‹ Costumes historiques de la France, d'après les monuments les plus authentiques, statues, bas-reliefs, tombeaux, sceaux, monnaies ... etcChapitre 7 sur 16 · LYON · texte numérisé non relu

LYON

im '

GOifVlllt HltTe&tQOBI» 69

GABRIELLE DE BOURBON, dame de La TrimouiUe. — Elle était ftlle de Lonîs de Boarfoon, comte de Mont-

pensier, et de Ciabriolle de î.a Tour. Elle fut mariée à Louis de La Trimouiile, vicomte de Thouars et prince de Talmont , et mourut eu Poitou, le âO novembre 1516 , du chagrin -que lai fit éprouver la perte de son fils Charles

tué à Marignan. On lui attribue plusieurs ouviages de piété mystique.

Cette figure est empruntée à une miniature qui représente la cour du roi Louis XII. (GAiGifiÂRBS, portef, VII , 142.)

La coiffure singulière, qui se rencontre ici pour la première fois , est en velours noir , à ornements d'or, G*est une coiffe à deux étages, tombant carrément sur les ' oreilles, et se prolongeant par derrière en forme de queue

pendante. Nous remarquerons aussi que cette dame porte deux colliers, dont ïm est d'or etTautre de jai ou jayeL

L*ensemble de ce costume est d*une extrême richesse.

Il se compose de deux robes de damas : Tune, qui forme le vêtement de dessous, est blanctie et ornée de dessins légèrement noirs ; Tautrc est de couleur laque-foncé, enrichie de dessins d*or, et garnie de boutons en pierres

70 C08TUMKS HISTORIQUI8.

précieuses de diverses couleurs : celle-ci est en tr' ouverte depuis la ceinture, et laisse voir une somptueuse doublure mi-partie d*hermine et mi-partie d*étoffe bleue relevée d*or-

nementsd'or. La ceinture, qui descend très bas par devant, est en orfèvrerie.

fft'ffnc iip /.ouio^ .\7f.

JACQUES GÂLIOT DR GKNOUILLAC, seigneur d'Acier. — Il naquit dans le Querci, vers 1/|66. Il assi&ia à la bataîUe de Fornoue, où Charles Ylll l'avait choisi pour un de ses preux ; il eombattit vainamment à Agnadel en 1509, et fut nommé, en 1512 , grand-mattre de Tarlillerie. 11 se distingua encore à la bataille de \icingnan et à celle de Pavie, après laquelle le roi le fit son gi'and-écuyer. Âgé de plus de soixante-dix ans, Galiot se retira dans son domaine d'Acier, et reçut, en 1545, la charge de gouverneur du Languedoc. Il mourut Tannée suivante.

Cette figure est tirée des porteleuilles de Gaignières.

Le 'hauteau court est bleu-céleste. Le pourpoint est v><ile < lair, comme les manches ; les taillades de ses man> v,Uvr sonl de la même couleur que le manteau. Ije pantalon

e«1 jaune-nankin. La laçure qui retient le manteau sur les épaules est en or; la ceinture et la poignée de l'épée sont ég lemeul en or ; le fourreau est blanc. La coillure parait étrt' une espèce de réseau écarlate, bandé et brodé d*or.

\VI'. SIKt'I.K /ièi/iie t/t' J.outo' \7/.

- jJ

IMI.UUK l)K IIOIIAN .

XXVIU

PIERRE, DE ROHÂN, plus comitt sous le nom de

MARÉCHAL DE GiÉ. — Il naquit Cil Bretagne, vers le milieu du XV' siècle et fut fait maréchal de France, en 1475, par Louis XI, qui lui accorda toute sa confiance. Il commandait en Flandre en 1/^79. Après la mort de Louis XI , il défendit avec énergie les frontières de la Picardie, accompagna Charles VI 11 dans rexpéditiou de Naples, et conduisit l'avant-garde à la bataille de Fomoue. Il prit part aussi aux premières guerres d'Italie sous Louis XII, qui le nomma chef de son conseil ; mais bientôt il fut arrêté dans cette carrière brillante et glorieuse par Anne de Br* tagiie qui, ayant reçu de lui une offense, ne la lui pardonna jamais. Éloigné d'abord de la cour, il eut bientôt à répondre à différentes accusations de lèzo-majesté devant le parlement de Toulouse qui, par arrêt du 9 février 160A, le déclara incapable de remplir aucune fonction publique pendant cinq années qu'il passa enfermé au château de Dreux. A i expiration de sa peine, il ne voulut pas reparaître à la cour, et mourut le â2 avril iôiâ, dans son magnifique château de Sainte-Groix-du-Yerger, en Anjou«

Cette figure est empruntée à une vaste tapisserie, autre» fois placée dans le château du Verger, laquelle otTrait cinq images équestres de Pierre de Gié, représenté dans les costumes des divers grands offices qu'il avait remplis à la cour de France. (Gaignièrbs, portef. VU, 101.)

74 GOSTVMKft HlfiTOlIQUBS.

Pjkhiu; dm Rouan est représenté ici armé de pied en cap» le bàtoii de maréchal de France à la main ; il a sur son casque une plume bleue, d*iuie longueur extraordinaire, qui descend jusque sur la honaie du cheval Cette housae

est chargée des annoiricà de la maison de Rohaii (de gueules semé du maries d'or), et de ses alliances d'Évreux, de Navarre ei de àlilan. ,

W n s I i;C L t lieifne de /umu*' . I//.

GASTON 1)K F Ol \ .

eOBÏOlBS HttTOBIQUSS. 75

(iAM OÎN 1)F von, duc de Nemours. — Né en im\ il était fils de Jean de Foix, vicomte de Narbonne, et de Marie d^Ortéans, 'sœur de Louis XII. Ce jeune prince,

aussi sage que vaillant, succéda, en 1512, au duc de î <>ngueville dans le commandement de l'armée française audelà des Alpes, et bientôt après il fut surnommé le foudre de ritalief II obligea Pierre Wavarre, général de Ferdinand-le-Catholique, à lever le siège de Bologne, secourut Brescia, qu'il reprit sur les Vénitiens, et investit Ravcniie. A la. bataille livrée sous les murs de celte ville, bataille qu*il gagna sur les Espagnols, il perdit la vie, le il avril

Cette figure est tirée â\u)e vieille tapisserie qui représente rhistoire de Gaston de Foix. (Gaignièabs, portef. Vil, 94.)

La soubreveste, serrée sur les reins par une ceinture et descendant au milieu de la cuisse, est couleur laquegarance très clair, avec des dessins bleu-outremer. Le pantalon, de la même couleur mais d*un ton plus foncé, dessine parfaitement la jaiiibc. La ceinture est noirr, et le gland qui la termine est blanc. Le poignard a une garde en or, qui surmonte un fourreau vert et or. Les manches,

76 CUSfUMliS HlSlOUlQUJiS.

à taillades blanches vers les poignets, sont jaunes. Le chapeau est bleu ; les plumes sont alternativement bleues et

jaunes. La chemise apparaît au bout des manches, où elle se façonne en manchettes, et près du cou, où elle forme une espèce de fraise.

OBSBRVATION.

OrIGINS DBS JABOTS. BT HANCH8TTBB. — Ce fut à la fin

du règne de -Louis Xïî, ou, au plus tard, au commencement de celui de François 1", que Ton commença à faire paraître hors des vêtements les chemises de toile, delinfm et blanc, que Ton tenait à grand honneur de porter. Elles dépassaient le pourpoint au bout des manches et autour du cou ; de là, les jabots et les manclieites.

COSTUMAS HIi>10KlQUbS.

GASTON DE FOIX. — Voy. la notice précédente.

Cette figure r=;t extraite de la Galerie des Iwmmes Ulmlres de Toulouse.

