‹ Costumes historiques de la France, d'après les monuments les plus authentiques, statues, bas-reliefs, tombeaux, sceaux, monnaies ... etcChapitre 8 sur 16 · I- RA.VrOIS ROI DE FlUNCK · texte numérisé non relu

I- RA.VrOIS ROI DE FlUNCK

XUII

FRANÇOIS K ^ Voyez les dem planches précédentes.

Cette figure est copiée d'après un portrait original di* la collection de tableaux historiques que possédait AI. de Gaignières^ (Gaigmièiibs, portef. YIII, 1 et 2.)

Le pourpoint, qui forme tunique, avec des lacs d^amour pour ornements , est blanc et or , ainsi que les trousses et

les chausses. Ce pourpoint est recouvert d'une oppècc de casaque noire, qui se croise en schall sur la poitrine, se rabat en collet sur les épaules, et descend jusqu*à la ceintare. Le manteau, dont la disposition nous paraît singulière, est blanc. Ce riche habillement, qu'on regarde comme un costume de cérémonie, nous semble être celui que François I" portait habituellement dans l'intérieur de ses appartements. Quant aux lacs d*amour dont il est orné, ce sont des emblèmes de galanterie, en l*bonneur d*une de ses iiiaîtresses.

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COSTUMES HISTOiiiQUES.

CLAUDE DE l^a ANGE, femme de François K Fille de Louis Xn et d*Anne de Bretagne, elle naquît k Rorooran-

tîn en l/i'J9» et fut fiancée, en 150G, à François de Valois, comte d'Angoulême < depuis François 1". Ge mariage ne s'accomplit qu*après la mort d'Anne de Bretagne , et fut célébré à Saînt^rmsin-'en^Laye* le 14 mai i514« Claude apportait en dot à son époux le duché de Bretagne , les comtés de Blois, do Goucy, de Monfort, d'EUimpes, d'Ast, et des droits sur le duché de Milan. Cette princesse , modèle detoutesles vertus, sutimpos^, parsesqualitéssoUdes, une sage retenue et des égards pleins de tendresse à Tin* constant François Elle mourut au château de Blois « en

Cette figure est copiée d'après un portrait original de la galerie de M. de Gaignières. (GAiGNiÈa£S, portcf. Yll, 12.)

Ce costume se compose de deux robes i celle de dessus est noire, celle de dedsous, blanche. G*est la première fois

que nous voyons paraître le verttufadin, dont 1* usage commença sous François l''. Le bord des manches est orné d une fourrure extraordinairement grande et longue.

OBSERVATION

Yjîaxugadims , Panieas. — Quelques portraits de

124 CObiLMES HISTORIQUES.

cette époque , et tous ceux du temps de Charles IX , nous représentent les dames de cour ou de qualité avec des corps de robes et d'amples vertugadins , modèle de ces paniers

ridicules qui n*ont totalement disparu qu'à la cour de Louis XYI. La mode des grands vertugadins fut accueillie avec une telle fureur en France, que le chancelier de l'Hôpital tenta de la réprimer par une loi somptuaire , qui ne fut jamais exécutée.

La femme qui porta en France le premier vertugadin voulait, dit-on , dérober aux yeux indiscrets une grossesse qu'elle ne pouvait avouer. Toutes les dames suivirent bientôt ce bel exemple , sans avoir le même motif. On se ferait difficilement une idée juste de Tampleur des vertugadins au XVI' siècle, si deux anecC^es ne suppléaient à la description. »"

Madame de Tressan étant dans Béziers où le duc de Montmorency, son parent , se trouvait assiégé , avait obtenu des assiégeants ta permission de sortir de la ville, elle en profita pour enlever le duc , qu'elle cacha dans sa voiture, sous son vertugadin,

Henri IV, si Ton en croit plusieurs historiens, se cacha sous le vertugadin de Marguerite de Valois, lorsqu'il voulut , pendant le massacre de la Saini-Barthéleniy , se dérober aux poignards des meurtriers, et il dut la vieau respect qu'on avait pour cette belle reine. Ou cite mal à propos, comme preuve du fait, ces vers , qui ne ressemblent pas porter avec eux la date de cet événement :

Fameux vertugadin d'une charmante reine, Tu défends un honneur qui se défend sans peine; Mais la gloire est plus grande en un plus noble emploi : Tu sauvas un héros, en reeélant mon roi.

