‹ Costal l'IndienChapitre 8 sur 42 · Soirée · texte numérisé non relu

Soirée

valier errant. Je crois avoir entendu dire qu'il n'y en a plus. »

Gertrudis soupira de nouveau.

« Je le distingue à présent, c'est un prêtre, poursuivit Marianita. Cela vaut mieux que rien, surtout s'il chante et joue aussi bien de la vihuela* que le dernier qui a passé deux jours à l'hacienda. Il arrive au galop de sa mule, c'est bon signe; mais non, il a la physionomie triste et sévère. Ah ! il m'a vue, car il fait un geste de la main. J'irai la lui baiser tout à l'heure.... j'ai le temps! »

En disant ces mots, la jeune et belle créole, à qui son éducation prescrivait de baiser la main du premier prêtre venu, fronça d'un air boudeur ses deux lèvres fraîches et vermeilles comme la fleur du grenadier.

« Mais viens donc le voir, Gertrudis, il se présente à la porte de l'hacienda, reprit-elle.

— J'ai le temps, comme tu le dis, Marianita; mais dismoi, ne vois-tu plus d'autres cavaliers? Don Fernando?... dit Gertrudis comme pour se tromper elle-même en trompant sa soeur.

— Ah! oui, don Fernando.... transformé par quelque enchantement en un mozo de mulets* qui pousse sa recua° comme s'il disputait le prix d'une course.... C'est tout ce que je vois. Allons, il vient ici comme le prêtre. Mais qu'ont donc ces gens à galoper si étrangement? On dirait qu'un vertige les pousse. »

Le bruit des portes de l'hacienda qui s'ouvraient et le tumulte qui montait de la cour jusqu'aux jeunes filles prouvaient que non-seulement le prêtre , mais encore le garçon muletier avec ses mules, contre tout usage, recevaient l'hospitalité de don Mariano Silva.

\ . Mandoline.

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