‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 51 sur 87 · PALAIS DU PODESTAT · texte numérisé non relu

PALAIS DU PODESTAT

Quelle étrange destinée semble envelopper les choses et les hommes dans les mêmes révolutions ! Yoici l’édifice où habitait le magistrat suprême d’une ville libre. Les armoiries qui tapissent encore les murs de cette cour s’effacent insensiblement, et les noms des magistrats auxquels elles appartinrent rentrent dans l’oubli. Cet escalier ne conduit plus aux appartenions habités par le chef de la république. Les salles où se réunissaient ses conseillers ne retentissent plus aux mâles accens de citoyens libres. Le silence des sombres corridors qui les divisent en étroits cachots , n’est aujourd’hui interrompu que par le bruit des pas pesans des sbires , ou par les soupirs du captif qu’ils y traînent après eux.

Le premier podestat de Florence fut élu l’an 1207, et son habitation fut provisoirement fixée à l’évêché *. Les premières assemblées du peuple n’eurent d’abord aucun lieu fixe pour leurs réunions. C’était ordinairement dans les églises que se discutaient les intérêts de l’État et se faisaient les élections des magistrats. Mais dès que le gouvernement se fut consolidé , les esprits s’enflammèrent de la noble ambition d’embellir la patrie. Le premier besoin fut celui d’assigner un édifice convenable aux réunions des conseils qui régissaient l’État , et en même temps une habitation digne du magistrat suprême de la république. Arnolphe de Lapo , que Yasari nomme le Cimabue de l’architecture , fut chargé du noble emploi de faire sortir de ses fondemens le palais de la commune (an 12 5o ).

L’autorité du podestat ayant paru trop excessive , ou le peuple ennemi des nobles ayant voulu un chef particulier , on créa un autre magistrat

* Gio. Villaiii, Stor. lib. Y, cap. 32.

sous le nom de capitaine du peuple s étranger comme le podestat, et comme lui appelé d’une ville voisine. Ce capitaine avait le commandement de la milice en temps de guerre *, et , lorsqu’il était nécessaire , il devait apaiser les tumultes et châtier les séditieux. Ce double emploi de podestat et de capitaine du peuple fut cause que dans plusieurs villes , comme à Florence , on eut deux palais publics , l’un desquels prit le nom de palais de la commune j où habitait le podestat, et l’autre de palais du peuple , où habitait le capitaine \

Murator., Antiq. Italie, medii ævi. Dissert. XLV-XLVI.

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DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCCC. — IV° 60.

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