I. CosTpipjs DES FAiBs m FR4iiCfi.<^ On I ii, fyn& je jûé
' rémouial français^ qu'au soicre de Cliarles VllI, les pairs dç France séculiers étaient revêtus de nmnteaux de pairie, rei^yee^ suf épaules comme une épiM)^ om cl^pe ^ docteur^ et fourrés d'hermiae; Ms ayaieni aorUtét^ d^ oereles d^or : les ducs, è deuK fleurons, et les eorates^ sans ornemepts. Leur costume ét^it encore vm^Q ^m m^v^ de Heori IV et de toais XlII.
II, QppBONiVB 04^ DUCB^ssBS. — M xooronneipent
d'Anae do Bi'ctagn<5 ^ épouse de Charles VI |1 (i/i8ii) , les duchesses |)arurewi pour la preinièni fois avec un chape^ entouré d*4i|ie coiiropne enriclji^ de perles ^ri^ d'un plumet.
^ < Ue«kMtfir«fltu,diit lechroniqueur, enhabitinifiénal, d'un
grand manteau d'escarl;iLc, avec son grand collet renversé, fourré de fines hermines mouschetées, ten^ pomme
Digiii^ua by (jOOgie
<}*or ronde et ôfbiciitaire en n» mai» droitoi et cm la ee**
ncsfrc (gaiR'h(') , son g:raii(l sroptro impf'rial. et sur sa teste une riche couronne d'or fermée à rinipéri&ic, garnie de force piérrerîeB; oontrefaieant ainsi bravement Tenlpetear de CoTistanfinople, sélotf que tout le peuple, d'une voix, lè criait Empereur très ùiigufite. »
m, GoiiRONiNB DES nois M Frangb. Ghàrlés VIII est le premier de nos rois, qui ait porté la cooronne fer*
mée; mais il ne fut pas imité en cela pat Louis XI 1, après lequel la couronne royale fermée fut délinitivement &do[>tée par ses successeurs.
lY. Deuil des aEiNBS. — Les veuves des simples pafticttKei» prenaient^ pendant leur deuil, un costume fort semblable à oelm des religieuses ; mais les reines et
les princesses, les daines et demoiselles de qualité?, portaient le deuil en blanc. Cette coutume^ selon quelques savants i aurait fait donner, k plusieurs veuves des rois de France le surnom de reines blanches* D*autres prétendent4
au contraire, que les reines veuves n'ont adopté le deuil en biaoc que sous Henri IL
V. Orgamsvtion MrÙTAiniî. — En l/i7G, Charles VlH établit la compagnie des Cent -Suisses de la garde du roi.
Sii l'esté, les troupes françaises furent à peu près les mé^ Mes sous Chartes Vlll que sotts Charles Vit ét Louis Xt,
si l'on excepte les Suisses que ce dernier roi substitua aux francs-archers. Elles se composaient d'ailleurs de cavalerie et d*infantefie, comme à toutes 1^ époques. La cavalerie comprenait les hoimnes d*ârmes, dont cHacuU était suivi ordinairement d'un constpfîery de deux ai chers, d*un page et d'un gros var/et ou crancquier, dits arcliers et arbafétrhr^ à chetàl^ et de chevau-légers ou êstirndtots.
^ COSTUMES HlSroaiQLËS.
armés pour la course et rescarmouche, avec des espèces
de sagaies, lon<?ucs de trois ou quatre pieds, ferr^^es des deux bouts. C<'s cavaliers portaieal des iiianriir;s et des gants de maille; le corselet et les bottes ; la cotte-^'annes, ou soubreveste, courte et sans maocbes» et la salade à vue coupée ; ils avaient Tépée large et ta masse. L'infanterie, plus foruiidaljle que jamais, avait remplacé, par des bandes de Suisses et d* Allemands, les milices des com-^ mmes^ qui» selon Tordonnance de leur création « devaient savoir tirer de Tare et port^ la trousse, la cnpeiline ou casf jue léger, la hache, la coustîlle, lejnaildeploml), esp^xc de masse les panniers de trnnhle ou grands boucliers d'osier creux et couverts de bois légers, etc. Les soudoyers suisses ou allemands, ou albanais, qu'on appelait déjà des rentres, n'avaient pas de boucliers et n'étaient pas armés de pied en cap ; mais ils faisaierii assez bon usage de la hallebarde, de la pertuisaneet de leur grande épée, pour se rendre partout redoutables. C'étaient les communes qui, en temps de guerre, soldaient ces milices auxiliaires.
