CAFÉ EXPORTÉ EN
Pays,
Quintaux.
Valeur en piastres
Angleterre
Etals-Unis
Allemagne
France
Autres pays
Total
Les principaux articles d'importation sont les tissus de tout genre : toiles, draps, étoffes, soieries dont la valeur est de plus de 1.200.000 piastres; le linge, les vêtements, les chapeaux dits de pîïa et les sacs pour le café qui représentent réunis une somme d'environ 350.000 piastres; les aliments de première nécessité (riz, farine, sucre, haricots), calculés à 250.000 piastres ; les conserves (120.000 piastres) ; les huiles, graisses et saindoux (140.000 piastres) ; l'alcool et les liqueurs étrangères (213.136 piastres), la bière et les vins (240.527
piastres); les drogues et produits médicinaux (116.391 piastres); le tabac (84.282 piastres) , la parfumerie (40.000 piastres) ; les articles de luxe (38.600 piastres) ; le fil de fer pour clôtures t91.270 piastres) (1). Dans l'importation pour Tannée 1888 figurent encore 365.282 piastres de matériel pour le chemin de fer en construction, et un peu plus de 40.000 piastres de charbon de terre.
Les principales lig^nes de bateaux à vapeur qui desservent les ports de Costa Rica sont, pour TAtlantique : la Royal Mail Steam Packet C°, dont les vapeurs partent de Southampton et touchent à leur retour au port de Cherbourg; la ligne t Atlas » qui part de New- York et dont les petits vapeurs touchent à Limon chaque semaine après avoir passé par Cuba, le Venezuela et la Colombie ; une ligne directe entre Limon et la Nouvelle-Orléans qui s'occupe surtout du transport des bananes, et une ligne hambourgeoise qui envoie, chaque mois, un navire à Costa Rica. Le port de Puntarenas est desservi par là ligne du Pacifique qui fait le cabotage entre San Francisco et Panama et vice verset. Quelques vapeurs de compagnies allemandes et de rares navires â Yoiles,qui doublent encore le cap Horn, s'arrêtent quelquefois dans son port, surtout au moment de la récolte du café.
En 1888, on a compté 140 arrivées de navires à Port Limon et 162 à Puntarenas. Les vapeurs étrangers ne paient pas de droit de tonnage et ne sont soumis qu'à un droit de phare de 25 piastres à l'entrée et à la sortie du port. Les navires à voiles paient un quart de piastre par tonne de registre, et 10
(i) Dans ce chiffre, les machines à coudre entrent pour une somme de 42.272 piastres, soit pour plus de la moitié.
piastres de droit de phare, à leur arrivée et à leur départ. Les mêmes navires, chargés de lest ou de charbon de terre, sont exemptés du droit de tonnage. Ne paient aucun droit les bâtiments de guerre, les navires marchands obligés de toucher périodiquement à Tun des ports costariciens et les bateaux que des circonstances exceptionnelles obligent à ancrer dans les eaux de la République.
^ 2. ISituation linaiicière du budget. — Le budg^et de
la République a suivi la progression ascendante du commerce, comme l'indique le tableau suivant :
Années
Dépenses
Recettes
Piastres
Piastres
Le budget voté pour Tannée économique 1889-1890 monte^ pour les dépenses, à 4.183.798,23 piastres, balancées par une somme de recettes probables de 4.287.686^89 piastres, qui laissent donc un boni de plus de 100.000 piastres.
Dans les dépenses entrent, pour une moitié, les sommes allouées aux différents ministères ; un quart est employé au paiement des intérêts et à l'amortissement de la dette^, le dernier quart est .porté au budget sous les rubriques : Dépenses diverses et exp]oitatiôri*d^s monopoles.
Le compte des recettes est établi au moyen des produitsdes douanes, de l'exploitation des monopoles et des rentes, ordinaires de moindre importance.
L'examen des chiffres que nous venons de donner ne laisse aucun doute sur la situation prospère du pays, et sur lequilibre du budget pendant les dernières années. Les deux dernières administrations, celle de Don Prôspero Fernândez et surtout celle du général Don Bernardo Soto, ont pris à cœur le relèvement des finances et du crédit du paj^s, qui se trouvaient, il y a une dizaine d'années, dans une situation assez fâcheuse. L'exposé des faits, que nous avons encore à consigner dans ce chapitre,prouvera, jusqu'à l'évidence, que le but a été complètement atteint,et que Costa Rica peut se glorifier aujourd'hui à juste titre de sa situation financière.