Gaston dk Foix est représenté en habit de gendarme. Il est sans barbe; sa chevelure est longue, kxx bas de sa cuirasse sont af tachés, de cliaque côté, des appendices de fer qui se ieriiiinent en pointe par-dessus le tonnelet^ et qui semblent destinés à protéger les flancs du cavalier. On doit remarquer comme une singularité» que le tonnelet ^ laisse la cuisse gauche découverte.

OBSERVATION

Tonnelet dk fkr. — Un archéologue s'est demandé s'il ne fallait pas voir dans ce costume militaire» jusqu'alors inusité, Tamure primitive des gendarmes qui, sous Louis XII « consentirent à commander Tinfanterie? Nous pensons que les tonnelets de fer, en façon d'écaillés superposées, qui avaient remplacé les cottes de mailles, furent imités des armures espagnoles pendant les guerres d'Italie.

î SIECLE

GROUPE D*AHOUREUX.

Ce gracieux sujet est emprunté à une avure sur cuivre datée de 1500.

Les costumes que purteiit ces personnages diffèrent peu de ceux que nous avons vus dans les planches consacrées au règne de Louis Xli, et cependant ils offrent quelques détails que nous n'avons pas encore rencontrés.

Le manteau de rhoinmc, fendii sur le côté, et disposé de manière à laisser découvert tout le côté gauche, est couleur de café. Le pourpoint et le pantalon sont cramoisis ; la ceinture et la chaussure sont noires, et enfln le bonnet est cramoisi, orné de boutons d'or assemblés quatre par quatre.

La robe de la iemuic est couleur isabelle ; les manches, à taillades bleues, sont formées de deux parties: à la partie, supérieure est attachée une garniture blanche et froncée qui tombe sur le coude. La coiffure, en forme

iXescoflion, est blanche, rayée d'or; la ceinture est jaune.

COStCMES HISTORIQUES*

GUILLAUME DE MONTMORENGL— Filsde Jean IT,

baron de Montmorenci cl de Marguerite d'Oigi iiiont; il servit tour-à-tour Louis XI, Charles Ylll , . Louis XI 1 et François I*'. La noblesse de la prévoté et vicomté de Paris renvoya y en ilM , aux Étais de Tours, où il fut qualifié premier baron de France; et après la bataille de Pavie, le parlement de Paris assemblé T invita solennellement à venir résider dans la capitale, pour rassurer les habitants et maintenir la trapquilhté publique* 11 mourut ie & mai iôdl.

Cette figure est emprunti 'e à une miniature qui reproduit divers personnages de la cour de Louis XIL (GAJGnii£B£S, portef. Yll, ikO.)

Ce costume se compose d'une robe fourrée d'hermine, aux manches de laquelle sont pratiquées de larges ouvertures qui permettent d*y passer les bras , et d*un pourpoint sans basques, suivant la mode des grands seigneurs de cette époque. La robe est de drap d'or, relevé de dessins écarlates. Le vêtement de dessous ou pourpoint, qui couvre la poitrine et qui envebppe les avant-bras , est noir , ainsi que le bonnet orné d*un bouton d'or, et les souliers ou babouches, pantakNioabas de chausses est violet. Le gant IV. 11

* C08Tt)llB« eiSTORIQUES.

de fauconnerie qui supporte l'oiseau e&t eo peau blanche ^ orné d'un filet d'or terminé par un gland ou grelot»

OBSEH VATIONS.

1. Couleur violeite. — 11 paraît que cette couleur fut QQ vogue , dtt moins ppitr \e% bqmmçs , 900$ 1q i^gof de tam nu « car nom «vonQ remarqqô ^sm m gc»nd jiombre de mimatures de cette époque que les ^eign^ure, surtout ceux d'un à'^c luùr , sont représeptéa avec des pantalons violet$. Qn peut supposer qqe 1q 4pui| G|)4ir les yill avait mis le viqlief k lu

IL Gaivts. — » Les chevaliers, qui autrefois étaient

armés de la tète aux pieds, étaient ajassi cuii ac^sé.s jusqii au bout dos doigts; ils portaient tlesgaiits, qui, rqvêtiis à Textérieur d'écaiUes de métal , devenaient, au besoin , de vraies masses d*armes^ de vrais maillets de fer, quand ils couvraient la main d*un Roland ou fl-im Ouguesplin.

Quant aux gants des ikLiiies,.ils sont l'orl sonvuiil mentionnés dans r histoire galante des t^tnps modernes. 4ux siècles de la chevalerie, une jeune personne ne faisait pas une action indifférente en donnant son gant; c'était là, pour elle, ' une D)ani(^re très significative de dire beaucoup en gardant le silence , et quelquefois de tout prooictlre. On iii dans l'histoire la ti^lle Mi^naïUi que cetj-e ((amQise(lç , toupbée de Teiiiprewiffent avsp iequ^ ^értfid de ^^veps avait emlMrafisé sa diéfense , dans une plrcpostancp des pliis délicstes , t prif son gant senestre {gQuche) , §i le l^ailla à f (jérard, qui moult volontiers lepjiiit, icelle lui disant ; « Sire, mon corps, ma vie, mes terres et mon honneur, • mets 0Q la garda da Dion et de vousl > Qu? d# clMisils

GOSTUflBS HISTORIQUES. 88

dtmauiigantl G'68tde Iàqu6 vient eeti^ locutioii prliverfonié: ÈH tti^df^ tes §éntà;, On disàit ttiix amàatB pJ^niftteiix (pU

iiè rencontraient p«s tbut ce qtife le§ gftfttè leur avaient promis : « Vous h'ertavftz pâs, Vous n'en aurez pas, vous ircn avëz pas éu Itîà ganU. » On comprendra aussi i d'après cette explication, toute la portée de cette autre phrase prêh verbîale : ^en donner les iganis ;

Le gant fut donc un symbole dans les mœurs chevale-» resques. Un paladin voulait-il porter un défi, il lui suffisait de jeter son gant pour indiquer qu il provoquait ouaccep* téit le combat» Delà, certaines locutions encore employées au|0Qrd*hiii au figuré « comme jeter le fatu, relever le gant, etc.

. Il était autrefois défendu oux juges royaux de siéger les mains gadtéesi pour faire entendre que la justice doit avoir les mains pures et nettes^ La reine de Navarre , Jeanne d*Albret, mère de

Ilenri IV, mourut, dit-on, empoisonnée par Todeur d'une paire de gants, que lui avait vendue un nommé René, parfumeur italien attaché à la maison de Catherine de Médicis.

rtos grand*mères portaient des mitaines tricotées, de laine, de coton ou de soie. Leurs petites^filles mettent des Géants de peaux d'a2;neaux ou de chevreaux blanchis au lait et glacés. L'usage des gants blancs 'nous est venu d italie au XVI' siècle ; on en fabriquait pourtant, avant cette époque, en France, et surtout à Biois.

On ne connaît plus aujourd'hui que de nom une maiiière de parfumer les gants, qiii était en vogue aux xvi' et xvfi'siècies, et qu'on appelait la franyipane. Ce pariunise composait d'un mélange de dillérentes poudres et essences qdiiv&ientàla fois uheàenteui* agréable ëttm goQt excellent. On pi^hd que le mA frangipane a podr brigiiie iè nom

84 • C0STUMB8 UIST0RIQU£9.

(Tun comte italieo , de la maifion Frangipani , venu m France à la suite de Catherine de Médecia,. lequel se piquait de bon goût, et donnait des conseils aux parfumeurs et

même aux cuisiniers de la cour; car u'eal à ce même comte, que aouâ sommes redevables de la towrte de frimgipane.

Un jour que François I" assistait avec sa cour à un combat de lions , une dame laissa tomber son gant dans l'arène. Elle dit k son amant le comte de Lorges : t Si vous 9 voulez que je croie que vous m*aimez autant que vous me » le jurez tous les jours « allez ramasser mon gantt > De Lorges descendit dans Taréne et ramassa le gant au milieu des lions, qui le laissèrent se retirer tranquillement; pm's, étant revenu à sa place , il jeta le gant aux pieds de la dame, et depuislors, malgrétoutes sesavances, il ne voulut jamais la voir.

