II. SlGNinCÀTION STMBOUQDE J» l'AAMUEB DU CHBVir
UER. — Chaque pièce des anciennes armures avait pour les chevaliers une signification symbolique. Lacurne de Sainte-Palaye a tiré presque textuellement d*un. ancien traité de chevalerie Texplication mystique de ces symboles qui charmaient tes esprits les plus délicats du xv* siècle ;
•Vépée^ donnée en forme de croix, signifiait que Jésus- Christ vainquit le péché èt la mort sur T arbre de la croix
de même que le chevalier doit surmonter ses ennemis par le moyen de son épée, qui est faite en croix ; on donne
COSTUMKS HISTORIQUES. il
ajom vm épée au chevalier, pour maîDleoir et iaire justice* laquelle est dénotée par Tépée.
« La lance est donnée au chevalier pour symbole de vériiéf à eanse <iu*elle est droite» et le fer de la lance st^ifie le pouvoir et Tavantage que la vérité a par-dessus le men-
M)iige; et le pennon et banderole, qui est au bout, fait voir que la vérité se montre à découvert à tout le monde.
« Ije casque est pour dénoter la honte, la pudeur et Thu-
milité; car, de même que ces trois qualités font baisser les yeux contre la terre à ceux qui les possèdent, ainsi le casque empêche le chevalier de regarder en haut et de devenir trop orgueilleux ; de même que le casque défend le chef qui est le plus haut et le principal de tous les membres de l'homme, ainsi la honte empêche le chevalier de faire de vilaines actions, et la noblesse de son courage ne s'abandonne jamais à méchanceté ni à tromperie.
« Le haubert^ ou le corps de la cuirasse, signifie un château ou forteresse qui fait la guerre aux vices et qui leur résiste puissamment : car, ainsi qu*un ch&teau ou une
fort.eresse sont enclos de fortes murailles et environnés de bons fossés, afin que T ennemi n'y puisse entrer, tout de même le corps de la cuirasse doit être fermé de toutes parts, afin de donner à entendre au chevalier qu*il doit tenir son cœur si fermé, qu'aucune trahison, orgueil ou déloyauté n'y puisse entrer.
tt Les cuissarU et les chaudes de fer sont donnés, non seulement pour garantir des coups les cuisses et les jambes,
'mais aussi pour faire savoir au chevalier qu'il doit combattre et exterminer les voleurs et brigands qui sont sur les grands chemins.
- « Les éperons lui sont donnés, atiu qu il soit diligent en
It GOSrtlHIIB HISTORIQUES.
988 «ntr^prisesy «i poussé par l'«igui)lon d'honneur en tour tes ses actions.
« La nume d'anmê était donnée au chevalier pour signifier iji force de coui age ; cftf , comme la niasse ôst avj^ltagQMse oontre taule sorte d'armes, aussi la fovee de cfHirw <)éfeii4 de tous vioes le ohevalîtsi et augm^rte la vertu pour les chaseer et les vaincre^
« Parmi les armes offensives d^ anciens chevaliers, était encore une courtQ épée ou dague pointue qu ils noij^ maient nUséricor4e « parce qu*étfint venu^ aùx prises ou ayant Renversé leurs enneiqts, lor^u*ils pe pouvaient plus s'aider de leurs lances ni de leurs épées à cause de la lon- |;ueur des dites armes, ils avaient recours à celle-ci pour cpntraiudrff le vaincu à depa^der miséricorde, Cet(0 softA d*arme signifie que le chevalier ne se doit point tant Aer k sa force, ni à ses armes , qu'il n'ait preniièren^en^ U ptw# forte espérance en la miséricorde de Dieu.
c h*écu ou le bouclier est donné au chevalier pour dé«noter son office ; car, comme le chevalier met son écu entre lui et son ennemi, aussi le chevalier est celui qui tient le milieu entre le prince et le peuple ; et comme le cou^ qui part de la main de Tennemi tombe plutôt sur Técu qfie sur le corps du chevalier, de même celui^ doit présenter si^ personne et servir de rempart à celle de son prince.
a Les ganteleta signifient que, comme on les lève en haut pour frapper et pour vaincre ses ennemis, aussi faut* i! lever la main èn haut pour remercier Dieu de la victoire. Les g»ate1ets dénoteht aussi, en préservant les mains, le soin que les chevaliers doivent avoir de ne toucher rien d*impur avec elles» et de les détourner de larcins « de faux serments et de toute autre méchanceté.
blesse, le courage, Tardeur et la magnanimité, desquels il
doit être accompagné en toutes ses actions. I.e chevalier combat à cheval, pour paraître plus haut que les autres, et afin que sa vertu éclate de plus loin.
t Le frein et la bride sont donnés au cheval, et les rênes aux mains du chevalier, pour le retenir et le conduire selon son plaisir : cela signitie que tout noble cœur doit réfréner sa bouche et fuir toute médisance et mensonge ; qu'il doit modérer sa libéralité, pour ne pas devenir malheureux par une prodigalité inconsidérée; qu'il doitmeltre uii frein à toutes ses passions et se laisser conduire par la raison.
f On donnait des mnoiries aux chevaliers sur leur écu et sur leur cotte d'armes, afin qu'ils fussent reconnus dans les batailles et dans les tournois, pour y recevoir l'honneur et le blâme qui leur sont dus, selon qu'ils auraient bien ou mal fait. Les armes sont les caractères de leur vertu, et la noblesse est la plus grande et la plus glorieuse récompense qui se puisse donner, car on ne peut être reçu chevalier» sans la posséder. »
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G0STVMB8 msTOKIQUBfl.