La principale source de reveims de l'État est aujourd'hui la douane. Toutes les marchandises destinées à Costa Rica doivent être accompagnées de leur facture consulaire. Elles commencent par payer un droit de quai (1) au moment du déchargement, puis sont dirigées sur la douane centrale qui se trouve à San José. A Puntarenas et à Limon existent des douanes secondaires d'où l'on peut retirer les marchandises en remplissant quelques formalités ; à Carillo se trouve un grand entrepôt. Une Compagnie d'agences, à laquelle sont consignés la plupart des navires qui arrivent à Costa Rica, se charge généralement du transport des marchandises jusqu'à la douane centrale.
Les droits d'entrée sont très élevés pour certains articles, ainsi que pour les eaux-de-vie, les tabacs, les objets de luxe, les soieries, les meubles, la parfumerie et les armes. Le
(1) Le droit de quai s'applique aussi aux marchandises exportées.
gouvernement a eu la sagesse de diminer ces droits dernièrement pour quelques articles de prenaière nécessité, les vins notamment. Il est probable aussi que, dans la prochaine révision des tarifs, on supprimera ou diminuera considérablement les droits sur les matières premières, afin de favoriser les industries naissantes. Néanmoins, comme les droits sont calculés sur le poids brut des marchandises, ils augmentent dans une proportion considérable le prix de ces dernières. Joints aux frais de transport depuis les ports jusqu'à San José, on peut calculer en moj^enne qu'ils doublent le coût des produits importés. Aussi n y a-t-il rien d'étonnant, si Ton s'en réfère au chiflfredes importations que nous avons donné plus haut, à €e que la douane rapporte annuellement à l'État plus des deux <îinquièmes de ses rentes effectives. Le produit des douanes doit être appliqué avant tout au paiement des intérêts et à l'amortissement de la dette extérieure de la République ; le surplus entre dans les caisses nationales.
Les douanes ont produit en 1888 la somme de 1,707,584.92 piastres; en 1887, 1,302,741.24 piastres et, en 1886, 807,801.44 piastres. Cette rente a donc doublé en trois ans. Nous avons donné quelques-unes des raisons qui peuvent expliquer cette augmentation considérable, en parlant du commerce. L'importation sera-t-elle toujours aussi grande ? Peut-on compter sur un produit des douanes au moins égal pour les années à venir? Ces questions sont difficiles à résoudre. Nous n'acceptons cependant pas l'opinion des pessimistes qui, prévoyant tôt ou tard une baisse assez forte du café, en déduisent que l'importation diminuera en conséquence. Promptement, nous en avons la conviction, de nouvelles cultures auront augmenté dans une forte proportion la fortune du paj^s ; promptement
aussi rémigration se dirigera nombreuse vers une région où J
les richesses naturelles de toutes espèces n'attendent que des. j
bras pour les exploiter. Les nouveaux produits et les nou- ]
veaux consommateurs compenseront, sans aucun doute, la baisse, si baisse il y a. Quoi qu'il en soit, en peuple sage^ le& Costariciens ne s'endorment pas sur leur prospérité actuelle. Gouvernement et particuliers travaillent à Taccroître encore,: et tant que la politique inaugurée par les deux dernières administrations que nous avons citées précédemment, celle du président Soto en particulier, suivra son cours, Costa Rica méritera son nom,c'est-à-dire sera un pays riche et prospère.
Les monopoles du tabac et des liqueurs constituent ensemble une rente équivalant presque à celle des douanes- Cette rente a augmenté notablement aussi ces dernières années, quoique dans une proportion moindre que la précédente. En 1886,elle a produit 1,310,887.37 ; en 1887, 1,559,071.22 et en 1888, 1,696,356.27 piastres. Le gain net, pour Tannée dernière, est de 1,334,661.41 piastres pour les deux monopoles du tabac et des liqueurs réunis.
Parmi les rentes de moindre importance, nous citerons : le papier timbré, un impôt sur Tabattage des animaux de boucherie (1), les patentes pour la vente des liqueurs, de la bière et des vins étrangers, Tinscription au registre de la propriété et des hypothèques et les produits des postes et té-
(1) Cet impôt est appelé « subvention de guerre » parce qu'il fut établi pour amortir la dette contractée à Toccasion de la guerre de 1856 contre le flibustier Walker. Quoique la dette soit éteinte aujourd'hui, Tirnpôt a été maintenu; il produit environ 80,000 piastres chaque année.
légraphes. Toutes ces rentes réunies donnent un total d'environ 300,000 piastres pour l'année 1888.
Les impôts» municipaux sont peu élevés. Les propriétaires d'immeubles sont seuls obligés à paj^er les impôts destinés à Tentretien de la police municipale, à l'éclairage des rues et à la distribution de Teau dans les maisons. Les commerçants et les banquiers sont soumis au payement de diverses patentes en rapport avec leur genre d'affaire, et un petit nombre d'industries paient également une patente municipale. 'Tous les habitants de la république, âgés de plus de 20 ans, doivent payer annuellement à leur municipalité respective une piastre pour l'amélioration et la conservation des routeSi
3. Dettes intérieure et extérieure. — La dette publique se divise en intérieure, c'çst-à-dire contractée dans le pays, et extérieure contractée à l'étranger.