L'usage de jeter le gant pour proposer un cartel a été suivi jusqu'à la fm du xvr siècle, et il s'est conservé môme dans une cérémonie qui a lieu au couronnement du roi d*Angleterre. Le champion, du roî, armé de pied en cap, et monté sur un cheval de bataille, entre dans Téglise de Westminster, où se font les couronnements de rois, et publie k haute voix que si quelqu'un conteste les droits du prince à la couronne , il est prêt à les soutenir, à les défendre en combat singulier. Après quoi , il jette son gant» en signe de défi, et se retire.

Au moyen âge, on donnait une paire de gants à celui qu'on investissait d'une dignité ; on Ôtait les gants à celui qu'on privait de sa charge.

Sous le règne d'Edouard 111 , le comte de Garlisle ayant été condamné à la dégradation et à la mort, pour avoir

G08TDHB8 HI8TOEIQ0B8* S5

correspondu traîtreusement avec les Écossais, ses éperons furent hn^os avec une hache , et on lui enleva ses souliers et ses gants» avant de le décapiter.

SoiiB Louis XI, un vseîg&eur de Montmorenci fut envoyé en ambassade k Loodres, où le roi d'Angleterre lui fit un grand accueil. Un jour, à la table de ce monarque, il avait pour voi&in un seigneur qui [lorlaità la boutonnière de son habit un gant de feoimet chargé, à chaque doigt, de superbes pierreries de toutes couleu»; ce singulier joyau attira * ratkention de Tainbassadeur. Le lord, qui a*en aperçut , prévint ses questions, en lui donnant Texplication suivante : « Je vois bien que vous trouvez eètrange de ce que gorgiasement j'ai acoustré un pauvre gant ; ce que j*ai encore plus envie de vous dire, car je vous tiens tant homme de bien et connoiesant quelle paedon e*eet qu*aniour, que si f ai bien fait vous me loûrez ; ou sinon, vous excuserez Tamour qui coainiandeà tous honestes cœurs. 11 fauique vous entendiez que toute ma vie j'ai aimé, aime et aimerai encore après ma âiort, une belle et respectable dame. Je demeumisept ans, sansoserluienfairelesemblant; mais un jourt, estant dansun pré, et la regardant, me printuh si grand battement decœur, que je perdis toute couleur et toute contenance , dont elle s'aperççut ; et me demandant ce que j'avois, je lui dis que c*e8toit une douleur de cœur insupportable. Elle, charitable, posa sa main gantée sur mon cœur, et alors lui serrai la main contre mon estomac, lui disant : « Hélas ! madame, « recepvez le cœurqui veut rompre l'estomac pour saillir en « la main de celle dont j*espère grâce, vie et miséricorde I » Quand elle entendit ce propos, le trouva estrange, et voulut retirer sa main ; mais je la lui tins si ferme, que le gant resta en la place de sa cruelle main , et pour ce que jamais je n'avoiâ eu, ne ay eu depuis, plus grande privauté d'elle, je

66 CbfttCUES AlSTtitltQtJfiài

iMiiebii M gant iMMiinie Templtôtre le plus prhpté c}iié jë ffnto (tornief k nM tusùr, et V«\ mmé mûme Votez. ^ Le sire de Mvntmorenci, trop poli pdnr rire toiit haiit de fcette extravagance, îouà beaucoup une passion si slilbére, et féliaitâ le seignetir aiiglaià de u"&^bit obtenu qité lé g«ht kfinid dame t{iiirvnu9imblablehënt( à ëùe loi isfàt àc^ bordé son ctfetti", Tauraît fklt mdttHf de plàisir:

Dftns un tournoi que Charles VI, toi de Francë, fil célébrer à Paris pour conférer l'ordre de chevalerie a(i roi de Sicile et à son frère, en idS^t plù«ebrd dàities niiirchèreni ftf te lés chevaliers jusqu'à la bit^riêre; « âtent , dît i*hldt(^ rien, elles tirèrent" de leur sein diverse^ livtéefe de rubàriset . des gants de soie, pour récompenser la val6Ur dé ces îibbleâ champions. »

Au iviu* aièclei ttii énfànt t}Qi pmst inoindi^ défaut avait celui d'dtré gaucher; setfouvidt av^ Mèré dans le 6alon de la fameuse madame Geolîrin. On portait alors dèë ganté à franges; l'enfant prit un de cef^ gants, et en dbniia un soufflet, de toutes ses forces, à un homnne respectable , qui rendait aussi visite à fnadaitie Geoihrin. Les .gràirid d'épinards ënhrèrent dafis lès yéux de la viètitne dë beitë më^ chanceté, et lui firent beatibonp de mal. Podr tblité cbri'ëction îhflîgée à son fils , la m^re S*écria : « Eh bieil! mon fils» toujours de la main gauche i»

On ne finirait pas si Ton veillait recueillir toutes leë anecdotes relatives aux ganté.

On bénkissît leé gants au cimrôntienient du roi de France; Favyn j)rétend que cet us>ageest un reste de Vinvestitùre féodale par le gant

Voici un exemple bien remarqtiahle de cette cérémoiiie. Gonradiii, roi de Sicile^ fut privé de la couronne et de la vie^ par Charles d*Anjou, firère de saint Louis* Arrivé sUi*

COSXUM£S HISTOBIQDES* ^7

réchafaud, i! se plaignit de la cruauté de son sort, proclama ses droits au trône de Naples, et jeta, en signe d*invcstiture, son gant panni le peuple, en priant celui qui le ramasserait de le porter à quelqu'un de ses parents qui pût venger sa mort* Un chevalier normand ramassa le gant et le remit au roi Jacques d*Âragon, qui alla se Mre couronner roi de l^cile à Païenne.

Un vieux livre, imprinui a f.a Haye, en 1604, rapporte que les habitants de Cambrai, pour recevoir dignement un roixle France qui devait passer par leur ville, eurent Tattention délicate de faire faire la barbe à un pendu exposé aux fourches patibulaires, et de mettre un gant avec une frange d*or magnifique à une luain de bois qui servait d'indicateur sur le grand chcniiu de la ville.

Pour fmir par un calembourg,. le marquis de Bièvre envoyait, en présent, de longs gants gris ou de longs gants blancs à une jolie femme.

COSTOMBS HISTORIQUES

CUAALËS D£ GLÈVËS, comte de Rethel. ^ Fils aîné d'Engilbert de Glèves et de Charlotte de Bourbon, il succéda, en i506, à son père, dans les comtés de Nevers et

(ï\iu, et se distingua par sa vale ir dans les expéditions de Louis Xli et de François 1" en Italie. Ce dernier roi le fit arrêter pour des écarts de jeunesse, et renvoya prisonnier à la tour du Louvre, où il mourut le 27 août 1521.

Cette figure est tirée des portefeuiUes de Gaigni^abs.

Ce costume se conopose d'un manteau ou tabard, d'un pourpoint et d'un pantalon. Les souliers, qui sont de véritables babouches, sont noirs, ainsi que le chapeau, qui est orné d*une fleur d*or« Le manteau est de damas blanc & rayons d'or; le pourpoint et le pantalon sont de même couleur. Le fourreau de l'épée, dont la garde est cachée par le manteau, est en maroquin vert, ainsi que la ceinture.

Googl

COSTUMKS HISTORIQUES. 91

GUI DE UOCHEFORT, chancelier de France. Il naquit dans le xv* siècle, au bourg ou ch&teau de Rochefort , près de Dôle. Il fat armé chevalier par Charles , du de Bourgogne, et devînt un de ses conseillers. Après la réunion du duché de Bourgogne à la France, Louis XI le nomma conseiller, puis président, au parlement de Dijon. Charles VIII le fit chancelier de France, et Louis XII le confirma dans cette charge. Il mourut, le 15 janvier 1507, à Tftge de 60 ans environ.

