‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravésChapitre 20 sur 78 · PAYSANS · texte numérisé non relu

PAYSANS

Déjà la forme des vêtemens des moines m’avait confirmé dans l’opinion que les classes les plus pauvres et les plus humbles de la société, chez les peuples de l’Italie et de presque toute l’Europe, avaient, à l’époque dont je m’occupe, une ressemblance entre elles de costumes qui permettrait peu d’établir une distinction précise de nation à nation. J’ai trouvé dans les miniatures qui ornent les bibles *et les anciens manuscrits les costumes les plus usités par les cultivateurs; et en les comparant entre eux j’ai reconnu qu’ils offraient très-peu de variétés.

Les costumes suivans ne se font remarquer ni par la richesse , ni par les ornemens ; mais ils ne sont pas dépourvus d’une certaine élégance , et n’en sont pas moins intéressans et utiles pour compléter le tableau animé de l’histoire des républiques du moyen âge.

Le premier de ces deux paysans est entièrement vêtu d’une étoffe grisâtre. Sa ceinture et sa bourse sont noires.

Le second porte un bonnet couleur de laque , qui en recouvre un autre qui est blanc. L’habit est blanchâtre. La ceinture et la bourse sont noirâtres, et dans la bourse est passé un couteau dont le manche est de buis et la gaine est noire. Les chausses sont rouges et les souliers de cuir brun.

Les peintures de Giotto , dans le campo santo de Pise , offrent aussi des costumes de paysans presqu’entièrement semblables à ceux-ci, que j’ai extraits du même manuscrit que ceux du numéro précédent.

Le célèbre manuscrit de Virgile, avec des notes de la main de Pétrarque, conservé dans la bibliothèque Ambroisienne à Milan, est orné d’une miniature < de Simon Memmi qui offre avec bien peu de variations une répétition'de ces costumes de paysans. Il n’y a de différence notable que dans la chaussure..

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MCCCC. — N" 23.

NOBLE FRANÇAISE

La bizarrerie de celte coiffure m’a déterminé à faire entrer dans ce recueil un costume dont les miniatures du manuscrit N. 6829 de la bibliothèque royale de Paris m’ont offert de nombreuses répétitions. Dans celles qui ornent les chroniques de Froissart et d’un grand nombre d’autres manuscrits, les dames françaises et anglaises y sont vêtues absolument de la même manière. Leurs robes ont toutes la même forme, une ceinture pareille, et sont toutes garnies de fourrures semblables : la coiffure seule présente quelque variété par cette forme conique si élevée, qui s’est maintenue en usage pendant environ un siècle, et dont je donnerai quelques exemples dans les numéros suivans.

La coiffure de cette noble française paraît avoir été d’une étoffe de soie dont la couleur variait suivant le caprice. Cependant, la couleur noire est celle qui se retrouve le plus fréquemment. Quelques-unes sont couleur de rose. La robe est d’une étoffe blanche garnie de fourrure. La couleur de la robe varie encore fort souvent. Celle de dessous est jaune et ornée d’une broderie d’or au cou. La chaussure est noire.

J’ai retrouvé des répétitions de cette coiffure dans le manuscrit de Tite- Live conservé dans la bibliothèque Ambroisienne à Milan 5 mais comme ces peintures sont antérieures d’un siècle à celles qui m’ont fourni les figures suivantes, j’y ai remarqué quelques différences dans la forme des robes , dont les manches sont fort larges vers le coude et viennent se resserrer au poignet, dans le genre de celles que la mode avait fait adopter il y a quelques années , et auxquelles on avait donné le nom dé manches à gigot, à cause de leur forme. Dans les miniatures de Tite-Live, les robes n’ont pas de ceinture 5 elles sont simplement resserrées à la taille et ne sont pas traî-

nantes.

DES Xlir, XIV" ET XV" SIECLES.

MCCCC. — ]\° 24.

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