La dette intérieure est en partie consolidée et en partie flottante. La dette consolidée est représentée par les capitaux de divers établissements d'instruction, de charité et de bienfaisance. Le gouvernement paie les intérêts de ces capitaux aux institutions mentionnées, mais a cru nécessaire, pour diverses raisons, de protéger leur avoir en le couvrant de la responsabilité nationale. Cette dette consolidée représente actuellement un total de 433.488,27 piastres. La dette flottante monte à la somme de 1.521.875,76 piastres. Elle comprend notamment 870.244,75 piastres de papier monnaie, de deux émissions différentes, dont le gouvernement annule chaque
— lu —
année une certaine quantité. Le total de la dette intérieure est de 1.955.864,03 piastres que le trésor public est a même de rembourser du jour au lendemain, quand les intérêts du pays Texigeront, en disposant de la part d'actions, qui lui revient dans le capital payé de la Compagnie du chemin de fer de Costa Rica. (1)
La dette extérieupe a son origine dans les emprunt faits en 1871 et 1872 pour la construction du chemin de fer projeté entre Limon et Puntarenas en passant par le plateau central.
Cette dette, très élevée à lorigine, a été consolidée en 1885 et réduite à une somme de 2,000,000 L. st. avec un taux d'intérêts de 5 0/0, grâce à un arrangement conclu entre le Gouvernement et les porteurs de bons par l'intermédiaire de M, Minor C. Keith dont nous avons déjà eu à louer l'énergie e.t la persévérance. Le gouvernement d'un côté reconnaissait définitivement une dette qui n'avait pas obtenu jusque là toutes les sanctions légales habituelles, hypothéquant le revenu de ses douanes pour en assurer le service, et de l'autre obtenait l'achèvement complet du chemin de fer Limon-Car-, tago, d'une importance capitale pour le pays. Une compagnie fut fondée pour assurer la conclusion de ce grand travail.Elle reçut entre autres privilèges celui, du monopole de l'exploitation de la ligne entière, y compris les tronçons du plateau central, et 800,000 acres de terres gouvernementales. (2) L'état
. (1) Pour de plus amples renseignements .sur ce point et sur les titres 2 et 3 en général, voir le « Rapport du Département des Finances et du Commerce », année 1889.
(2; La compagnie du chemin de fer a cédé dernièrement la part de terres qui lui revenait, d'après le contrat, à une nouvelle compagnie : River Plate Trust and Loan Agency Cy. qui en entreprendra l'exploitaticn à plus bref délai qu'elle ne l'aurait pu faire elle-même. •
reçut un tiers du capital jugé nécessaire pour la constructioa de la ligne du Reventazon en actions libérées, et se réserva, la moitié du produit de l'exploitation ou de la vente desterres concédées.
Le paiement des intérêts de la dette extérieure ainsL reconnue a commencé, en vertu des arrangements conclus, à s'effectuer par Tétat de Costa Rica le !•' juillet de Tannée dernière et s'est continué depuis lors avec la plus scrupuleuse exactitude. Cinquante mille livres sterling ont été payées^ ainsi le 1^^ juillet 1888, autant le i^^ janvier, et la même somme le 1^^ juillet 1889. Le Gouvernement a prouvé par le non seulement Texcellente situation de ses finances, mais encore qu'il était fermement décidé à remplir et à respecter lesobli galions qu'il avait contractées. Aussi le crédit du paj'^s, trè& ébranlé jadis, a-t-il été entièrement reconquis au dehors ; les bons de Costa Rica étaient cotés à Londres en mai 1889 à 94 et 95 pour la série A et à 92 1/3 et 93 pour la série B. Aucun» état américain, les États-Unis et le Chili exceptés, n'a sur les. marchés européens des cours plus favorables pour les fonds publics. L'état du trésor costaricien, la prospérité croissante du pays et la sagesse de ses gouvernants justifient d'ailleurs, pleinement cette confiance.
L amortissement de la dette extérieure doit commencer à partir de l'année 1897. Nous rappelons ici que cet amortissement, de même que le paiement des intérêts, sont garantis par le produit des douanes qui doit y être affecté avant tout. En s'en rapportant aux chiffres donnés plus haut pour ce produit, quand nous avons parlé du commerce, on verra que: l'extinction de la dette est parfaitement assurée.
