MARCHANDS
Un des phénomènes politiques du temps des républiques italiennes le plus difficile à concevoir aujourd’hui, est de trouver réunis dans les mêmes individus la magistrature , le commerce , la politique et les arts. On tomberait dans une erreur grave si l’on supposait que les ambassadeurs que la république envoyait auprès des princes étrangers fussent des personnes inscrites seulement pour la forme aux matricules des corps des arts , sans quelles les exerçassent en effet. Giovanni di Mone est célèbre dans les annales de l’histoire Florentine : il fut chargé de diverses ambassades , et rendit à sa patrie d’importans services *. Cet homme n’était cependant qu’un simple blatierj et comme les emplois publics qui lui étaient confiés le détournaient de son commerce au grand détriment de ses intérêts privés , il s’en plaignit
en plein conseil, et, par délibération publique, il lui fut assigné une pension annuelle de trois cents florins. Il serait facile de puiser dans les chroniques de ces temps-là mille autres exemples pour prouver que dans un gouvernement qui avait pour base le commerce , il n’y avait d’indigne d’un citoyen que l’oisiveté.
Les monumens anglais du quatorzième siècle présentent aussi un costume de marchand qui a beaucoup d’analogie avec ceux qui figurent dans la planche suivante. Une pierre sépulcrale de Benoît Cola , marchand romain mort l’an 1420, et enseveli dans l’église des SS. Celse et Julien offre encore la même analogie. On la retrouve aussi dans les costumes de marchands qui étaient alors en usage en France et en Allemagne.
Les deux marchands suivans complètent la grande miniature qui m’a
* Scipion Ammirato, lib. XIV, pag. 751.
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fourni ces costumes et les précédens. Le notaire est coiffé d’un chaperon violet avec un bourrelet orange. L’habit est violet , et le manteau vert avec une doublure orange.
Le premier marchand à droite du notaire porte un chaperon bleu avec un bourrelet vert. Le manteau est bleu , l’habit brun-rouge , la bourse noire et les chausses bleues. L’autre marchand porte un bonnet bleu garni d’une fourrure noire. L’habit est brun-rouge ; la bourse noire ainsi que la ceinture , dont les boutons et les cordons qui y sont attachés sont blancs. L’habit de dessous et les chausses sont vertes , et les souliers sont noirs.
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DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.
MCCC. — N° 51.