ÉLÉONORE D*AUTUICnE, reine de France. — Sœur " aînée de Charles-Quint, elle étaitnéeàLouvain, en 1498. £lle n*avait que huit ans, lor8qu*eHe perdit son père. Frédéric II, frère de rélecteur Palatin, séduit par les charmes de cette princesse et aimé d^elle, sollicita sa main , mais la politique en décida autrement Chiirles- Quint maria sa sœur, en 1519, à Emmanuel , roi de Portugal. Devenue veuve , en 1521 , elle épousa François P% et cette alliance devait être le gage de la paix signée par l'empereur et le roi de France, en 1^5. Mais cette paix ne fut pas de longue durée, et la pauvre reine n'eut pas à se louer d'avoir pris pour mari reimeuji de son frère. .\ la mort de François I'% elle se retira d*abord dans les Pays- Bas, et ensuite (1556) Espagne oii elle mourut à Talavera, près Badajoz, en 1558.

Cette figure est copiée d'après un portrait original du cabinet de Gaignières. (Gài0nièkbs, portef.' YIII, 12.)

La robe de dessus est brune à dessins d*or, sans manches.

La jupe de dessous, qui a des manches à crevés blancs, est rouge , rayée d'argent ; ses manches de fourrure et d^hermine, extraordinairement larges, tout-^à-fait séparées du vêtement, et attachées sur Tépaule par un nœud de

FRANÇOIS, dauphin de Tiennois et duc de Breta^e» fils aîné de François I**.» Il naquit au chàteao d*Âinboise,

le 28 février 1518; il fut fiancé, le li octobre suivant, à Marie, lille aînée de Henri Ylil, roi d'Angleterre, et couronné duc de Bretagne à Rennes, le 1 A août i5ââ. 11 mourut, en 4536, au château de Tournon, empoisonné par le comte Sébastien de Hontécuculli*

Cette figure est copiée d'après un portrait original du cabinet de GaigDîères. (Gaigniàres, portef. YUI, 14.)

Lepourpointou surtout estai court, qu*itne descend qu*à mi-cuisse, et si ample qu*i1 ne permet pas de voir la taille.

Ce surtout est noir, relevé d'ornements d'or cl de taillades blanches; le pantalon est blanc, ainsi que les babou* ches.

A* iV«

COSTOUIS BISTOKIQCSS

, ANTOINE DUPRAT , cardinal , chancelier de France. — 11 naquit à Issoire , en l&6â, et fut nommé en 1507 , premier président au parlemrat de Paris. Lomae de Savoie, comtesse d*Angouléme, lui conlia Téducation de son

fils, héritier présomptif de la couronne de France, et François I", à son avènement, Téleva à la dignité de chancelier de France. Ce fut Duprat qui, par ordre du roi, négocia avec la cour de Rome, les affaires relatives à la Pragmatique-Sanction, et arrêta les bases du Concordat 11 était tout puissant sur l'esprit de la reine-mère, qui fut régente pendant la captivité de son fils. 11 devint cardinal , en 1527, légat à latere^ en 1530, et mourut', chargé de l'exécration publique, en 1535.

Cette figure est tirée d*une miniature 'du temps. (Gai* GNiàaES, portef. Ylll, 48.)

Atitoinjs Dupbat est représenté en habit de prélat, le bonnet carré sur la tête. Sa soutane est rougei ainsi que son bomiet Le rochet est blanp avec des dessma d'or.

LE SIRE MONTCIIKM .

co

COSTl'HKS HISTORIOUBS.

LE SIRE DE MONTCHENU. — Élevé avec François I" , il fut son ami le plus désintéressé. 11 se contenta, dans le cours de sa plus grande faveur, de Toffice de premier mattre d*hôtel du roi ; fait prisonnier avec son mattre

à la bataille de Pavie, il partagea sa captivité en Espagne.

Cette figure est extraite d'une miniature qui reprévsente François P' entouré de sa cour. (GAiG]>)ifiR£S, portef. YIII^ 5 et 8.)

La partie principale de ce costume est un surtout bleuoutre-mer, frangé de fourrure rouge-brun, et orné d'un

collet de fourrure de meine couleur. Le vêtement do dessous est vert; les bottes sont noires, ainsi que la toque.

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\vi?siÈci.r. Hèifne t/e Françoixh''

MARGUERITE DE VALOIS, reine de Navarre. — Fille de Charles d'Orléans, comte d*Ângouièacie, et sœur de François I*', elle naquit h Ângoulême, en 1/^92, et

mourut au château d'Odos, dans le pays, de Tarbes, en 1549. C'était la princesse la plus accomplie de son siècle : elle fit rornement de la cour de France, par sa beauté, son esprit et rélégance de ses manières. Elle avait été mariée» en 1509, à Charles IV, duc d*Âlençon, qui la laissa veuve en 1525; elle épousa en secondes noces, en 1527, Henri d'Albret, roi de Navarre. Chérie de son frère, elle avait pour lui une tendresse et un dévoûment, qu'elle lui prouva surtout pendant quUl était prisonnier. Ce fut elle qui négocia la paix de Madrid et la rançon du roi de France. Elle vivait entourée de savants, de poètes, de peintres et de musiciens. Elle composait des ouvrages en vers et en prose, qui furent publiés, les uns de son vivant, les autres après sa mort, et qui lui ont assigné une place honorable dans la, littérature de son temps.