YL GoBToiiBs CIVILS sous Cdabuss vu. — Sous le règne de Charles YIII , les dames avaient adopté la coiffure à la Syrienne, le petit chaperon nu les doini-hcnnins : quelques-unes se coiffaient en cheveux, et presque toutes revêtaient le surcot* Les hommes avaient le chaperon, le bonnet, le chapcl k petit bord relevé, ou à grand bord, échancré par derrière, et surtout les panaches, qui étaient simples ou doubles, à deux, trois, quatre ou cinq étages, lis portaient deB robes ou tuniques de diverses longueurs : les unes descendant jusqu'aux genoux ou à mi-jambes; les autres, jusqu'à terre. Le collet des grands personnages était ordinairement eii luurrures Les maûch^s , quelque-
COSTUMSS HlSTOHlQiiliS* 21
fois simples, avaient aussi un parement de fourrure ; souvent elles étaient étroites et ne s'élargissaient qu'au-dessus de la main qu'eHes cachaient; quand elles étaient doubles, on pratiquait, dans, celles de dessus, une fente longitudinale qui permettait d*y passer le bras au besoin ou de rejeter ia manche en arrière. La ceinture ou le ceinturon s agrafait à partir de l'épaule, pardessus la tunique.
VIT. USAGB DB SB DISgOOVRïR DBYANT DN SOPéniBDR*
— Autrefois, les Français , en abordant leurs supérieurs, se découvraient, s'inclinaient et se couvraient ensuite ; entre amis ou égaux, on se contentait de relever un peu son coitvre^hicf; les grands restaient couverts , même devant le roi, à moins qu'il ne leur parlât; à table, ils le saluaient, avant et après qu'il avait bu; les seuls oiTiciers-domestiques étaient nu-téte et sans manteau. Charles VIII, pendant son séjour à Naples, invita les nobles napolitains à se couvrir en sa présence , ils s'y refusèrent et répondirent qu'ils voulaient montrer aux gentilshommes français le respect qui était dû à leur noble souverain; ceux-ci profitèrent de la leçon ; cependant, quelques seigneurs ne pouvant, à cause de leurs infirmités et de leur grand âge, avoir !a tête nue, parurent devant le roi, avec des béguins faits comme ceux des enfants. Depuis cette époque, on a conservé, en France, rusage de rester découvert en présence d^un supérieur.
Uigilizeo by CjOOgle
COSTUMES UISTOaiQU£S. ^
Vin
CHARLES VIII. — Voyez la notice précédente.
Cette iigure est copiée sur un portrait original, contemporain, qui fusait partie du cabinet de Gaignières. (Gai* GiuiaBs, portef. Yll, 5/i.]
Charles VIII est représente ici avec un costume peu différent du précédent ; il est vêtu d*une casaque, de couleur laque rouge, ornée de fourrure, et dont le collet, rabattu sur les épaules, semble descendre jusque vers le milieu du dos et se confondre avec les retroussis, La soubreveste est jaune» relevée de dessins en or. Les chausses sont blanches, ainsi que les souliers claêauds ou crapeaux, à crevés.
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GOSTUMBS HISTORIQUES, 25
PIERRE DE BOURBON, sire de Beaujeu.— 11 hérita, en 1488, de tous les biens de la branche atnée de Bourbon. Il avait épousé, en la fille aînée de Louis XI, roi de
France, et il jouit d'une grande influence politique pendant la jeunesse de Charles Y 111.
Cette figure est tirée d*une miniatore d*un manuscrit qui
appartenait autrefois à Gaignières. On voit, dans cette miniature, Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuse, présentant au roi son traité des Tournois. (GAiGNiàBss, portef. VU, 56 et 91.)
Ce costume, qui était celui des grands seigneurs de la cour de Charles Vlll, se compose d'une longue robe ou tunique violette, doublée d'hermine; d*une soubreveste bleu-outremer, semée de dessins en argent, et d'un pantalon jaune^indien. La ceinture et Tescarcelle sont couleur orange avec des dessins en or ; le vêtement de dessous, qu*on aperçoit près du cou et par Tentaille d*une manche, est laqueux. La coiffure consiste en un chapel blanc, surmonté d'un panache de couleur cramoisie à quatre étages ; elle laisse voir par dessous un autre bonnet ou coiffe qui est rose. Les gants sont jaunes ; le pommeau do la coustille est en or , et le fourreau est blanc ; les souliers sont en cordouan orange.
