à l'étranger. C'est donc presque exclusivement l'augmentation de sa production et ses hauts prix actuels qui ont permis le développement extraordinaire du commerce d'importation ces derniers temps. Quelques autres faits de moindre importance expliquent la forte introduction de marchandises étrangères dans les trois dernières années écoulées. C'est dans ces années qu'on a surtout commencé à introduire ici une grande quantité de machines pour les usines à café, et pour les diverses industries naissantes. Avec l'abondance des ressources, est venue aussi l'augmentation dès besoins. Depuis quelque temps, le Costaricien vojage volontiers. Il revient d'Europe ou des Etats-Unis avec des goûts qu'il n'a- Tait pas auparavant. L'amour du confortable, le luxe même, se sont introduits peu à peu dans les mœurs, et, chacun rivalisant de zèle dans cette voie, les principales maisons de commerce se sont efforcées de satisfaire ces nouveaux besoins. Toute une série d'articles, d'une consommation presque nulle il y a quelques années, sont devenus ainsi d'un débit courant. La situation ne laisserait pas que d'être pénible, si la baisse du café ou de mauvaises récoltes venaient à diminuer les -seules ressources qui paient actuellement ce développe-
ment du bien-être, ces goûts de plus en plus raffinés de la vie civilisée.
Il est inutile de détailler ici les articles d'exportation
puisque le café en fait à peu près tous les frais. Disons seulement qu'après lui, les bananes et les cuirs ont seuls quelque importance. Près de la moitié du café exporté est embarquée pour TAngleterre. Viennent ensuite, par ordre d'importance, les Etats-Unis et, à peu près sur le même rang, quoique à une assez grande distance des pays déjà cités, la France et l'Allemagne, comme l'indique le tableau suivant :