‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 53 sur 87 · CÔME LE PÈRE DE LA PATRIE · texte numérisé non relu

CÔME LE PÈRE DE LA PATRIE

Si Florence dans les annales des républiques du moyen âge a mérité le titre d’Athènes de l’Italie , ne dois-je pas faire entrer dans ce recueil le portrait de celui qui en fut le Périclès ? de Corne le Vieux , qui après sa mort obint par décret public le glorieux surnom de père de la patrie ?

Héritier des immenses richesses de Jean de Médicis son père , il les augmenta considérablement encore par la banque et par l’entreprise des gabelles de la république. Il sut habilement employer ses fonds en se constituant le créancier de ses concitoyens , de manière qu’à sa mort à peine en existait-il un , de quelque rang ou de quelque condition qu’il fût , qui ne restât son débiteur de grosses sommes. Un historien ajoute même qu’il entraînait sa patrie dans des guerres dispendieuses , et qu’il en prolongeait la durée afin de réduire ses concitoyens à avoir recours à ses trésors , et pouvoir par ce moyen obtenir le pouvoir suprême. Voilà pourquoi Benoît Varchi a dit de lui , que par le moyen de vertus apparentes et par celui de vices secrets et cachés 3 il se fit le chef et presque le prince d’une république 3 non esclave encore 3 mais qui n’était plus libre.

Exilé de Florence l’an i/j33, dans la quarante- quatrième année de son âge , il fut rappelé dans sa patrie avant l’expiration d’un an , et rendu à la supériorité dont il jouissait auparavant. Enfin on peut dire que c’est de cette époque que date le pouvoir monarchique dans sa famille.

La renaissance des sciences et des arts avait réchauffé l’âme de tous les princes de l’Italie. Tandis qu’ils se livraient de sanglans combats , tandis qu’ils se trouvaient enveloppés dans les troubles civils , on les voyait se disputer la gloire de protéger et de chérir davantage les lettres et les écrivains. Côme surpassa ses rivaux en ce genre : le concours des Grecs venus à Flo-

rence pour l’union de l’église Grecque et Latine , fit naître en lui le désir de fonder une académie platonique ; projet qu’il exécuta lorsque la prise de Constantinople par les Musulmans contraignit les lettres fugitives et persécutées à chercher un asile auprès de lui.

Il mourut à Careggi l’an dans la soixante-quinzième année de son

âge.

Le portrait suivant est extrait des peintures de Benozzo Gozzoli dans le Campo - Santo de Pise ( Tour de Babel ). Côme le Vieux y est représenté coiffé d’un bonnet couleur de laque. Le manteau est noir, l’habit de dessous est de la même couleur , mais plus claire , et garni d’une fourrure brune. La ceinture et la chaussure sont noires

Ce costume a été en usage pendant presque tout le quinzième siècle. Non seulement les peintures du Campo-Santo en offrent de nombreuses répétitions , mais on en trouve aussi fréquemment dans les fresques de Florence et de Bologne.

mcccc. jv:

DES XIII% XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCCCC. — N° 62.

Page 1