T. lY. &
lYON 25
Diyitizea by ^OOglc
Mb
COSTVMBS BI8TOKIQU88.
ANNE D£ FRANGE, dame de Beaujeu, femme da précédent.— Fille aînée de Louis XT et de Charlotte de Savoie, elle fut chargtM' , par aon père , du gouvernement du royaame pendant la jeunesse de Gbaries VI 11 , et elle se montra digne du fardeau de la régence. Elle retint en prison , pendant deux ans , le duc d'Orléans (depuis Louis XII) , pour le punir de sarébellion ; mais elle perdit tout son crédit, quand ce prince rentra en grftce auprès du roi. Elle mourut au château de' Ghantelle, en 1522, âgée d'environ soixante ans.
Cette figure est extraite d*un manuscrit exécuté pour Anne de Bretagne, reine de France, manuscrit dans lequel
on recueillit toutes les pièces de vers ou de prose qui avaient été adressées à cette princesse sur Texpédition de Louis XII j son mari, contre les Vénitiens, sur les démêlés de ce roi avec le pape Jules II. Ce beau manuscrit appartenait autrefois à la bibliothèque de l'évèché de Metz. Les figures qu'on a représentées dans les miniatures sont généralement considérées comme desportrait& Celle que nous donnons ici est empruntée à une miniature placée en tête d*une épître écrite au nom de la princesse Anne de Beaujeu et adressée au roi ; épître composée en vers latins par Fausto Andrelini et traduite en rimes françaises par Macé de Villebresme. (Montfaugon, t IV, pL u, pag. lil*)
38 COSTUMES HISTOBIQUBB.
Ce cofitome se compose de deux robes : la première, qui est violette et doublée de blanc avec des dessins en or,
couvre exactement la gorge, et laisse voir la seconde robe qui est d'un jaune tendre. Lesmanchus de la première sont larges et de la môme couleur que la robe de dessous ; les parements sont blancs avec des dessins en or ; les souliers sont égfakttent blatics. La coifliire est gn^aoieuse; elle est formée de deux coiffes superposées ; l'une blanche, encadrant le visage ; l'autre noire , ornée de perles blanches* recouvrant la prtmièfe et tombant sur le dos.
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XVf SIKC I.K. /if't/iir t/r /7ittr/es 17//.
MAXIM ILIKN I^"
GOSTUMES HISTORIQUES,
MAXIMILIEN, P' du nom, empereur d'Allemagne. — Il naquit en 1^69, fut élu roi des Romains, et succéda, comme empereur, à son père Frédéric III, en 11
épousa Marie, fille de Chaiies-lc-Téiiiùraire, et reçut d'elle en dot le duché de Bourgogne, dont la possession souleva
des guerres longues et sanglantes entre les maisons de France et d'Autriche. Étant devenu veuf, il resta tuteur de
son fils Philippe-le-Beau, auquel il devait lûnp;temps survivre , et il put voir s'annoncer les grandes destinées de sou successeur qui fut Charles-Quint, 11 prit part à tous les événmnents politiques de son temps, et mourut en 1519.
Maximilien a une couronne impériale dont le fond est d'étoffe ép^rlate ; son aiinurç fisA d'acier poU, damasquiné çn arigcsnt.; e»^ hantsrd^lii^imes, lilancs, sont retenus par ^estij^ndes jaupos qui l^s font bouger ; son écharpe, en sau* tfiil, ];)l^uçhe, f^vec un nœu4 d'orfèvrerie.
OBSBRYATION.
ÉCHARPES. — La mode des écharpesestfortancienne. Toutas les dames en portaient autrefois, qu'elles nouaienten sau* tûir MirPépaule ousur fecôté. Leshommes en ont aussi porté, les militaires partîeulièrement Ges écharpes d*uniforme remplaçaient les ceintures et supportaient l'épée; ou les
30 GOSTUiiBS HISTOBIQUBft.
mettait, tantôt en bandoulière, tantôt autour du coips, comme font encore les officiers-généraux. Sous Henri IV, Louis XIII et Louis XIY, les soldats avaient deux échar-
pes : Tune nationale, qu*on suspendit depuis à la lance des enseignes, et qui prit alors le nom de cravate ; l'autre , d^uniforme particulier , dont la mode dura jusqu*à la bataille de StfîinVerque.