Cette figure est copiée d'après une miniature qui re- « présente la cour de Louis XII. (Gaignièees, portef. VU, 139.)

La soubreveste est de damas, de couleur bistre, h reflet

d'or ; elle a des manches ouvertes ; elle est doublée et bordée d'une fourrure noire qui forme châle sur les épaules. Le pantalon est violet; le pourpoint amarante, la ceinture jaune. Le poignard a une garde d*or et un fourreau noir. Le bonnet carré est également noir. Autour du cou, on voit la chemise plissée.

XV n SIECLE Retfne de Louir XII.

,IK..\\ Dr. KIK.l \

JEAN BE RIEUX. ^ Né en il dèyinC innrMtal

de Bretagne en l/i70, lieutenant des arinc( s du daché en Î472, et fut chargé quelque temps de la tutelle d'Anne de Bretagne. Après le mariage de cette princesse, il lut eil grand honneur à la cour de France, et accompagnà Charles VIII dans son expédition de Naples. Lonhi HIl le nomma ensuite commandant du Roussillon. 11 y mourut en 1518, âgé de soixante et onze ans.

Cette figure ert tiiée dos portefeuiUea 4^ GAieNiàaB«i

LV(!()Mi^i QW ^ Acier poli, ressemble beai|CQa|i ^ celles des gendarmes soos les règnes précédais. Le tonnelet est en mailles de fer. Sur son armure, ce personnage porte un manteau très court, de couleur bleue o.ulre-mer| orpé d*itn riche CQ|let d*orfévrerie et bo^dé de foumure,

OBSBRYATION.

MiifTBAox. BÊanteau ou mantel vient du mot arabe

mandif, ou du mot persan mande/ ; ce sont les croisades qui nous ont donné le nom et la chose. Ce genre de vêtement sans manches était commun autrefois à toutes les conditions, aux rois comme aux gens de métier. Les rois ne paraissaient pas en public, sans être revêtus d*ua long

94 COSTUMES IIISTORIQDES .

manteau d*écarlate, fourré d*hermine. L*épitoge de la ma^ gîstrature et les manteaux de la pairie sont commaun reste des manteaux royaux. On peut dire aussi que les manteaux

longs se sont conservés dans les robes des avocats.

Il n*y a pas cent claquante ans que non-seulement les gens de robe, mais aussi les médecins, étaient toujours en soutane, même chez eux. Sous saint Louis et pendant les règnes de Philippe-le-Bel et de ses enfants, Thabit court n'était en usage qu'à l'armée ; on porta successivement les habits, courts sous Philippe de Valois et ses successeurs, longs sous Charles YII, qui était petit et mal fait, courts de nouveau et pour n*être plus changés sous Louis XI, Charles YIII et Louis XIL Ils se raccourcirent encore davantage sous François I", Henri II et ses enfants ; les habits de dessous, ou pourpoints, descendant à peine jusqu*à la ceinture, on y suppléa par des manteaux.

Au xin* siècle, lorsque lés chevaliers venaient se reposer de leurs fatigues, après les tournois, dans les palais des rois, ou dans les châteaux des giaiuls seigneurs, on les re- . vêtait de mantenux fourrés, ainsi que nous l'apprennent les ronoans de chevalerie.

Depuis François I*' jusqu*à Henri lY, le manteau a été une partie essentielle de Thabillement, à la cour comme à la ville. Les seigneurs, les chevaliers et les gens du bon air le garnissaient de dentelles, de passements d'or et d'argent, et de touffes de rubans.

Durant les règnes de Louis XIII, Louis XIY et Louis XY* excepté dans les cérémonies, le manteau n*a plus servi qu*à défendre des injures de l'air, du vent, du froid et de la pluie. On y eini)loyait exclusivement du drap de différentes couleurs. A la mode de» manteaux a succédé celle des redin-' gottes, d'origine anglaise, qui ont été remplacées à leur

COSTUMES ttlSTÔRlQOSSé 95

tour par les fiabits à fa française et les fracs, dont les formes ont varié bien souvent.

£n 18241 quelques jeunes gens reprirent T usage des manteaux amples « qui reçurent alors le nom du général espagnol Quiroga, Ceux qiû les portaient affectaient même de les draper à la manière de ce général, que la guerre de Tindépendance américaine avait rendu populaire en Europe. Quelques dames, à la même époque, entraient dans les salons avec un court manteau d'étoffe légère ; cette mode ne subsista qu*un moment, mate depuis, elle s'est renouvelée avec plus de fureur que jamais, et le manteau ou pelisse fut adopté par les femmes de toutes les conditions : il ne paraît pas devoir être abandonné, et chaque jour apporte quelque variation dans les formes que la Mode lui donne.

Ce n'est pas seulement contre la pluie ou le froid qu'un manteau peut être utile. Elisabeth d'Angleterre se promenait dans le parc de Windsor, suivie de ses officiers et des principaux seigneurs de sa cour ; on arrive h un terraÎD marécageux ; la reine, finement chaussée, hésite à le traverser ; le comte d'Essex détache le riche manteau qu'il portait et l' étend sous les pieds de sa souveraine, qui lui sut gré de cette attention délicate : d'Essex dut à son manteau de devenir le favori d'Elisabeth. *

«OSTVIIIS HX8TORIQ0BI* 95*

ANNE D*ALËNÇON, marquise de Monifenrat. — Née en elle était fiUe de Réné, duc d*Alençon, et de Mai^ guerite de Lorraine; mariée, en 1508, à Guillaame Paléo-

logue, marquis de Montferrat, elle demeura veuve en 1518. Ses vertus, sa chanté surtout, la firent placer au nombre deB princesses illustres par leur piété.

Cette fipire est tirée des portefeuilles de Gaigmères.

Ce costume , d*une élégante simplicité , se compose de deux robes; celle de dessous est laque-jaune ; celle de dessus, croisée en schail sur la poitrine, est blanche, bandée de deux raies de couleur laque-rose. Les taillades des manh ches, les attaches, la ceinture, ainsi que le chapeau ou béret, orné d'une fleur d'orfèvrerie et de dessins en or, sont également de couleur laque-rose.

11 faut remarquer, dans cette figure, les cheveux flottants sur les épaules, selon Tusage des épousées; le cou et la gorge laissés à découvert, suivant la mode italienne, et enfin les bras garnis de imtaines larges qui ne se terminent pas en gants.

XVIî SIKCI.K. * Jîè<fne de Loui.vMI.

r 1 1 A R r.RS n ■ V W ftO I s F. . Sviffnetir ,/r C/taumont .

€HA&L£S B*Amom, seigneur de Chammmt, Né en i/t73, il était ûU de Charles d'AmbcHse, firère da ciurdinal. Il ae distingua dans les guerres dUtaiie, sous Louis XII. En 1500, il fut nommé gouverneur de Milan. A la bataille de Castallacio, en 1507, Ghaumont commandait Tavant-garde. Après la bataille d'Aignadel, en 1509, Jjoms XII lui donna le commandement de Tarmée, avec laquelle ce général , en 1510 , investît le pape Jules II dans Bologne. Des négociations trompeuses l'obligèrent à se retirer de devant cette place, et Jules II prit Mirandole, Charles d'Amboîse mourut, le 11 février lôll, à Gorr^gio, miné par le chagrin que lui causait la prise de Mirandole. Il n'avait que 38 ans.

Cette figure a été copiée d'après GAiGiaÈBBS (portef. YII, 95).

Le vêtement de dessous ou pourpoint est de damas blanc, chargé d'une riche broderie d'or et garni de manches larges. Le manteau, qui donne passage aux bras par des ouvertures latérales, est de drapd*or, doublé d*une

riche fourrure. Le pantalon à brayette est de couleur laque foncée; il porte à sa partie supérieure une échaucrure carrée, et il est attaché au pourpoint par deux laçures

T. IV. iS

98 C0STUHB8 HI8T0RIQES.

noire& La trousse ou haut de chausse, qui dessine exactement les formes du corps, est de la couleur du pantalon : à gauche, elle est ornée de bandes d*or, et à droite, de

bandes bleues qui se prolongent jusqu'en bas de la jambe. Cet ornement représente les couleurs héraldiques du blason d*Âmboise. Il faut remarquer aussi le collier et les bracelets d*or, ainsi que la broderie bleue et rouge qui encadre la chemise autour du cou. La chaussuro noiro, en demi* lune, porte un nœud de velours sur le cou de-pied.

