APOTHICAIRE
Le costume suivant rappellera que c’était du sein des corporations des arts que sortaient les magistrats qui avaient part à l’administration dans les villes libres, ou allaient auprès des princes étrangers soutenir ou défendre les intérêts de leur patrie. Il rappellera encore un homme illustre, Mathieu Palmieri, apothicaire à Florence. Né en i4oo, il employa sa vie entière à servir les intérêts de la république , et consacra ses loisirs à la littérature. Il fut envoyé en qualité d’ambassadeur auprès d’Alphonse roi de Naples , de Paul II, de la république de Venise, de Sixte IV, et de la république de Sienne. Il a laissé parmi ses écrits quatre livres sur la vie civile , une histoire
en latin du grand- sénéchal Acciajoli, et un poème intitulé la Cité de vie.
Mathieu Palmieri était ambassadeur à Naples lorsqu’il commença son poème, à l’imitation de la Divine Comédie du Dante. L’idée lui en vint en se portant à Cumes, car il y feint d’être guidé dans son voyage poétique par la sibylle , d’abord dans les Champs-Élysées , et enfin à la béatitude éternelle dans la cité de vie.
Le costume suivant est extrait des peintures de Dominique de Bartoli dans l’hôpital de Sienne. Cet apothicaire y est représenté la tête couverte d’un turban couleur de laque. Le manteau est de la même couleur et doublé d’une fourrure blanche. Je dois faire observer ici que les médecins et les apothicaires avaient le droit de porter , comme les nobles , les fourrures d’henuine et de petit-gris ; ce droit s’étendait même à tous ceux qui faisaient partie de l’une des corporations des arts majeurs. L’habit est vert ainsi que la ceinture , et les revers des manches sont jaunes. Les manches du pourpoint et les chausses sont rouges. Il tient dans la main gauche un vase de médicamens , et dans la droite une spatule.
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MCCCC. — N° 55.