La dimlîiaiian de la dette publique pour les quatre der? nières années est établi par le tableau suivant :
Piastres
18S5. Dette publique (int. et exter.). 18,523,380 66 1889. id. id. 12,917,036 53
En moins : 5,606,344 13
Cette différence est à la lo'iange de l'administration du général Don Bernardo Soto qui a su s entourer, dans son œuvre de gouvernement, de collaborateurs intelligents, patriotes et soucieux autant de la dignité que de la prospérité de leur pays. Parmi ces.Gollaborateurs,il n'est que juste de mentionner le ministre des Finances pendant ces quatre dernières années, M. Mauro Fernândez, dont nous avons déjà dû citerle nom, à propos du développement de Tlnstruction 'publique.
Le mouvement des fonds nationaux a été concentré dans^ un établissement particulier, la Banque de l'Union qui re^
vêt l3 caractère de Banque nationale. Cet établissement perçoit une commission de 1/4 0/0 pour son travail. Cet arrangement est à l'avantage de la nation, puisqu'il supprime une armée d'employés fiscaux qu'on ne pourrait rémunérer qn'aa. moyen de frais certainement plus considérables.
4. Monnaies, poids et mesures. — La monnaie généralement en usage à Costa Rica est la piastre papier. Sa valeur est nominalement de 5 francs, mais, en réalité, elle n'est que d'environ fr. 3.50, l'or jouissant d'une prime de 30
tot 50 0/0. Il existe une certaine quantité d'anciens billets
du gouvernement, mais, comme nous Tarons vu plus haut, ils diminuent chaque année et ceux qui sont aujourd'hui en circulation sont presque tous émis par la Banque de rUnion. Cet établissement aie monopole de rémission fiduciaire pour une somme quadruple de son encaisse métallique. Le papier-monnaie est accepté dans toute la République avec la plus grande facilité, et l'argent monna}''é ne fait sur lui aucune prime. Les billets dont la valeur est la plus élevée sont de 100 piastres ; la plus petite quantité paj^able en papier est une piastre.
La monnaie divisionnaire est d'argent et est frappée dans le paj^s. On rencontre des pièces de 50, 25, JO et 5 centavos^ c*est-à-dire centièmes de piastre. Leur loi est de 750 millièmes. Les monnaies d'or frappées jusqu'en 1876, sont aujourd'hui presque introuvables ; on les a presque toutes exportées.
Le système décimal a été adopté pour les monnaies dès
L'intérêt normal de l'argent, de 12 p. 0/0, il y a quelques années, est aujourd'hui descendu à 9 p. 0/0. A côté de la Banque de TUnion, à qui l'on doit surtout cette baisse du taux fle l'intérêt, on ne peut guère citer comme établissement financier de quelque importance que la Banque anglo-costaricienne, dont les affaires ont été très prospères, mais qui a diminué aujourd'hui beaucoup ses opérations.
- Le système métrique , adopté pour les poids et me-, sures en 1834, est mis en pratique depuis le V juillet de l'année 1888. Comme Tancien système est encore cependant souvent employé, nous croyons utile de donner ici les noms.
et réqui valence des principaux poids et mesures propres au pays.
a. Poids. — La livre costaricienne est la livre espagnole de 460 grammes. Vingt-cinq livres font une arroba et quatre arrobas un quintal ; celui-ci ne pèse donc que 46 kilogrammes.
6. Mesures de capacité. — La plus grande mesure de capacité est la fanega qui contient presque exactement quatre hectolitres; elle se divise en 24 cajiielas de 16 litres, 66 chacune. Le cuartillo est la quatrième partie de la cajiiela, soit 4 litres, im.
(^: Mesures de longueur. — La vara costaricienne équivaut à m . 836 ; elle se divise en 36 pouces. La lieue, de 20,000 pieds espagnols, vaut 5 kilomètres 573.
d. Mesures de superficie. — La mesure généralement emploj'^ée est la inanzana qui contient 10,000 varas carrées; elle équivaut donc à 6,938,96 mètres carrés ou à 63 ares 83,96 mètres carrés. Pour mesurer de très grandes étendues de terrain on se sert de la caballaria qui contient 64 3/4 manzanas, soit 45 hectares, 25 ares et 35, 16 mètres carrés*
Tous ces poids et mesures sont encore emplojTs journellement, surtout dans lès campagnes. Comme on Ta constaté partout ce n'est qu'après une génération au moins que le système métrique, seul enseigné aujourd'hui dans les écoles, prévaudra définitivement et qu'on abandonnera Tancien système et les anciennes dénominations (1).
(1) On trouvera des détails circonstanciés sur les monnaies et sur 'es poids €t mesures autrefois en cours ou en vigueur, dans le livre déjà cité de J--J- H]aIvo « Costa Rica en 1886. »
ri