C0ST0MB8 HIST0AIQUB8»

FRANÇOIS DE LA ROCHEFOUCAULD. — Il était

d'une ancienne et illustre famille de Poitou ; il fut charabellaD des rois Charles YIII et Louis XII, et en l/i94, il avait tenu sur les fonts de baptême Françds de Yalds, fils du comte d* Angouléme. Ce prince, étant monté sur le trdne, en 1515, le nomma son chambellan ordinaire, et érigea en comté la baronie de La Rochefoucauld. Le comte de La Kochefoucauid mourut en 1517.

Cette figure est empruntée à une ancienne miniature qui

Ce costume est â*une élégante dmpilicité. L*habit long;

couleur de terre de Sienne avec des dessins noirs, est doublé de fourrure de martre et garni d'une épitoge d'hermine, ses larges manches présentent une large ouverture, fermée par des nœuds de rubans. Le pantalon, le pourpoint et le bonnet sont laque-garance ; les baboudies sont mtes.

coBTirim BiBTomx^vsté 101

THOMASSINE SPIKOLA. — Cette femme , belle et douce, mérite une place daûs Thistoire, à cause de la passion pure et désintéressée que firent naitre en elle les vertus du roi de France, Louis XII. EUe le vit à Gènes et elle

Faima. Retenue d'abord i)ar la crainte et la pudeur, elle céda bientôt à un attrait qui était plus fort que tout ; elle confia donc au roi les sentiments qu'elle avait conçus pour lui, et sollicita le titre de sa meâtresse de cmvr, en lui offrant celui Hntendio; Louis XII accepta l'échange, et désormais Thomassine, tout entière au bonheur qu'elle trouvait dans ce lien mystérieux, vécul avec ce seul souvenir d'amour. Louis Xli partit : elle lui resta fidèle, malgré Tabsence ; en avril 1^05, il tomba malade, et le bruit de sa mort courut en Italie. Ce funeste bruit vint aux oreilles de la belle (lénoise ; elle en fut accablée et mourut de douleur; huit jours après , Louis XII , revenu à la vie , la pleui'ait à son tour, mais il n*en mourut pas.

Cette figureest copiée sur une estampe italieilne de 1500.

C'est le costume génois qui avait été introduit à la cour de France, vers cette époque. — La robe, fort décolletée, et lacée par devant, laisse entrevoir la chemise ; elle est blanche avec des dessins d'or. La coilTure est bleue ; on y

COSTOVES HISTOKLQUBB* 402

remarque une fleur rougo et bleue. Les cheveux sont longs et flottants comme ceux des épousées. Le tour de gorge est d*or parsemé de pierres précieuses. Le lacet est également d'or, ainsique les attaches desmanches;oellesKsi, bouflEaiH

tesaumilieudubras, serrées au poignet, couvrent les mains, en manière de mitaines,

OBSERVATION

Anecdote bblatitb aux lacets. — Les lacets, qu'on fabriquait fin soie, en fil, en coton ou en laine, furent en usage dans tous les temps. En 1762, Jean-Jacques Rousseau, sU-

maginaiil qu'il ne pom .i.it jjtendre la plume sans alarmer toutes les puissances de l'Europe, forma la résolution de ne plus écrire» et s*occupa à faire des lacets. « Puisqu'on « ne veut pas que je soîb homme, disait-il, il faut bien que « je devienne fenmie. » Une demoiselle lui fit demandèr, pour le jour de ses noces, un lacet de sa façon. 11 le lui envoya avec ce billet : « Le voilà, Mademoiselle, ce beau pré- « sent que vous avez désiré. S'il s'y trouve du superflu, • faites^n bon usage, et qu'il ait bientôt son emploi. Por- « tez sous d*heureux auspices cet emblème dé biens, de « douceur et d'amour, dont vous tiendrez enlacé votre heu- « reux époux ; songez que porter un lacet tissu par la main « qui traça les devoirs des mères, c'est s'engager à les «remplir» »

jrCK or DOCTKI R K\ DROIT.

JUGE ou DOCTEUR EN DROIT.

Cette figure est tirée d'une ancienne miniature qui représentait la cour de Louis Xïï. (Gaiginières , portef. VII,

Le costume des hommes de loi ou gens du roi était une robe d'étolTe noire, à manches longues et amples, fermée par devant et ceinte sur les reins. Les magistrats portaient sur la tète une coiffe qu'ils ne quittaient jamais, et par dessus cette coiffe, un chapel à bourrelet ou barrette, dont le chaperon leur pendait sur l'épaule, ou bien leur enveloppait le cou en cachant le bas du visage. Enfin, ils avaient sur la poitrine une grosse chaîne en or à plusieurs rangs.

KI{.\\rOI5 ROI I)K FRA^iCK. .

Digitizeo ly C^oo^lc

C08ICMEB HISTO&IQCBS. 105

FRANÇOIS .1", roi de France. Fils du comte d'Angoulême, il naquit à Cognac, en ih-dk' Elevé à la cour de Louis XII, qui le chérissait et dont il avait épousé la lille Claude, il lui succéda en 1515, et fut le premier roi de la deuxième branche des Yalois. Â peine sur le trône, comme s'il avait hérité des prétentions de son prédécesseur sur le duché de Milan et le royaume de Naples, il porta la {pierre en Italie. Il gagna sur les Suisses la fameuse bataille de Marignan, après laquelle il se fit armer chevalier par . Bayard. Enl5â0, il aspirait à Tempire, Maxiroilienl** étant mort, mais Charles-Quint l'emporta sur lui, et la guerre éclata. Elle dura 30 ans et fut fatale à la France. Le roi perdit le Milanais; le connétable de Bourbon alla se ranger sous les drapeaux ennemis, et François P' lui-même à la désastreuse bataille de Pavie, tomba entré les mains de Tempereur. Il se vit forcé de signer dans sa prison le funeste traité de Madrid, qui envenima les haines et ne mit pas ui; terme à la guerre. Les hostilités furent reprises en Italie, les épidémies décimèrent Tarmée française et obligèrent le roi à accepter la paix qui fut conclue à Cambrai (1529). Ce ne fut qu'une trêve de peu de durée, et de nouvelles luttes se prolongèrent jusqu'en iôlik, avec des succès divers. François P', illustre non-rseulement par sa valeur et par son caractère chevaleresque, mais par le goût avec lequel il encom agea les arts et les lettres, mourut le 51 liiai'b lt>47.

iQO C097Cri|?9 HISTORIQUES.'

Cette figure est tirée des portefeuilles de Gaigmeiœs.

François 1" est représenté avec le costume qu'il portait habituellement II est vêtu d*un surtout de. velours noir, dont le large collet, rejeté sur les épaules» .est en fourrure.

L*habit de dessous, t.uliades, est blanc, ainsi que le pantalon çt la trousse, (;ha|)eau, orne d'upQ pi^rrç gffUid prix et bor^^ d'une pliMpe, est noir.

OBSSqiFATIONS»

Paiiis.t— Pour avoir une idée du luxe et des mode^de çette époque, il suilit de lire la relation de l'Entrée de François I"

k Pari^, çn nous croyons 4^Y9ir 1^ fftpppftac |çi en egtîer.

« Sa lll^jesté avapca jusqu*à. Ia O^ïie , où les dj^r rente corps vinrent la recevoir selon l'ordre suivant ; les

arciievsy les arbalétriers de ta ville, à cheval, marchant 4eu% à deux, revêtus de leyr^ hpqufitonç couverts de laq^Q^ 4%IÇent» où étj^t gri^vé vfiisseau <^ Par|§ preuc) pour ses armes.