Jadis, rliaque parti, à la guerre, se distinguait parla couleur de son écharpe. Dans les démêlés des ducs d'Orléans et de Bourgogne, sous le règne de Charles Yll, les gens du comte d* Armagnac, qui tenaient pour le duc d'Orléans, avaient pris une évliavpv de linge. Quelques historiens pensent que c'est là Toi iguie des écliarpes àlanches.
Dans les tournois du moyen-âge, les chevaliers entraient dans la lice, au bruit des fanfares , conduits par les dames et les danioiselles jusqu'à l'entrée de Tenceinte de la barrière. Chacun se montrait paré ordinairement des couleurs de celle quMl aimait ; c'était une écharpe, un voiei^ un bra> celrt, une boucle, ou toute autre pièce de rajustement, que le chevalier avait reçue, comme enseigne d*amour, des mains de la dame dont il s'était déclaré l'esclave ou le serviteur. C'est à cet usage que Ton doit sans doute ces expressions : à donna enseigne, à telles enseignés. G*est aussi de ce même usage, que nous viennent les livrées, D'a'iord, les anciens chevaliers étaient glorieux d'étaler publiquement ces gages d'une tendresse partagée; puis, pour mieux honorer leur passion, ils firent porter les couleurs de leurs dames, à leurs domestiques, ainsi que le blason de leurs armoiries. Les livrées, dont Idriirine semble se confondre avec celle de la chevalerie, se sont por[)ctuées )usqu*à nos jours, en changeant d'objet et en perdant leur caractère.
COSTUUES HISTORIQUES.
xn
MARIE DE BOURGOGNE, femme de Maximilien d'Autriche. — Fille de Charles-le-ïéméraire, dernier duc de Bourgogne, elle épousa Tarchiduc BiaximilieD, pour se faire un appui contre les pièges et les persécutions de
Louis XI , rimpiacable ennemi de son père. Elle mourut à Bruges, en 1462, des suites d'une chute de cheval.
dette figure est copiée d'après un tableau du temps, peint à Thuile sur panneau, dans Técoie des Van Ëyck.
Le fond du bonnet à la Syrienne, que porte cette princesse, est bleu-céleste, relevé d'ornements en argent ; le voile, qui pend du sommet de cet ajustement de tôte, est blanc, ainsi que le papillon, k bordure laque-foncée. Le reste du costume se compose de deux robes : celle de dessus, très décolletée, coupée à la vierge, selon la mode du temps, et garnie autour du cou de deux ûlets d'or et d*une gance d*or qui vient se rattacher au milieu de la poitrine, dessine parfaitement la taille, quoique sans ceinture ; elle est de couleur laque-garance avec un riche dessin en enroulements ot en rinceaux ; les manches sont longues et cachent les mains comme des mitaines. Quant à la robe de dessous, qui apparaît seulement en bas, elle est de couleur laque-orange. Il faut remarquer surtout les joyaux qui
d2 COSTUMES filSTORtgUCS.
ornent le cou et la poitrine de la princesse : un double col* lier, auquel est suspendue une croix de pierreries, et une
grosse chaîne d'or somplueusemffui Uavaillée, donnent idée du luxe de la cour de Bourgogne.
COSTUMBi RISTOtlQOIS.
XHI
JEAN D£ SARRËBAUCU£, comte de RoucL — Il oombattit contre les Anglais, et ne contribua pas médiocrement à les chasser de la Guyenne. Le grand attachement qu'il avait témoigné au roi Charles VII le perdit dans Tesprit de Loiiis Xi, qui le fit enfermer au château de Loches» où il était encore en 1477. Remis en liberté , soit avant , soit après la mort de ce prince, il assista aux États de Tours, convoqués eu 1485, par le roi Charles Ylll, et mourut en iù.97«
Cette figure est tirée de la miniature qui nous a déjà fourni la pl. IX de ce volume. (GàiGNiÈaES, portef. YII» 56.)
Ce costume rappelle exactement celui de la fig. IX ; les différences qui le distinguent sont à peine sensibles. Le
chapcl liai', surmonté d'uu panai:he double qui est blanc, est placé sur une calotte roage enrichie d'un pointillé eu or. La robe ou tunique, doublée de fourrure, est bleu-ardoise, ainsi que les manches, ouvertes carrément et transversalement, et frangées de fourrure. Ces manches sont amples et s'élargissent encore au-dessus de la main qu'elles cachent. Le vêtement de dessous est brun ; la canne est rougeàtre et la chaussure noire.
Diyilizûù by GoOglc
COSTUMBS HIS^TORIQUBS.
