NOBLE ESPAGNOLE
Pendant que l’Italie , reconstituée dans ses républiques du moyen âge , voyait chez elle renaître la civilisation et fleurir les lettres et les beaux-arts , le reste de l’Europe continuait à végéter dans un état de barbarie qui y repoussait toute amélioration sociale. Vers la fin du quinzième siècle surtout,
l’Italie était arrivée à ce haut degré de splendeur qui pouvait être à peine surpassé par l’éclat brillant qui signale les règnes de Jules II et de Léon X. Les chefs-d’œuvre des arts se multipliaient dans toutes les villes, tandis que les autres contrées de l’Europe offrent à peine de loin en loin un petit nombre de monumens , dont la date et la conservation semblent destinées à perpétuer le souvenir d’un réveil si lent et si pénible. De là cette difficulté de préciser d’une manière bien positive les costumes des peuples étrangers à l’Italie. Je ne rencontre chez eux que quelques miniatures grossièrement exécutées dans un petit nombre de manuscrits , ou quelques pierres sépulcrales répétant presque toutes des costumes de militaires et d’évêques déjà connus. Toutes les fois qu’il m’a été possibje de faire usage de quelques-uns de ces monumens , j’y ai recouru pour constater l’analogie que j’ai remarquée dans les costumes des divers peuples de cette époque.
Le costume suivant est emprunté aux miniatures d’un précieux Office de la Vierge, qui a appartenu à la cour d’Espagne. Ces peintures ont été exé^ cutées vers la fin du quinzième siècle , et les costumes que j’y ai observés peuvent remonter jusqu’au siècle précédent. Cette noble Espagnole , à l’exception de la coiffure , qui participe des ajustemens mauresques , offre dans l’ensemble de ses vêtemens les plus grands rapports avec les costumes italiens de la même époque. La coiffure est blanche , ornée de filets bleu de ciel et de broderies blanches. Le manteau est d’une étoffe couleur de terre de Sienne , et la robe est violette.
DES XIII8, XIV8 ET XV8 SIÈCLES
MCCCC. — N® 100.