‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravésChapitre 19 sur 78 · SERMENT SUR LES ÉVANGILES · texte numérisé non relu

SERMENT SUR LES ÉVANGILES

Les chroniques du moyen âge parlent souvent de cet acte solennel que le juge exigeait, dans l’espoir de connaître de quel côté était le bon droit. Mais combien de fois l’une des parties, bravant la crainte du parjure, n’a-t-elle pas fait hésiter la justice, qui, n’osant prononcer une sentence incertaine, en abandonnait la décision à ce qu’on nommait le jugement de Dieu.

La preuve par le combat , par le feu ou par l’eau bouillante devint chaque jour plus générale, par suite de l’abus du serment sur les évangiles. « Car, est-il dit dans le préambule de la "constitution d’Othbn II, si la charte de quelque héritage était attaquée de faux, celui qui la présentait faisait serment sur les évangiles qu’elle était vraie ; et , sans aucun jugement préalable, il se rendait propriétaire de l’héritage • ainsi, les parjures étaient sûrs d’acquérir (*). »

L’établissement du gouvernement républicain dans la plupart des villes d’Italie, et les lois écrites qui y réglaient l’administration de la justice, y firent cesser l’usage du combat judiciaire et des autres épreuves que les Lombards y avaient introduit. Cependant, sur la fin du XV" siècle, on fut sur le point de voir à Florence un exemple mémorable de l’épreuve par le feu.

J’ai extrait les figures suivantes des miniatures d’un manuscrit conservé dans la bibliothèque royale de Paris, sous le N. 6829. Le juge est coiffé d’un bonnet de velours cramoisi que sa forme avait fait nommer mortier. La simarre est de brocart d’or, doublée et garnie d’hermine. Le dossier du siège est orné d’une étoffe jaune 5 et le siège est en bois de noyer ainsi que le pupitre sur lequel est placé le livre des évangiles.

Celui qui prête serment porte une simarre violâtre garnie de martre. Son

Montesquieu, Esprit des lois, liv. XXVIII, chap. XVII.

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chaperon , rejeté sur l’épaule; est noir ainsi que la chaussure. L’autre porte une soubreveste blanche tramée d’or, et changeante en bleuâtre j elle est garnie et doublée de martre. Le pourpoint est de velours cramoisi brodé en or; au cou. La manche de dessous est blanche et les chausses sont noires.

Ces trois figures serviront encore à confirmer la grande analogie des costumes des divers peuples pendant le XV® siècle. Le juge a beaucoup de rapports avec le podestat N. 9. (Tome L); et les deux autres avec plusieurs autres costumes italiens.

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MCCCC. - ]\° 22.

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