. « Après yenoit le prévôt, revêtu de son collier de velours nipitié bleu, inoitié cramoisi; les échcvins, le clerc, le receveur et douze conseillera de r^Otel-derYMet roj^es éçarlatf»» et tous à çheval.

f Toppiept ensuite les hnnfgm^, marchant deu:^ à deiix, habillés de robes, les uns de velours noir, les autres iî[)oisi, écarlate, et (Je diUérentcs couleurs.

9 çhev(ili§r du gy^^t, yetu moitié cle drajï 4'pr etmoir tié de velours cramoisi ; ses deux lieutenants le sjûvQÎai^

el tout le giiet à chcVài au nombre de soixante, àVéc leurs hoquetons garnis d'argent, la pcrluisane à la main, et leui^s dràpéailx déployés, oii il y avoit de chaque côté uûe étoile i^ôt édttrbndée, ét des deviseé sur des banderoles.

« Les sergents à verge les suivoient à pied, ayant Tarmet sur la téte* et portant au milieu d^eux le guidon de taffetas blanc, jaune et rouge, chaussés et revêtus de pourpoints et de plumets de mêmes couleurs ; les uns avoieiit des piques sur l'épaule, les autres des hallebardes.

t Après eux, venoient les sergents à la douzaine, tous k cheval, vêtus, du côté, droitdedrap noir à carreaux rougeei et, du côté gauche, de gris cendré et barré.

« Le prévôt de Paria i avec son habillenieut de soiei bordé d'un côté de velours- cramoisi, et de Tautre de satin de Milan, enrichi de plaques et de devises en grossAs lettre» émargent Devant lui marehoient deia pages i vêtus de même que les sergents^ et montés sur des «bevawi oapa* raçonnés de velours cramoisi*

i Suivoient les quatre êergmts fi^fféa, préeêdékde dèutf laquais.

I Yènoient énsuitè les Hentenanté eml et isrimShel,

avec les greffiers du Cliâtcleti tous vêtUs d'écarlatei

k Lës conselUerSf les avocats^ procureurs et lidtàires dtt (Mteleti €tm eent vingt aer^éntt û chéVûL

i Après etbc, ihatchoient les qilatre fnàtéchàUâ^ dé France, vétus de velours noir, ayant chacun là chainè d*6f au cou ; ils étôient précédés du président , et suivis des conseillers de la chambre des généraux , vétus d*écàrlate i lëufs huissiers alldétit deVant.

« Suivoient MM, de la Chambre des comptes , les uns vêtus de velours noir, les autres de damas , de satin et dé

108 COSIUM£S HISIO&IQUES.

camelota tanné, ayant leur pourpoint pareil à leurs habits, et une chaîne d*or au çou.

« Ycnoit ensuite la Cour de parlement, suivie des quatre présidents , revêtus de leurs chapes écarlates, fourrées de menu-vair et retroussées sur Tépaule gauche; ils étoient couverts de leurs mortiers de velours noir » bordés parle haut de drapd*or. A leur téte, marchoient le premier huissier en robe écarlate , avec son bonnet de drap d'or à rabat; le greflier civil, en chape écarlate, et le greffier criminel. Le premier président portoit pour marque distinctive une chape avec trois bandelettes de drap d*or* HM. les eonseillerslalques et ecclésiastiques en robes d'écajv late, et le chaperon fourré demenu-vair, sur Tépaule, étoient précédés des avocats, des procureurs et notaires à cheval.

tt prévôt de l'hôtel, vêtu d'une sale de damas blanc, à point de velouris cramoisi , avec la chaîne d*or au cou , suivi de tous ses archers , avec leurs hoquetons parsemés de plaques d'argent, sur lesquelles étoit gravé un porcépic couronné , surmonté d*une épée nue : c* était la devise du feu roi ; ils avoient leur armet sur la tête et lapertuîsane au poing,

« Ensuitevenoient lescinquante arcken de la garde ^ que le roi avoit lorsqu'il n'étoit que dauphin ; ils étoient vêtus de leurs hoquetons de drap blanCfjà demi bordés etbrpdés, parsemés de fleurs d'argent devant et derrière'; une salamandre de môme métal, jetant de Teau par la gueule ; sur leurs collets renversés étoit écrit ; Nutrisco et extinguo ; ils avoient le casque en tête , et sur la cuisse la lance, au bout de laquelle était un petit guidon de taffetas blanc, jaune et rouge ; ils étoient précédés de leurs capitaines et lieutenants, revêtus d'une cottë d'armes , moitié drap d'or et moitié velours cramoisi*

COSTUHBS EIST0AZQUE8. 109

€ On voyoit venir en bel ordre les marcchnnx de France, précédés de quatre trompettes avec leurs bannières ; ils étoient vêtus, moitié de drap d*argent, moitié de drap d*or frisé, avec un bord dentelé environné de rouleaux, sur lesquels étoit la devise de chacun d*eux.

€ Après eux suivoient les gentilshommes pensionnaires du roi, richement habillés, et montés sur des chevaux c^Miraçonnés de drap d*or , découpé et déchiqueté , attaché avec des aiguillettes de soie rouge , sous lesquelles étoit un drap d'argent; au milieu d'eux étoit Louis de Clèves^ frère du duc de Nevers , habillé de satin blanc brodé d'argent, sur lequel étoient brochés en or des trèfles rayonnants , et tout rhabillement étoit parsemé de pompons de vermeil; il étoit couvert de velours cramoisi garni de riches pierreries.

« Yenoit ensuite Bf. deChaudon, capitaine (le la parte, accompagné de quatre autres personnes, habillé de velours

tanné et de toile d'argent découpée, avec des bandes dj drap d'or,

c Àprès eux BIIII. de Glermont et de La MoUière, frères du cardinal d*Àuch, légat d* Avignon., avec M. le vicomte

de Turenne, tous parés d'un habit moitié de drap d'or, et l'autre moitié de satin blanc, broché d'or et de gris ondé.

« Ils étoient suivis d*un grand nombre de^ntilshommes tous habillés de diifér^ites couleurs, dont trois étoient vêtus

de satin blanc couvert de paillettes d'or et d'argent, et un quatrième, de satin cramoisi recouvert de rets de fil d'or, « Yenoit ensuite M. Charles de Rohan » comte douairier de Guise , accompagné de gentilshommes et de seigneurs avec des habits de velours, de drap d'or, de satin broché de diverses couleurs , et de toiles d'argent ; leurs

habits étoient relevés avec des coràeé de ûi d'or, nouées et gâmîes de gros feuillage de vermeiL

« Siiivoicnt 1ns ccnt-suisses de la ^arde da l oi , avec des poL^rpoints moitié rouges et moitié blancs et jiaimes, les chausses et les plumets de mêmes couleurs; ils avoient lahallebardesurrépaulë, etétoiëntàcooni|>àgiiëâdé quatre tambours et de deux Ofi^ès vétùs de damas hiahc , jaùrie et rouge î M. de Montbason, leur capitaine, étoit à leur têtè: le côté droit de son habit étoit de drap d'or et de toile d*ar- ^eut ondée, et le côte gauche, de velours cramoisi.

« Yenoîent après les chambetlans du roi, vêtus de drap

d*or; il y en avoit deux dont les habits étoient moitié de drap d'or et moitié de velours cramoisi; ils avoient tous Tordre de Saint-Michel.

« Les huit nudtres des requêtes OT^nme& et les rap^ porteurs de la chancellerie , vêtus de longues robes de velours noir fourrées de martre, avec le chaperon sur l'épaule, doublé de menu-vair.

« Deux chauffe-che à pied , revêtus de damas tanné

duubié de velours noir, avec les collets , les sayotis , les pourpoints de ni<"inc que la doublure ; ils menoient par la bride un grand cheval, couvert d'une longue housse de ve^ Ipiirs cramoisi qiû pendoit jusqu'à terre ; il porlx>ii un doffret recouvert de velours bleu, semé de fleurs de lis d'or, dont les garnitures étoient d'or massif; le coUverôlë étrtît garni d'un coussin de velours bleu avec des fleurs de lis d*or i ce coffret contenait lé scel du roi.