PIEHRE LANDAIS. — Il était fils d'un tailleur de Vitré ; il travaillait de son état, en 1475, chez le tailleur de François 11, duc de Bretagne : à force d'habileté, il sut acquérir les bonnes grAces de ce prince, et devint son grandtrésorier. Maïs, dans cette charge importante, son orgueil et sa cruauté lui firent un grand nombre (fennemis à la fois dans la noblesse et dans le peuple. 8a perte fut décidée. On obtint du duc Bretagne i^autorisation de le mettre en jugement; les commissaires, chargés de lui faire son procès, le condamnèrent à être pendu : cet arrêt fut exécuté le 19 juillet 1/^5.
Cette figure est tirée d'un miniature d*un manuscrit des chroniques de Bretagne,
La robe, qui est couleur de feu, descend jusqu'à mijambes; le vêtement de dessous est jaune-indieu, ainsi que le pantalon ; le bonnet est laque-garance, surmonté d*un panache vert et or à trois étages ; les souliers sont
noirs. Le poignard est d'or ; son fourreau est blanc. Le retroussis de la tunique est en hermine, ainsi que les bouts de manches^
COSTimSS BlITORIQilS.
XY
CATHERINE DE FOIX, rei K cie Navarre. — Elle porta en dot la couronne de Navarre à Jean d*Albret, vera Pan lft6&« Ses États furent envahis, en ISliS, par Ferdinand, roi d*Âragon, et Tusurpation M sanctionnée par une bulle du pape Jules lï. Catherine mourut en 1617, sans av(nr recouvré ia Navarre.
Cette figure a été copiée d*après une vitre qui ornait la
chapelle du ch&teau du PJessis-Bourré. (Gaignièbes, portef. YII, 67.) '
Ce costume diffère peu de celui de la figure XII de ce volume. Le bonnet & la Syrienne est bleu-céleste avec par pillon blanc bandé dé rouge ; la robe est laque garance ;
le vêtement de dessous est janne-orange. La lacure , qui se dessine sur ce dernier vêtement, est d'argent, ainsi que les ornements de la ceinture noire et ceux du bonnet. Les souliers sont blancs. La partie de la robe rejetée en chàle
sur les épaules, ainsi que les bouts des manches, est en fourrure gris-tanné.
OBSKRYATION.
Chaussures. — Les souliers des femmes ont peu changé., si Ton excepte les talons hauts, dont elles ont re-
38 COâïUMES UlSiOKlQUES.
connu le danger. La mode de ces talons était venue d^Ea* pagne, avec la reine Anne d^Autriche. Les mules et les
pantoufles sont des inventions du xvr siècle.
Les bourgeoises , dans les siècles passés, portaient des souliers aussi simples que le reste de leurs ajustements ; elles affectaient de ne se chausser, de ne se vêtir que de bure ou de gris, et ne prenaient le noir que dans les grandes occasions de cérémonie ou de deuil. De là vient le mot GriseUe , qui a si longtemps désigné les petites filles des bourgeois.
Au xvni* siècle, les souliers à (a Camargo firent fureur
chez les bourgeoises coiiiiiii; chez les duchesses. La nature avait formé la Camargo pour la danse : ses pieds, ses jambes, sa taille, ses bras, ses mains étaient de la forme la plus parfaite. Son cordopnier fit une grande fortune , car toutes les femmes voulaien'^tre chaussées par lui, sur le modèle des souhers de Camajgo.
Depuis longtemps, k Paris, les élégantes et les petitsmaîtres, au lieu de faire fkîre des souliers pour leurs pieds, se font des pieds pour leurs souliers.
Le chausson est un soulier léger, plat et sans talon, dont la semelle était d'abord de feutre ou de drap ; on s'en sert encore pour apprendre la danse; on s'en servait naguère poordanser au bal. G*est donc là une chaussure excommuniée, car le pape Zacharie défendit la danse, sous peine d'excommunication, et un de ses successeurs accorda des indulgences plénières à. toutes les femmes qui porteraient une chaussure assez haute et assez épaisse, pour que cette chaussure-là les empêchât de danser.
LOUIS DE LAYAl., seigneur de Châtilloii-en-Vaudelaîs. — Grand-maître des eaux et forêts, gouverneur du Dauphiné, puis de la ville de Paris » etc. — Il mourut en 1&30.