GUILIAUMK LEMAY, capitaine des vingt-âix arcliers du roi.
Cette ûgure est copiée d'après la pierre tombale de Guillaume, qui était inhumé à Saint-Pierre-dea-Arcifi, à PaiiSt dans la nef et près de la porte du chœur. (Gai- QNiàRES, portef. VU, 38.)
Ce costume est celui des officiers des francsHmshers, que Louis XI remplaça par les Suisses en l /i8i. La croix blanche qui décore la poitrine de noire personnage était la marque distinctive de tous corps formant la maison militaire du roi, car cette crdi se retrouve aussi sur Tétendard royal.
OBSERVATIONS
1. CosTUiiK MiUTAïaii sous Louis XI. — il ne se iit sous ce règne que peu de changements dans le costume milirtaire. Celui de Guillaume Lemay vient à Tappuî de notre
assertion : ce chevalier est armé de toutes pièces, avec Tare , le carquois plein de llèches, Tépée et le poignard. L'arbalète des francs-archers avait trois pieds et demi à quatre pieds de longueur. Le franc-archer qui , en
tua le comte d'Armagnac, n'avait d'autre armure qu'une brigandine et un moriou de peau de taisson (hérisson).
16 COSTLMlîS IllSTOaiQUIiS.
L^uaage de la hallebarde, de la pertuisane, et même de la pique, suivant certains historiens, ne commença que vers
Tan l/i75. La pique ne différait de la sai i.sso macédonienne, que par un peu plus de longueur , et l'on s'en servit encore dans les armées françaises longtemps après Tintroduction des armes à feu.
IL Ëtbndard botal. — 11 y a eu de tout temps un étendard royal dans les années de France. Les histoires
des règnes de Charles VI et de Charles Vil parlent, en div<Ms endroits, de cette enseigne foyafe. Sous Henri 111 et Henri IV, la Coiriiette blanche était la bannière du i'oi, OU du moiHà le premiet^ étendard de Tarmée. Le drapéatt de France ne fut pas toujours de la même couleur; celui de I Philippe-Auguste, que Galon de Montigny portait à la bataille de Bouvines» était blanc .parsemé* de fleurs de lis / d'or, et, longtemps avant rëpocftié de Qhteriés VI, nbs nAé y avaient placé une croix blanche ; mais on ne dit point quelle était la couleur du champ. « Est à advertir, dit Juvéâ nal des Ursins dans son Histoire deCharles VI^ que toutes «choses se faisoient au nom du roy, mais ils laissèrent kl « croix blanche, qui est la vraie enseigne du roy, et prirent « la cruix de Saint-André et la devise du duc de Bour- « goo:îie. » Nos anciennes histoires s'accordent à prouver que, dèsi^origine, la bannière française a été blanche; c'était, en quelque sorte, la couleur disUnctive et particulière de notre nation; mais l'étendard royal n'a pas toujours eu la même couleur pour le fond, ni les mêmes ornements ou devises.
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. COSTUMES BISTORIQVBS. 17
CUAliLES Vlll, roi de France. — Fils unique de Louis XI et son successeur, il naquit au ch&teau d'Amboise, le âO jum 1470. PriDce aimable, brave et habile, il monta sur le trdne, à Tâge de treize ans; son éducation avait été fort négligée, et il savait alors à peine lire. II entreprit la conquête du royaume de Naples, en Cette même année, il entra en vainquent à Florence et à Rome. U reçut, de la main du pape, Tinvestiture du royaume de Naples qu'il occupa bientôt après; il fut même couronné empereur deConstantinople. Le 6 juillet 1^95, il gagna la bataille de Fomoue contre une armée bien supérieure en nombre à la sienne ; mais une guerre si rapide et si glorieuse ne produisit toutefois aucun résultat , et le royaume de Naples tut aussi vite perdu que conquis. Charles V iU mourut au ch&teau d*Amboise, regretté de tous ses serviteurs et de tous ses sujets, le 7 avril 1498. Sa femme, Anne de Bretagne, inconsolable, voulut porter le deuil en noir, malgré l'usage des reines de France. Ce petit roi, comme on rappelait à cause de sa taille eiûguë, n'était ni beau, ni bien fait ; il était même un peu bossu, et il louchait; mais un regard vif, un air fin et spirituel, rachetaient tous ces défauts.
Cette figure est copiée diaprés un portrait original, qu'on voyait autrefois dans l'appartement de la duchesse de Ne*
mours à Thôtel de Soissons, à Paris. (GAKiMiiUËS, portef. YU,ô5.)
T. IV. - ' â
Charles VU I est représenté coiffé d'un chapel noir, et
revêtu crime casaque de > inui.-^ hujiieux, ù manches longues, ouvei les au milieu des bras. Cette casaque eot doublée et garnie de fourrure, ainsi que les manches étroites du vêtement de dessus, qui sont en drap d*or avec dessins lioirs. Les chausses de soie cûllauU^b, qui accoiapagiienf costume, ^Qti)Uuichei; les sQuUfii's également biatiGS, à ^&/é»mfi^4r£s^ jiiiÛEèreot d« ceux du i&oçB de Imiîs m 03 <]U*ilsn'ont point d'attaehes sur le oon de^iedet i)n*ib mU. arroûdis «ii boule à i extréuiité.