‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 52 sur 87 · SBIRE · texte numérisé non relu

SBIRE

J’ai déjà fait connaître au n° 9 l’origine du podestat et la durée de sa charge. La cour du podestat de Florence se composait de deux assesseurs pour les causes civiles, d’un juge criminel, de quatre notaires, de huit pages , et d’un officier avec vingt-cinq sbires. Le chaperon et l’épée, qu’un page portait devant le podestat dans les grandes cérémonies ( voyez le costume n° 9 ) , furent une marque de distinction accordée à la seigneurie de Florence , la veille de Noël i434, Par Eugène IV, à l’époque de son passage par cette ville.

L’emploi des sbires était à cette époque à peu près tel qu’il s’est maintenu jusqu’à nos jours en Toscane. La nuit , munis d’un bâton et d’une lanterne, ils veillaient à l’observation exacte des réglemens de police et au maintien du bon ordre. On les trouve souvent dans les nouvellistes du temps désignés sous le nom de famiglia. Leur costume était , ainsi qu’il l’est encore aujourd’hui , celui des gens du bas peuple ; et la figure suivante est en cela d’autant plus intéressante qu’elle sert à préciser la manière de se vêtir de cette classe de citoyens.

J’ai observé, dans une infinité de miniatures des quatorzième et quinzième siècles, que tous les paysans , bergers et hommes du bas peuple sont, à trèspeu de différence près , vêtus comme ce sbire , que j’ai extrait d’une pein-

ture qui ornait la couverture d’un ancien registre de la Biccherna à Sienne. Il porte un bonnet écarlate ; le manteau est couleur de plomb , avec une bordure noire. L’habit de dessous est noir , les chausses sont rouges et les bottines noires. La lanterne est jaune. Au-dessous de cette figure , pour ne pas laisser de doute sur son emploi , était écrit famiglio.

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MCCCC. — No 61.

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