Cette figure a été copiée sur une estampe française du XVI* siècle.

Le costume se compose de deux robes : celle de dessus est laque-foncée , relevée de dessins d*or et doublée de

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blanc; celle de dessous est de damas jaune-indien ; le corsage, dont on ne voit que les manches, est vert^pomme rayonné d*or. La cmffure, qui semble être celle du veuvage, est noire et or. Le béguin est blanc. Les souliers sont

Jbleus,

FRANÇOIS DE LA TRÉMODILLE — Petit-fiis de Louis II de la TrémouiUe , il époiu en 1521 , Anne de Laval , mie de Charlotte d* Aragon , princesse de Tarente » qui apporta dans la maison de la Tr «mouille ees droits et

ses prétentioiiâ sur la couronne de Na^ )les.

Cette figure est copiée d'après une peinture originale du cabinet de Gaignières. (GaiGioàiiBS, portef. Yiilt 27.)

Le surtout, fermé sur la poitriu' avec demi-4!iati6lif

et petites basques sur les hanches, est bleu outre-mer; * les trousses, ainsi que les chaub&es c ollantes, sont de da ^mas bianc ; ces trousses ont de larges i crevés, bordés d'^ ^ ; le vêtement de dessous, dont on ne voit que Itf pa' jtiequi recouvre Tavant-bras , est jaune • la toque est nd' re , surmontée d'une plume; le ceintr o-on est rouge, ^ ^es babouches sont blanches.

COSTUMES HlSIORiQLES. Iâ7

PIERRE DU TERRÀIL , chbvaubs BATARD , dit le

chevalier sans peur et sans reproche* — 11 naquit en Dauphiné, en 1576. 11 fit ses premières armes à la bataille de Fornoue , sous Charles YllI ; contribua à la conquête du Milanais, sous Louis 2LI1 ; sauva Tannée française au pont de Garigliano; combattit aux côtés de François I", à la bataille de Marignan , et Tarnia chevalier après la victoire. 11 mourut, le 50 avril 1524, d'une blessure reçue à la retraite de Rebec, près de Romagnano.

Cette figure a été copiée d*après un ancien portrait conservé dans la famille du TerraiL

Ju"armure est en acier poli; le tonnelet n'est qu'une simple pièce d'étolTe de couleur laque-foncée. Le ceinturon est chamois et Técharpe blanche.

Cette figure est d*autant plus intéressante qu'on y voit la différence des pièces de Tarmure , qui recouvraient le bras droit qui combattait et le bras gauche qui portait le bouclier. L*un avait une épaulière d'une seule pièce, avec un coude de fer propre à recevoir et à maintenir la courroie du bouclier ; Tépaulière de l'autre bras étoit à plaques mobiles , ainsi que le chapiteau du coude destiné à couvrir le point de jonctimi des brassards.

G08TUU£S UISIORIQUrS.

LU

LOUISE LABÉ , surnommée la Belie CcnUère, —

Née à Lyon en 1556, elle se distingua de buiine heure par sa beauté extraordinaire et par les charmes d'un esprit cultivé. Ëlle apprit le grec, le latin, Titalien, Tespagnol, la musique, Téquitation, Tescrime. Elle ambitionna même la gloire militaire, et parut à Tarmée, en 15/(2, au siège de Perpignan , où el le fit preuve de tant de bravoure qu'il n'était question que du capitaine Loys. Louise revint à Lyon , épousa £nnemond Perrin , riche fabricant de cordes , et vit s'accroître tous les jours la célébrité que lui avaient méritée ses rmnarquables et gradeux talents. Elle mourut en 1566.

Cette figure est tirée du recueil de Gaignières. (Portef. YUI, 82.)

La robe longue , à demi-queue , montante et fermée

jusqu'en haut, est noire et ornée par devant de dessins gristanné ; les manches justes sont garnies d'un seul bouillon sur l'épaule; le collet serré est couronné par une fraise; Tescarcelle pendante est laque-foncée avec glands d*or; le bonnet en forme d'escoffion est bleu, bandé d*or; le voile, la collerette et les souliers sont blancs.

COSTUHBS BISTOHIQtXS. 161

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