‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravésChapitre 14 sur 78 · CRÉATION D UN CHEVALIER · texte numérisé non relu

CRÉATION D UN CHEVALIER

L’Éclat de la chevalerie commença à s'obscurcir dans le XIV*^ siècle, et s’éclipsa entièrement vers la fin du XV C’est le roman de Lancelot du Lac qui m’a fourni de précieux détails sur les rites qu’on observait encore dans le XV® siècle à la création d’un chevalier. J’ai déjà parlé, dans la première partie de ce recueil, de l’éducation que recevait le jeune homme destiné à faire partie de ce noble corps , qui ne l’admettait dans ses rangs qu’après des preuves brillantes de valeur et d’habileté dans le maniement des armes. Le jeûne, une nuit connue sous le nom de veille des armés, passée en prières, préparait le jeune novice à sa réception. Excepté les cas où l’on créait les chevaliers sur le champ de bataille avant de commencer l’action , ou après le combat pour récompense de valeur, la cérémonie avait ordinairement lieu dans l’intérieur d’une église ou d’une chapelle. Le jeune homme se présentait au prêtre qui lui bénissait son épée suspendue à son cou , ensuite ii allait s’agenouiller auprès de celui qui devait l’armer chevalier. Ce dernier lui rappelait les devoirs de la chevalerie et après les demandes et les réponses d’usage, les assistans couvraient le nouveau chevalier de ses armes ; ils lui chaussaient les éperons dorés et lui ceignaient son épée. Alors le seigneur choisi pour lui conférer la chevalerie lui donnait , ou un léger soufflet, ou un coup du plat de l’épée sur l’épaule en disant : Au nom de St. -Michel, de St. -Georges, etc.., je te fais chevalier; sois preux, hardi et loyal. Quelquefois un bain précédait la veille des armes et ces chevaliers en prenaient le nom de chevaliers baignés *.

L’armure du jeune chevalier est brune. La soubreveste est rouge avec des carreaux couleur de laque et une rosette rouge. La ceinture est bleue

* Mémoires sur ancienne chevalerie.

et enricliie de perles et d’ornemens dorés. L’épée a le pommeau doré , la poignée bleue et le fourreau rouge. La chaussure est rouge et les courroies sont noires. Celui qui donne le soufflet a l’habit de dessous et le capuchon bleus, l'habit est couleur de laque et garni d’or au-dessous du capuchon.

La ceinture est rouge et enrichie de perles. Ceux qui chaussent les éperons

sont tous les deux vêtus de la même manière; la soubrcveste est jaune et

semée d’yeux. La ceinture t st dorée et soutient un petit poignard à gaine

noire avec une poignée en ivoire. Une partie de la soubreveste, ornée de ^

fleurs en argent, est bleue, et le capuchon est rouge. Les chausses sont

bleues. En arrière est un prêtre dont la chappe est couleur de laque, ornée

de rosaces d’or et doublée de vert. L’aube est de toile blanche.

Ce prêtre est sur les marches de l’autel et tient dans ses mains le rituel.

Les tombeaux des Visconti, àlMilan, et des Scaliger, à Vérone, offrent de nombreuses répétitions du costume militaire de ce jeune chevalier.

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