« Venoit après le cham cHcv, en robe longue de velours cramoisi fourrée de martre , avec la chape d'écarlate doublée de menu-vair, retroussée sur Tépaule gauche ; à seë èdtés étoient sesdèux écuyets, ét deVànt, deux chaufie-ciré.

lia^illé^ 4e mêipç qi|Çi çeipç qui concluisoient clieval qui

pçrtpit le scel

« Venoient ensuite les itehe pages du roi, marchant les.

«ipr^ les autrçs , y^tqs moitié de velours t)lanc, moitié bilinc , moBtés ^ur de ^ands çhmux caparaçonné» de même couleur.

« Suivoient \es joueurs d'instruments du roe, avec leurs sambuques, hautbois et trompettes, vêtus de daipas blanç; les fiérauts d^s prince^ (/ht sa^g et des autres princes, chacun revêtu de la cotte d*aiines de son maître; ceux du roi étoîent habillés en velours blanc : Mont-joie Sainh Denis , roi d'armes , les saivoit avec le même iiabillement portant la cotte d'armesde France ; ilsétoient au nombre de vingt, avec deschapeaux etbonnets blancs; plus, trois gen* tilshommes couverts de la saie brodée de môme que celle du roi, excepté leurs chevaux qui n*avoient point les crins mêlés des mêmes couleurs que ceux de Sa Majesté ; le premier étoit M. de Chis6é , qui portoit le chapeau royal de velours bleu, parsemé de fleurs de ils d'or, avec un habit d'heimine; le second, H. Francisque de Montréal, portant le manteau royal de velours bleu, semé de fleurs de Us d'or et doublé d'hermîne; le troisième était lu premier-écuyer, tenant Tépée royale, ganiie d'or massif, avec le fourreau de velours bleu, orné de fleurs de lis et garni d*or nussii;

« Ils étoient suivis du cheval ^honneur, couvert d*un velours bleu, pendant jusqu'à terre, parsemé de fleurs de lis, et mené par deux palefrepiers vêtus de velours pers. Après eux , et immédiatement avant le roi , marchoit Igl ^and^euyer , habillé de même que le roi , sans autre distinction que la garniture de son bonnet ; il portoit le heaume du roi, couroimé, timl;>ré çt fourré de velours persefc ^'hç.rmi;içw

ils GOSTOHBS SISTOAIQCBS.

« Derrière le grand-écuyer, les Imissiers de la chambre du roi marchoient à pied , vêtus de velours blanc chamarré à points (Targent» avec les bonnets de même ; ils portoient sup Fépaule les masses d^argent, ornées de fleurs

de lis d'or, cmailléeseii pers, et surmoiUées d'une couronne impériale d'or.

« Le roi suivoit, richement vêtu d*une saîe de drap d'argent frisé et bordé ; son cheval, dont la crinière étoit

entrelacée de fils d'argent, avait le frein et le mors artistement travaillés ; f^on caparaçon ctoit couvert do losanges d'argent en bas-relief, portant chacun une devise en chiffre : Sa Majesté avoit un bonnet de velours blanc, couvert . de différentes pierres d*un très grand prix.

« A la droite du roi , quelques pas en avant, marchoit monseigneur Louis d'Orléans , duc de Longueville, marquis de Rothelin , grand-ckamàellan de Erance, revêtu d'une saie bordée de velours cramoisi , sur laquelle étoient brodés des rayons eu or : aux côtés et sur le derrière, il y avoit un aigle brodé en or , regardant le soleil , et prenant son vol de son nid, pour y parvenir. Il étoit couvert d*mi bonnet de velotms noir, garni du gros diamant de la mai*- SX» de Bunois, taillé en facettes, et de trois rubis-balais à jour d'un prix inestimable, d'un petit carré rempli de diamants, et, à chaque angle , une grosse perle , et , dans le milieu une en forme de poire et d'un très grand prix. »

t A la gauche de Sa Majesté étoit M. de la Trémoille, premier chainhellan, vêtu de drap d'or, couvert de roues d'or , dont les rayons étoient d'argent

« Auprès de la personne du roi étoient tous les laquais halnllés de blanc avec leurs pourpoints brochés d'argent.

« lies vingt^uatre archers de la garde écossaise ^Jk

COSTUMES BIS90RIQUBS. 115

pied, avec leurs hallel)ardGS, revêtus de leurs sayons de drap blanc parsemé de lames d'argent, chaussés eu blancg couverts de Tarmet, rehaussés de plumets blancs, ayant d'iuNgDé» learcapHaiae^en tète^vètudemémequ^éia, avec une salamandre d'argent devant ei derrière , et co^r ronnée de vermeil.

« Derrière le roi marchoient les princes du saog , les aatrési prieces et sngnâurs riclt^meitt pavési* >

IL Vvnm m Fiunç(n» 1". François vnUt pour devise une biilamaijdre dans le feu, avec ces mois : Att-^ Iriaco et exùngm, dont on a donné diverses ejtpkcations. Ou la voit sculptée sur la plupart 4ss édifices oonstruits souft swi règne» ci gravées sur qu^ques-<«iiee de 8«e monnaiesr, qu'on Bomme pour eetteraisoii ^01» à /« ialamm^ dre, GuiL Paradin prétend que François I" tenait cette devise de Charles, comte d'Angouicme, son père, et il dit avoir vu une médittUe de ce dernier prince» , e^ la salamendre était représentée avec ces ntots ttalîm : Nitiêmco a bmno, spingù il reo. (Je protège les bous et punie le» méchants.) .

ScBA0X.'^l)epuisleooiiiiiieDoeincn^dttX]r^ jusqu'à François i*'^ le sceau tenait liéu de signaturedene

les actes publics et privés ; i\ était d'autant plus nécessaire, qu'une partie de la noblesse, ne sachant ni écrire ni signer^ ne pouvait autoriser le» actes qà émanaient d'eUe,r que par les sesaiz mr lesquels étalent' figurées ses annoiiiefl*

Depuis 1515, époque où les gentilshommes, et même le peuple , ont cultivé plus assidûment les suicnces et les lettres, grâce à la protection dont elles étaient honorées par les roi» et les princes^ Tusage deiiceeux a diminaéi et IV. 45

iik C08TDHBS HISTORIQU&S*

l'on ne les retrouve plus que dans les provisions de charge, les certificats et les actes publics.

lY. HABicDAin DB Frange. — Avant le règne de François I", Tétat de maréchal de France n*était qu'une com- .

mission, et il n'y avait que deux maréchaux ; par exception, on en voit quatre à ta fois sous Charles VU. François 1" changea cette commisBion en une charge à vie « et porta à quatre le nombre régulier de ceux qui en étaient pourvus. Ce fut lui qui honora du titre de cotisin les cardinaux et les maréchaux de Tiance. Ce titre-là était, il est vrai , un honneur dangereux, car, disait^on à sa cour, aussitôt que le roi traitait quelqu'un de père^ de fiis^ de cùum ou d'omtV on pouvait compter sur une prochaine disgrâce. La da~ chesse d'I sez, qu'il avait appelée ma fille en causant avec elle , feignit de pleurer, quand il fut parti; et comme on iui demandait la raison de ces larmes : «Hélas ! j*ai grand'peur, dit-elle » qu'il ne m'en fasse comme de Semblançay, qn'il appelait tant son père. > Le vieux ministre Semblançay avait été mis en jugement, condamné pour crime de malversation et pendu au gibet de Montfaucon.

y. Obgaiusahon viUTAnE. — François I** établit des légions composées chacune de six compagnies de mille

hommes, dont un tiers était armé d'arquebuses, et les deux autres tiers, de piques et de hallebardes.

