FANTASSIN ARMÉ
On concevra sans peine que lorsque les républiques italiennes employaient dans leurs milices leurs propres citoyens, des armées ainsi composées d’habitans réunis à la hâte au son du tocsin , et armés à leurs frais , devaient présenter un assemblage bizarre d’armes et d’armures. Les divers corps d’infanterie n’avaient guère d’autre signe distinctif que la bannière de leur quartier ou celle de leur compagnie. Toute la force de l’armée consistait dans la cavalerie des nobles. Mais la même division qui régnait dans les villes entre l’ordre équestre et le peuple , agitait et troublait aussi les camps , et retardait ou empêchait l’action. C’est ainsi que l’an i323 les Florentins s’étant mis en campagne contre Castruccio avec vingt mille hommes d’infanterie et quinze cents chevaux , perdirent en vaines discussions l’occasion de combattre leur ennemi avec avantage *.
Le soldat suivant est extrait de l’une des miniatures qui ornent un ancien manuscrit de la bibliothèque Barberini à Rome. Le casque est d’acier et orné de deux ailes rouges. La cuirasse est d’un brun tirant sur le rouge avec des points blancs. La plaque d’acier qui défend l’épaule est ornée de petites bandes jaunes. La manche courte' et la soubreveste sont vertes f 1 autre est de maille d’acier. Le baudrier est blanc ; le pommeau et la garde de l’épée sont d’acier , mais la poignée ainsi que celle du poignard sont noires. Le fourreau de l’épée et la ceinture sont rouges. Le bouclier est de la même couleur , mais relevé d’ornemens blancs. Les genouillères et l’armure de la jambe sont d’acier. Les chausses sont rouges. La masse d’armes est de fer avec le manche en bois.
* Machiavelli , Stor. fiorentina, lib. 11°.
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DES X 111% XIVe ET XV' SIÈCLES.
MCCC. — Nu 83.