VIII
Le bonnet ou escoffion, orné de deux rangs de perles d*or, est laque-foncé ; le voile, qui y est attaché et qui des-
cend par derrière, est noir ; la fraise et la collerette, largement plissées, sont blanches ; ki robe, dont le tour de gorge est reh uussé d or, est brun-clair. Mais ce qu'on doit principalement remarquer dans ce costume, ce sont les manches étroites, à doubles bouffettes, dont une au haut du bras et Tautre au coude. Ces manches sont bleu-«Iair et les bouffettes rose-tendre, ainsi que la taillade qui se détache du coude et qui est arrêtée au poignet par un cordon d*or. Cette taillade, qui vraisemblablement était taillée de biais et cousue k la partie inférieure de la manche, forme une bouffette longitudinale sons Tavant-bras. La ceinture est bleu-outremer, avec des dessins d*or.
/{è^ne i/e /'ntnçoi'j'
G.VJtDK 1)1 COUPS 1)1 ROI.
COSTUMIÎS HISTORIQUES.
GARDE-DU-CORPS DU ROI , de la compagnie écos-
Cette figure est tirée (Tune miDi&ture faite du temps de FhtDçcHS K (GAiGNiÈaES, portcf. YllI, 78.)
Le lioqueton, ou corselet à manches justes, sur lequel est brodée en or une salamandre couronnée» est vert-brun. Le tonnelet ou tunique se compose de bandes, groupées deux par deux, en étoffes de trois couleurs qui se reproduisent alternativement : ocre-jaune , laque-aniaraiite et vert-foncé. Deux rangs de galons d'or circulent autour du tonnelet. Les hautes manches ou bouffettes offrent égar lement les mêmes bandes et les mêmes couleurs bariolées. Le bas des bouffettes est décoré d*or, ainsi que le haut du corselet et les eutuurijures des bras qui sont doublées d'écarlate. Sous le premier vêtement, on en aperçoit un autre qui couvre la partie supérieure du cou et les avant-bras : ce second vêtement, qui parait être un gaubîson ou casa^ que rembourrée, est gris-foncé. Les chausses et les babouches sont blanches. Le ceinturon et le fourreau de répée sont en cuir noirci ; le grand chapeau, orné d'une plume blanche et rehaussé de dessins d'or, est en feutre noir*
184 COSXUM£S HISI0A1QUB8*
OBSERVATION
Gabbb PAATicrLiÈiiE D£S A016. — JNous avons dit que les premiers rois de France avaient eu des gardes, attaché» spécialement à leur maison et chargés de veiller à la
SLU'cté de leurs personnes, quoi({iie les historiens ne. fassent remonter Tofigmede cette institution qu'au vi' siècle. Nous avons donné divers costumes des gardes du roi , k différentes époques. Yoy. t. I, pl. lxxi, et t II, pL lxui.
GëScorf»è d^ëlitê, cléstinés àii sérWèe pariiciiliéf de la personne royale, furent augmentés sous Louis XI ; niais c'est sous Charles Yll, que fut instituée la plus ancienne des quatre Compagnies des gardes-dtir-corps. En effet, les grands services que le comte de Boucan o;u Boucani, écdssaisi rendit $ èhàriès VII, ef surîout la vicCoirè qu'il féiït porià, auprès de Beaugé en Anjou, sur l ai niée anglaise, en 1421, engagèrent ce priiice à lui dormer des rnarques' éclatantes de sa reconnai^ance. 111e fit coniiétable, et créa pour lui, en imO ou laii5 » la compagnie des gendarmes écosémii àiiisî que cellè Ses drcKers àe là garde du roi^ laquelle prit plus tard la dénomination de tom/Kifirne écossaise des <jardes-du~corps du roL Cette Compagnie , âaùis t*6riginfi n'était composée que de gentiîsiiom'més écossais, ne fut bientôt plus écossaise que de nom, car on n'y admettait que des Français nobles, et les Écossais, qui s'y trouvaient encore, appartenaient à des familles naturalisées en France.
Lès iiroiS autres Compagnies de la garde du roi, qu^on noimmait tompagnies fi-ancàtses, n'ont pas ^fé crfêés èn même temps que celle-ci. Luuis .X.I, étant à l'uiseaux, en iUl^ ou 1474i établit une nouvelle garde royale de Cent
eOSTUMBS BISTOSIQUBS. 485
gentilshommes; chacun d'eux devait avoir à sa suite et entretenir deux ardiers, cequi présentait, un effectif de trois cents hommes sans compter la compagnie écossaise. ^ 1/177, ce môme roi détacha les deux cents archers, qui faisaient pai'tiedu corpsdescerîf (jentiUiiommes, en dispensant ceuxci de leur entretien , et avec ces archers qu'il mit à sa solde, il composa une garde à part, qui fut appelée PetUe Garde du corptdu roi, pour la distinguer de Taufre qu'on désignait, sous le nom des CeiiL lanciers gentilshommes de l'hôtel du roi. Telle est l'origine de la Première Compagnie française des Gardes-du-corps du roi. François T' la réduiât à centhommes, lorsqu'il forma laTroisièmeGomr pagnie.