Cette figure est titée d'une miniature qui se trouve au premier feuillet d*uD manuscrit intitulé : Traité des passages faits ùutre-mer, composé en ikl^ par quatre auteurs différents , sur Tordre de Louis de Laval. Ce manuscrit infoHo est conservé k la Bibliothèque Nationale, sous le n" 10025. (GAiGNiÈaES, portef. VU, 65.)
Cette figure nous montre le costume habituel des grands
seigneurs à la fin du xV siècle. Il consistait en une espèce de bonnet à bord retroussé, et en une grande robe à manches longues, ouvertes sur les bras; ces manches, larges , tantôt se passaient par-dessus les manches justes de la casaque de dessous, et tantôt étaient rejetées en arrière, comme on le voit ici. Avec ce costume, ou poi uU ordinairement dessocques, dont les talons n'avaient plus la hauteur de ceux que nous avons vus précédemment Nous trouvons, pour la première fois, dans les manuscrits, Tindication d'une étoffe de soie; elle est ici d*unc couleur laque-rouge pour la robfî et les longues manches. Les manches courtes sont bleu • ardoise ; les socques noirs et le bonnet grifr-perie. -
' COSTUMES HISTOaiOUKS.
LOUIS XII, roi de France, surnommé ié Père du peuple, — Il naquit à Blois en i&63. II combattit contre la France et sous les drapeaux de François II, duc de Breta<*
gne, à la bataille de Saiiil-Aubin-du-Cormier où il fut fait prisozmier. 11 dut, apièe plus de deux ans de captivité» sa délivrance à Tinlercession de Jeannede France, sa première femme. Monté sur le trône, en 1&96, il donna l'exemple de toutes les vertus, pardonna les injures qu'il avait re<,:ues, diminua les impôts , organisa T armée et Tadministration. il voulat fairevaloir lesdroitsque luiavaitléguéssagrand'mère, Yaloitîne de lUlan, et en vingt jours, il accomplit la conquête du Milanais. Il avait proposé à Ferdinand-le-Catholique de partager avec lui le royaume de Naples ; mais cette riche proie fit naître une terrible, guerre entre les deux vaînqpiettrk Bientôt cependant ils se récondlièrrat pour former avec le pape Jules II une ligue contre les Yé^ nitiens, qui furent vaincus à Agnadel; mais lo ])ape, craignant Tagrandissement de la France, pai*donna aux Vénitiens et les préserva d*une ruine complète. La guerre, qui se continua encore en Italie , fut malheureuse pour les Français , et Louis XII se préparait à la reprendre avec une vigueur nouvelle, lorsqu'il iiiourut à Paris le 1" janvier 1515, peu de temps après s'être uni en troisièmes noces à Marie d'Angleterre. Il avait eu pour seconde femme Anne de Bretagne. (Y* ci^près, pl. XX.)
42 cosTuaiËS uistojiiques.*
Cette figure est empruntée au recueil de GAiGNiàass
(porlcf. Yll, 1)5.)
Voici la description de ce costume : manteau fourré, descendant jusqu'aux gendilx, aVec de larges manches dans lesquelles on a pratiqué des ouvertures longitudinales pour
y pafî^er los bras (il faut noter la singulière disposition du collet de fourrure, qui ee dresse eu poilite ) ; par-deèsous ce manteau ou robe ouverte, pourpoint sand basques, et pantalon ; chaussure couvrant à peine la pointe dd pied( chapel noir. La robe est cramélsie^ le pourpoint laque^ garance, le pantalon blanc, la chaussure laque-Jaune;
ÔBStiRVATIONS.
I. CosTUMK DÈ Louis XI l A son éntrke a PaKis. — lié costume de cette planche est celui que portait habituellement le roi. Ldrsqu*]( fit don ètitréë à t^arlé, le juillet
1498, il était vétu d'une- tuniceitc, de drap d'or, ciiricliic de perles et de pierres précieuses. Sa toque de veioui's noir était surmontée d'un grand pàUàche ; ses belles ariiies éblouisàttient pàT leur Jpoli. Il hibniait un cheval caparaçonné de drap d'br* il était précédé de Son griitid-feliyer, 9 * qui. selon le cérémonial de France, port-ail le heaume et le timbre royal , sur lequel brillait une couronne de iines pierres précieUseS) et aU<deâsOS du heaume, au milieu de lacotifohtie, une fleur de lis d'or. A Côté de Itd, marchaient quatre valets de pied , vôtus de drap d'or. Les princes du sang, les seigneurs, etc. , venaient ensuite.
