‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 25 sur 87 · CHEVALIER DE RHODES · texte numérisé non relu

CHEVALIER DE RHODES

Les chevaliers hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem prirent l’habit régulier l’an 1099, et prononcèrent les trois vœux solennels de religion, Gérard, leur grand-maître, s’était contenté de leur inspirer pour toute règle des sentimens de charité et d’humanité ; son successeur , Raimond Dupuy, crut devoir y ajouter des statuts particuliers , et entre autres l’obligation de prendre les armes pour la défense des saints lieux. Il fit trois classes de tout le corps des hospitaliers ; il mit dans la première tous ceux qui , par leur naissance et le rang qu’ils avaient occupé dans les armées, étaient destinés à porter les armés. On fit une seconde classe des prêtres et des chapelains , qui , outre les fonctions ordinaires attachées à leur caractère , soit dans l’église ou auprès des malades , seraient encore obligés, chacun à leur tour, de servir d’aumôniers à la guerre ; et à l’égard de ceux qui n’étaient ni de maisons nobles , ni ecclésiastiques , on en composa une troisième classe qu’on désigna sous le nom de frères servans . Ils eurent en cette qualité des emplois où ils étaient occupés , soit auprès des malades , soit dans les armées ; et ils furent dans la suite distingués par une cotte-d’armes de différente couleur de celle des chevaliers. Cependant tous ces religieux ne formaient qu’un même corps et participaient également à la plupart des droits et des privilèges de l’ordre.

Après que les chevaliers hospitaliers se furent érigés en corps militaire , Alexandre IV jugea à propos , pour contenter la vanité de la noblesse , d’établir une distinction entre les frères servans et les chevaliers. Il ordonna qu’à l’avenir il n’y aurait que ceux-ci qui pourraient porter dans la maison le costume de l’ordre que je préciserai au n , et en campagne et à la guerre une sopraweste ou cotte-d’armes rouge avec la croix blanche , semblable à

l’étendard de la religion et à ses armes , qui sont de gueules à la croix pleine d’argent ; et , par un statut particulier , il fut ordonné de priver de l’habit et de la croix de la religion les chevaliers qui dans une bataille abandonneraient leurs rangs ou prendraient la fuite.

Les chevaliers hospitaliers, chassés de la terre sainte, achevèrent en i3io la conquête de l’ile de Rhodes , où il s’établirent , et d’où ils prirent le nom de Chevaliers de Rhodes *.

Il existe dans une des chapelles de la cathédrale de Sienne deux portraits du même personnage , peints tous les deux par le Pinturicchio , et d’une manière bien supérieure aux tableaux que Rome possède de cet artiste. Ils feront l’un et Fautre partie de ce Recueil. François Aringhieri , chevalier de Rhodes et recteur de la fabrique de la cathédrale , est ici représenté avec le brillant costume militaire de son ordre. Sa soubreveste est de velours rouge , et sur la poitrine brille une croix d’argent contournée d’un liseré d’or. L’armure est d’acier avec des boucles et des boutons dorés. La chaussure est rouge et le casque est orné de boutons dorés et surmonté d’une plume jaunâtre. Les gantelets sont d’acier. La ceinture est verte avec des boutons dorés , et supporte une riche épée dont la poignée est dorée , et le fourreau est noir.

Yertot. Histoire des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

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DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCCC. — N° 31.

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