En 1479, Louis Xi 01 1: an i sa, avec les deux archers de sa Petite Garde, une nouvelle Compagnie française, dite des Archers de la garde, dont il donna le commandement à Claude de La Ghastre. C'est elle qui devint la Seconde Compagnie française des Gardes-du-corps. L'effectif des trois Compagnies était alors de quatre cents hommes, sans compter les vingt-quatre gentilshommes écos^ sais, institués par Louis-le-Gros &a. 886, et devenus depuis Gardes de iamanehe, qui furent réduits à dix en 1788.
Charles YIII et Louis XII ne firent aucun changement à l'organisation des Gardes-du-corps; lisse contentèrent des trois Compagnies créées par leurs prédécesseurs. 11 n*pn fîit pas de même sous le règne suivant
Une Compagnie de 60 archers, créée en 1514 par François I", comprenait, outre les 30 archers qui formaient la garde de ce prince avant son avènement à la couronne , 20 archers du régiment du sieur de Crussol et 10 de celui du sieur de Nancay. En 1516, le roi ajouta à cette compagnie, qui fut la Quatrième Compagnie française, 46 autres T* if* S4
arche» da régiment de Gruasol, ce qui en porta le nombre total à i05.
Depuis cette époque, Torganisation des Compagnies de
Gardes du Corps du roi n'a pas changé, jus^qu'à leur suppression en 1790. L'Assemblée constituante donua à Louis ÂVl une Garde conititutimneUe, dont les hommes étaient choisis dans toutes les classes de citoyens ; mais Fexistence de ce corps n^eut pas une longue durée : il fut remplacé pai- la (iaide lialiooalt? parLsicnnc. En 181/t, les Quatre Compagnies des gardes-du-corps furent rétablies, mais elles ont été supprimées définitivement en I8S0«
\\ 1 1 s l Kl' L K Hèifue de Fi anqois /C
(ÎARDK Dr CORPS DU UOl.
GARDË-DU-GORPS DU ROI» des Compares françaises.
Cette figure a été empruntée à la ménoie source que ta
figure précédente. (Gaignières, portef. VIII, 80.)
Ce costume est tout-ihiait difiérent de celui qui précède. Le surtout rose, à manches bouffantes, est rayonné d*or et rehaussé de dessins en or. Le vêtement de dessous, qui recouvre le haut du corps et les avant-bras, est violet-clair; entr' ouvert sur la poitrine, il Laisse voir la chemise, garnie d*une fraise; dans sa partie supérieure, ce vêtement est relevé d*or ; sur les avani-bras, il est orné de petites taillades blanches. Le manteau, posé en écharpe sur Tépanle et le bras droit, est noir. La toque, surmontée d'une plume blanche, est en velours noir brodé d'or. Les chausses et les babouches à crevés sont blanches.
COSTDMES HISTORIQUES*
PilËYOT D£S MARGHAI^DS de la viUe de Paris.
Cette figure est copiée d'après une gravure en bois, faite du temps de Fhmçois r*.
La grande robe à larges manches est en satin cramoisi. La robe de dessous, qu'on aperçoit au bas de la première, est violette. Le bonnet.ou chapeau, à bords relevés, est de mèmecouleur que la grande robe. Le béguin est noir,ain8i que la longue pièce d*étoffe ou queue du chaperon, qui descend sur la poitrine. L'escaicelle e^at verte, rehaussée d'or.
ïx\\v.\\\ i)K. l'.vms.
COSTDMBS HISTORIQUES.
ECHEYIN de la ville de Paria.
Cette figure est tirée, comme la précédente» d*une gravure en bois coloriée, qui représente Toitrée de François I" à Paris après son sacre.
Cet échevin est vêtu d'une robe courte, mi-partie rouge et noire, croisant sur le devant, sous laquelle on n'entrevoit aucun autre vêtement II porte les armes de Paris brodées sur le bras gauche. Ses chausses collantes sont rouge-brun;
son bonnet ou bouiTelet et ses souliers sont en velours noir.
OBSERVATION
CoLLEUBS OU LIVRÉES DES VILLES. — Cliaquc villc avait sa livrée, de la couleur de sou blason. Selon quelques auteurs qui 8*appuient sur un passage d*une ancienne histoire de Charles YI, la livrée de la ville de Paris était originairement de trois couleurs, rouge, bleu et blanc : selon d*autres, elle était seulement rouge ou noire. C'est une erreur de croire que le rouge appartenait à la magistrature, et le noir, à la ville de Paris. Si, dans cette figure, les armes de Paris sont brodées sur la partie noire du costume,
192 COSTOUfiS HISTOAIQDBS.
cela tient à tm caprice du peintre. On a prétendu aussi
que, dans les auin s villes de France , le costume des officiers municipaux était mi-parti» offrant d'un côté la couleur héraldique de la ville, et de l'autre, la couleur rouge, qu^on réputait nationale ou populaire.