IL Devise de Louis XIL — Plusieurs auteurs disent que Louis Xli avait pris pour devise un poroépici avec
GOSTUIIBB HISTORIQUES.
ces mots : Goiimiis bt shinus ( Je sais me défendre He
près et de loin) ; oVsf. une erreur. Cette de vis-; fut à la foiscellc de lamaison d'Orléans et celle de l'ordre du l*orc- Ëpic. Cet ordre, institué en 139â par Louis P% duc d* Orléans, à la naissanoe de son fils Charles, père de Louis XI f, était composé de vingt-quatre chevaliers. Le duc, qui fut chef de l'ordre, faisait le vingt-cin([uièine. Us portaient, à leur collier un porc-épic en or. Le duc d'Orléans avait voulu faire comprendre , par cet emblème et par cette devise , qu'il saurait se venger des attaques du duc de Bourgogne, et se défendre contre lui de près et de loiii. Louis , devenu roi , abolit cet ordre de chevalerie , et n'en retint que la devise*
l^. Lansqubnpt^ — Ekitr^s. — Iufantbiiik. — Les ians(jiienets, dont Thistoire ne parle pas avaqt le règne '
de Louis XII , formaient un corps auxiliaire d'infanterie suisse ou allemande, armé de longues piques; un autre corps de soudoyers étrangers était à cheval, et Ton nommait rdtres les hommes qui le composaient
G*est sous Loiii^ }^il que mu» «vons pqmtpencé k pos- • séder une infanterie nationale. Le préjugé avait tellement avili celte armepanni nous, qu'un gi'ntilhomme ne croyait pas pouvoif y aQguérir de l'Iipuneur, Ce ne fut que par déférence pour le^ volpqtés di| roi, et à condition dQ conserver leur premier état, que plusieurs gendarmes deç compagnies d'ordonnance consentirent à commander |es troupes de pied que Louis XI 1 avait levées dans son royaume et surtout en Gascogne. Cependant, les services importants que rendit cette infanterie dans les guerres d*ltalie, la réputation éelatante que s*aequirent plusieurs
44 COSTUMES HISiOAiQUBS.
des capitaioes, qui se chargèrent de ia diseiplmer, changèrent peu à peu Topinion à cet égard.
IV. Costume des hommes et des femmes. — Sous le règne de Louis XII, les robes ou tuniques des hommes ' tantôt descendent jusqu'à terre, et tantôt se terminent à mi-jambes ou & mi-cuisses. On n*avait par-dessous qu'un pourpoint sans Imsque et un pantalon. Ces robes étaient fourrées en hiver. On attachait ordinairement la ceinture sur la robe : on passait le poignard, dans cette ceinture, sur le côté ; quelquefois on Ty suspendait par -devant, surtout lorsqu^on ne portait qnc le pourpoint, qui, souvent fermé sur la partie antérieure, ressemblait à un jupon, depuis la taille jusqu'en bas, et se terminait au-dessus du genou. Les petits plumets droits, les bonnets, les chapels à grands bords et à petits bords retroussés, étaient alors en giaiide vogue.
Les gens de lois rabattaient les bords de leurs chapels, dont la forme était peu profonde ; une coiffe, bonnet ou barrette, leur enveloppait le un nton et cachait le bas du visage ; leur habit, à manches longues et tunples, • était fermé par devant et ceint sur les reins.
Les dames, à cette époque, portaient tantôt des chaperons ou de petits voiles ;. et tantôt un simple bandeau sur le front ; leurs robes traînantes, fermées sur le devant par en haut, et ouvertes par en bas, étaient garnies de manches qui s'élargissaient beaucoup vers le poignet; le bout de leur riche ceinture tombait jusqu'à mi-jambes.
