‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 41 sur 87 · ARTISANS · texte numérisé non relu

ARTISANS

L’ordre du peuple était principalement formé par les artisans et les marchands des villes. Chaque art avait son tribun ou gonfalonier 3 qui , au besoin , réunissait sous sa bannière tous les hommes inscrits dans sa compagnie. Lorsqu’on craignait quelque tumulte ou quelque sédition dans la ville , chaque artisan prenait ses armes et se rangeait sous la bannière de son art, en criant avec ses compagnons : Vivent les arts et le peuple. Enfin , ces mêmes artisans étaient les arbitres de la paix ou de la guerre ; ils contractaient des alliances offensives et défensives avec leurs voisins. Souvent ils excluaient des magistratures les nobles , ou au moins les plus puissans : et s’ils daignaient leur accorder quelqu’emploi public , ce n’était qu’après qu’ils s’étaient fait inscrire dans les matricules des corps des arts \

Les corps des arts à Florence , ainsi que dans la plupart des villes libres de Toscane, étaient classés en arts principaux ou majeurs 3 et en arts inférieurs ou mineurs. Les arts majeurs , à l’époque de la réforme de l’an 1266, furent fixés au nombre de sept. Leurs noms furent : les juges et notaires , les marchands de draps de France , ou l’art de Calimata 3 les banquiers , l’art de la laine , les médecins et les apothicaires , l’art de la soie, et enfin les pelletiers et fourreurs. Plus tard, l’an 1282, on leur ajouta quatorze autres corps d’arts qui furent appelés les arts mineurs. Tels furent les bouchers , les cordonniers , les forgerons , les tanneurs , les maçons et tailleurs de pierre, les cabaretiers , les boulangers, les charcutiers , les tisserands , les serruriers , les armuriers, les bourreliers et les aubergistes **.

* Murator., Antiq. Italie, medii ævi. Dissert. LXY-LXVI.

** Gio. Villani, Stor. lib. YII, cap. i3.

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Tout citoyen qui briguait un emploi devait nécessairement être inscrit dans l’un de ces vingt-un corps d’arts ; c’est-à-dire qu’il fallait que lui ou quelqu’un de ses ancêtres eût été approuvé ou immatriculé , soit qu’il exerçât cette profession ou non.

Dans la planche suivante , qui est encore extraite de la même miniature que les précédentes , figurent deux artisans en présence de l’un des notaires des juges. Le notaire est coiffé d’un chaperon brun-rouge. Le manteau est bleu. L’artisan qui est à la droite du notaire porte un manteau écarlate avec un chaperon de la même couleur. La doublure du manteau est verte. La manche du pourpoint et les chausses sont bleues.

L’autre artisan porte un chaperon bleu avec bourrelet rouge. L’habit de dessus est couleur de laque avec doublure verte. Celui de dessous est bleu, et les chausses sont rouges.

Ces diverses figures, ainsi que celles qui précèdent, servent à expliquer de plusieurs manières la forme et la disposition du chaperon , dont l’usage prévalut sur celui du capuchon vers la fin du quatorzième siècle.

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DES XIII% XIVe ET XVe SIÈCLES.

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