£n ce qui conceri^e ïkomme d'armes , les chevau^ iégers et les arquelmters , voici les termes de son oidon^ nance:

« Vhoinme d* armes sera armé de soullerets, grèves entières, missots, cuiriisj^cs avec les taseettes, gorgerin, armet avec ses bavières, ganteleis, avant-bras, gossets et

COSTUMES BISTORIQUBS. 115

grandes pièces.,. Il doit avoir l'épée d'armes au côté, Testoc à Tarçon de la selle d'une part, et la massCt de • Tautre.

« Les ckevau-légers seront bien à cheval , et armés

de haussc-col , de hallecret , avec les tassettes jusqu'audessous du genou , de gantelets , d' avant-bras et grandes épaulettes, et d^une salade forte à Tue coupée. Ils doivent porter Tépée large au côté la masse & Tarçon, et la lame bien longue au poing.

«Les (il (fueùusiers aussi seront bien montés, et leur hamois sera pareil à celui des estradiots, réservé la sa* la4e ; car ceux-^n auront seulement un cabasset , afin de viser mieux et avoir la téte plus délivrée ; Tépée au côté , la masse à l'arçon d'une part , et Tarquebuse de Tautre , dans le fourreau de cuir bouilli , lequel tienne ferme sans branler ; ladite arquebuse pourra être de deux pieds et , demi de long ou trois au plus , et qu^elle soit légère,; des manches et des gants de mailles , et ainsi que les chevaur légers, des armes défensives moins complètes et beaucoup moins pesantes. »

L'armure du piéton, suivant Guillaume du Bellay, était soit un kallecrety soit une chemise ou goletie de mailles, avec cabasset.

La cotte d'armes était ouverte de chaque côté, et ne couvrait que le haut du bras. Les gardes-du-corps avaient le pourpoint à manches, bouffantes jusqu'au coude : les taillades étaient placées , tantôt sur la partie bouffante, tantôt sur la partie étroite qui couvrait Favant^bras; ils portaient quelquefois un iiKuitiMu ;(înp!e et court, avec des panaches à leur chapeau : leur arme principale était la iiallebarde.

On changea, sous le règne de François I", la forme des étendards de la cavalerie; ils devinrent courts et arrondis

116 C08TCMR8 RI8TORTQ17S9.

à l'extrémité ; ils étaient, sous Louis Xll, longs « étroits et fendiiB an iMuideroUo»

Les Sinsses introduisirent Tusage du fifre dans les armées. Los timbales qu'on nppolaitncfca/res imitaient, mais avec un moindre effet, l'instrument de ce nom, dont se sernôeiit lesôarrasiiis : notrs cavalerie les avait empruntées aux AflemaiMlÉL

L^usage de Taro et de f arbalète cessa en France au XVI' siècle; il n'y avait qu un seul arbalétrier au siège de Turin, en 1536*

YL BaptAim. — SouB le règne de François P*, le baptême 8*adti}lnistraît encore par la triple immersion. Les

statuts synodaux de CiuiHaJime du Prat , évêque de Glermont, publiés en 1537 , portent : Prima immersio fit, , dm ditureii nr NomniB Patris ; secunda, eùm didtwr kf Fuji ; teiiia, cèm dteitur it Spiritos Saiccti.

VII. Funérailles des chevaliers. — Aux funérailles d'un chevalier , on portait alors avec appareil , devant le cercueil, eon casque, ses gantelets, ses éperons, son écu et ses armoiries ; on suspendait tous ces insignes autour de la

sépulture, avec les enseignes et les étendards qui caractérisaient les services du mort.

Vin. Costumes giviu drs drdx srxbs. — La mode fit adopter , du temps de François I*", Tliabit court et le pantalon ; le haut de ce dernier vêtement était terminé par une braguette, à laquelle on ajouta ensuite les trousses, que la braguette obligeait à rester entr*ouvertes ; ces trousses étaient bouffantes, et quelquefois tailladées. Sur le pourpoint , on portait, soit un manteau très ample et très court.

GOSTUHBS HI8TORIQ0VS. 117

8oH une casaque sans manches» ou bien avec des manches prosqa^aussî grandes qae les mahoitres dn m* siècle , garnie d*im large coUet coupé plus ou moins carrément ,

Cfuî couvrait le haut du dos. La toque et le chapel , que l'on enfonçait sur la tête , k T armée , ne couvraient qu*une ordlle, à la cour et à la ville.

La toque était ordinairement parée d'un beau diamant ou d'une grosse pierre précieuses.

Lorsque François I*'n*était que dncd'Angoulême, ^daijbphin on sait qu'il laissait croître ses cheveux ; mais bientôt il les porta plus courts « et cessa de se raser, en 1521. Pasquier dît exprefsaément à ce ^jet : i Dans mon jeune âge, nul « D*eatoit tonda fors les moines. Advînt que le roi Fran- < çois I" ayant esté fortement blessé à la teste, d*un tison, « par le capitaine de Lorges, sieur de Monfgomeri, il ne % porta plus longs cheveujt. Sur son exemple , les princes tpnimèrement^ puis les gentilshommes, et finallemeiit « tous les subjects , se voulurent former ; il n'y eust pas c que les prestres nese missefit de la partie; ce qui ml « été auparavant trouvé de mauvais exemple^ »

Ce fut à Toccasîon des cheveux très courts, que Ton renouvela la mode des calottes ; les prêtres demandèrent au

pape l'autorisation d'en faire usage ; le Saint-Père ne la leur donna que moyennant une taxe de 15 livres, par induit, et de 60 livres, par bref-; les personnes chauves ou infirmes étaient dispensées d'obtenir Tindult ou le bref. Ces calottes ne devaient être retenues ni par des cordons ni par des attaches; il fallait les quitter, lorsqu'on servait à l'autel, pendant la lecture de l'évangile et le canon de la messe. Les luques abandonnèrent bientôt les calottes ; mais le clergé, les trouvant fort commodes, les a conservées jusqu'à

ce jour, et il a fini par ne plus demander au pape aucune

permission pour les porter à l'église.

Les dames continuèrent à se coiffer avec le voile et le chaperon, conunesous le règne précédent, jusqu'à Tarrivée de la reine Eléonore d'Autriche; elles reprirent alors la toque et, le petit chapeau, qu'elles plaçaient un peu sur l'oreille, en y attachant un plumet.

Nous ferons observer, en passant, que depuis François l*' jusqu'à Louis XY, la chaussure des Français a été presque constamment noire.

Vin. Cooiiiîs. — C'est en 1530 qu'on se servit pour la première fois, en France, des coches ou carrosses ; il n'y eut d'abord que celui de la reine, et ensuite celui de Diane, fille naturelle de Henri IL Ces voitures, rondes et petites, ne pouvaient contenir que deux personnes; mais elles s'agrandii'ent tellement et devinrent si incommodes que le parlement pria Charles IX d'en défendre l'usage daiis Paris où elles obstruaient les rues étroites et entravaient la circulation : leur usage ne fut maintenu qu'en faveur des voyageurs, sur les routes chartières.

FRANÇOIS l'I" KOI DK FRANCE.

' COSTUUES HISTORIQUES

FRANÇOIS 1"% à cheval. — (Voyez la noUce précédente.)

Cette figure est copiée d*après un tableau original qui

appartenait au premiei piésideiil de :iieûiïies. (GAiGisitiiiis, portef. Vil, 2.)

. François I** est représenté en habit de guerre. Uarmure, dont îl est couvert , est celle des gendarmes de son temps ; elle est noire avec des dessins ou damasquinures

en acier ou argent. Le tonnelet se compose d'une pièce d'étoffe de couleur rouge, ornée d'une riche broderie d'or. Le bel harnachement du cheval est laque-foncé, relevé de dessins d*or. Le plumet du cheval est blanc. La masse d*arnie8 que tient le roi est en acier damasquiné d'or.

XVIî SIECLE fity/n' t/e /'nnit:tn\r /*'*

Page 1