Une gravure anonyme de 1500, qui représente une espèce d'assemblée ou de bal paré , nous montre les costumes exacts do cette époque.. La plupart des hommes ont le
COSTOMBS HISTORIQOBS. 45
pourpoint plus ouvert et la poitrine entièrement découverte; leurs manches tailladées sont formées de deux pièces, qui laissent quelques doigts d'intervalle entre elles vis-à-vis des coudes , mais un cordon les réunit Tune à Tautre, et retient celle qui couvre Tavant-bras. Ils portent presque tous des manteaux qui dilTèrent do forme et de longueur. Ceux de ces manteaux qu'on appelait tabards, sont courts, sans collets amples, et coupés carrément au bas du dos. Ils furent en usage parmi les gens de guerre, lorsque les habite longs étaient de mode. Le tabard est tantôt placé sur 1ns deux épaulrs, tantôt sur la gauche seule ; il y a aussi des manteaux beaucoup plus longs par devant, qui se terminent en pointes des deux côtés ; il y en a d*autres encore, qui couvrent les genoux et qui sont garnis d'un collet et ouverts par côte pour permettre de passer les bras. Tous les hommes sont rujjitisentés, dans cette gravure, avec des chausses qoi montent jusqu'au haut de la cuisse, et qui se terminent par unebraie très étroite. Ils ont , en général , les cheveux longs ; mais quelques* uns les fM itrnt courts et plats, ou bien courts et ondoyants ; parfois ils portent pour toute coiiTure un chapeau, dont le bord est coupé par les côtés et relevé devant et derrière* D*autres fois, ils placent sous ce chapeau une coiffe en résille, dans laquelle ils renferment leur chevelure. La chaussure de ces personnages est une vraie babouche, ouverte par dessus, attachée avec un cordon ou un ruban, et par exception, tailladée.
La robe des femmes est traînante , ouverte par devant sur le haut, et laissant à nu une grande partie de la gorge, des épaules et du dos ; les manches , qui descendent en 8*élargÎ8sant jusqu*au bout des doigts, ont la même forme que celle des habits d*hommes. Quelques dames sont coif-
iê COSTUMES HISTORIQUES*
fées d*uii chapeau à peu près eemblable k eelui des hoHH
iiies; d'autres (les pncelles sans doute) ont leurs clicveux épars ilottant sur les épaules et sur le dos ; d'autres portent une coiffure singulière, dont une partie cache le front et enveloppe les côtés et le derrière de la tète comme nos cornettes de nuit, tandis que la crôte de cette coiffure se compose d'un grand escof/iotu
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COSTUMKfi HlSTORIQUEti
LOUIS XII, roi de France. — (Voy. la notice précédente.)
Cette figure est cojîit^e d'après une miniature du manascrit de Jean des Marets, contenant ùh poème sur la prise de Gènes, par Louis XH. Ce manuscrit qui est con- •
servéà laBibliotlièqiio Nationale de Paris, fut exécuté pour la reine Anne de Bretagne. (Monifaucon , t. lY, pi. ix, -pag. 99.)
Louis Xli est armé de pied en cap , dans le grand costume de guerre qa*il avait à son entrée dans la ville de Gènes. Il est monté sur un cheval noir, et porte une cotte d^armes blanche, sans manches, ceinte sur les reins. Il tient, de la main droite, un bâton de commandement. Sur sa cotte d'armes, on voit une ruche et des abeilles qui voltigent à Tentour. La housse du cheval, qui est blanche, offre la même devise, que les Génois décernèrent également euxmêmes à leur généreux vainqueur. On lit, au bas de la cotte d'armes du roi et autour de la housse du cheval, celte légende : NoN.irciTURAGULBO Rbx. (Le Roi ne te sert pas de ^(UffuiÙon). Le casque du roi est surmonté d*un panache formé de longues plumes blanches. La ceinture, les ruches et les abeilles de la devise sont en or.
OBSBRTATION.
AiGaBTTBS* ~ « C*e8t une chose singulière, dit Moot^
faucon , à propos de cette miniature, et qui ne s*apprend
quedans los peintures, que ia grande diversité et les formes singulières des aigrettes des princes, qui suivent le roi et aussi de ceux qui marchent devant lui* »
COSTDMBS HIST0BIQU8S.
LOUIS XU, roi de France. Yoy. la notice et la pK XIV.
Cette figure est empruntée à la même source que la pl. X de ce volume. La miniature oii elle se trouve précède une épître de Louis Xll à Anne de Bretagne, cépistre premièrement composée en latin par Jean Francisque Suard de Bergame, et translatée depuis en françois par le T. R. P. en Dieu F. Jean d'Auion, abbé d'Angle, historiographe du Roi. » (IIAoNTFAuooN, t. lY, pL X, pag. 112.)
LoLisXll est représenté assis, écrivant sur une table couverte d*un tapis viulet. La soubreveste, à manches amples jusqu'au coude et serrées depuis le coude jusqu'au poignet, est rouge. Le chapel à bord relevé est noir, * et orné d'une fleur en or. Le manteau , agencé autour de l'épauie gauche est bleu. Le vêtement de dessous est blanc ; on le distingue près du cou et par les ouvertures que laissent les cordons qui attachent la soubreveste sur la poi* trine.