FRANCISCAIN
Après avoir donné dans le premier volume un des plus anciens et des plus authentiques costumes des Dominiquains , qu’on puisse désirer^ j’ai dû chercher celui d’un religieux d’un ordre dont le fondateur fût contemporain de St-Dominique. La rapidité avec laquelle se propagea l’ordre de St-François fût cause de quelques variations, soit dans l’habit, soit dans la règle, et de là prirent origine les nombreuses réformes qui ont répandu de l’obscurité sur le véritable costume des premiers franciscains. Les plus anciennes peintures où j’aie vu figurer le saint, sont à Assise : elles sont du XIII" siècle, et cependant il paraît que déjà, dès cette époque, le costume donnait lieu à des doutes et à des contestations. Celui que j’ai choisi est d’une époque un peu postérieure, car il est extrait d’un tableau de Simon Memmi, mais il est semblable à ceux que j’ai observés dans les fresques de Cimabue, de Giotto et des anciens peintres qui ont orné l’église de St-François, à Assise. Ce costume a d’ailleurs assez de rapports avec celui des basses classes du peuple , au XIII" siècle, pour qu’il soit permis de croire que si ce n’est pas celui qui fut adopté par le saint, il en diffère du moins très-peu.
J’ai extrait ce costume d’un précieux tableau de Simon Memmi, qui devait être gravé dans YEiruria Pittiice, où il est cité. Il fait aujourd’hui partie de la collection de M. Artaud , qui a su profiter d’un long séjour en Italie pour y rassembler laborieusement une collection complète des ouvrages de presque tous les peintres des XIV" et XV" siècles.
Le franciscain dont je donne ici le costume porte une tunique d’une étoffe d’un gris brun. Une corde blanche lui sert de ceinture.
J’ai trouvé des répétitions si fréquentes de ce costume religieux, si important dans l’histoire des XIII" et XIV" siècles, que leur seule nomenclature formerait ici un long catalogue de monumens de peinture ou de sculpture.
J’en citerai cependant quelques-uns, pour compléter ce que peut laisser à désirer celui auquel j’ai dû donner la préférence. Le monument de Bernabo Visconti, à Milan, présente dans ses bas-reliefs plusieurs figures de St-François, dont le costume est absolument semblable j la tunique seulement laisse entrevoir les pieds , qui sont nus , et dont la chaussure est formée pâr une sandale semblable à celles que portent encore aujourd’hui plusieurs ordres religieux.
Trois tableaux de la galerie de Brcsa m’ont offert des répétitions exactes de ce franciscain. Il y en a même un peint par Fra Carnevali, qui tient à la main une petite croix absolument semblable ; seulement elle paraît de cristal, et ornée de perles et de pierres précieuses. Dans presque toutes ces peintures, le St-François est représenté déchaussé.
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MCCC. — 26.
JEUNE ITALIEN
Ce costume militaire est encore extrait de l’un des tableaux de la collection de M. Artaud. Cette peinture est, sans nul doute, de ce même Vanni de Sienne, qui m’a fourni plusieurs des costumes du premier volume de ce recueil. Ce peintre est fort remarquable pour l’époque à laquelle il appartient, car ses compositions sont en général remplies d’allégories parfaites, essor que n’osaient guère se permettre les artistes ses contemporains, à moins que ce ne fussent des allégories religieuses.
Ce jeune Italien est coiffé d’un bonnet écarlate. La soubreveste est blanche et recouverte d’une cuirasse d’acier ornée déboutons dorés. Le collet du pourpoint est écarlate, avec un réseau noir, et laisse voir un peu de la chemise. Les manches sont de damas violet. La chausse droite est noire; la gauche est blanche avec une bande écarlate à la partie extérieure de la jambe. Le fourreau du poignard est rouge.
Le bonnet de ce jeune homme peut servir aussi à compléter le costume N® 5a du premier volume. Cette forme de bonnet était d’un usage assez général parmi les jeunes gens des XIV" et XV" siècles. Souvent un jeune gentilhomme portait ses chausses composées de pièces ou bandes des couleurs qui entraient dans ses armoiries ; souvent aussi les milices des villes portaient ainsi les couleurs du quartier auquel elles appartenaient.
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MCCC. - 27.
JEUNE ITALIENNE
J’ai encore emprunté ce costume au même tableau que le précédent. J’y ai remarqué beaucoup d’analogie avec les costumes français de cette époque.
Cette jeune Italienne est coiffée d’une espèce de turban violet, recouvert d’un riche réseau d’or. Ce turban ne pose que sur le sommet de la tête , et laisse voir les cheveux entortillés dans un lacet blanc, de la même manière que ceux de la jeune Française dont j’ai donné le costume au N® i5. Un petit filet noir lui passe sur le front.* La simarre est de tissu d’or, bordée d’hermine, et laisse voir la chemise autour du cou. Les manches de la simarre sont d’un tissu d’or, d’un autre travail 5 elles sont garnies d’hermine et doublées d’une étoffe d’un vert foncé. La ceinture de la simarre est enrichie de boutons dorés. La manche de dessous est de damas vert. La chaussure est rouge et les bas sont blancs.
Les peintures de Dominique de Bartoli, dans l’hôpital de Sienne, offrent divers costumes de femmes avec des coiffures presque semblables à celle-ci.
Les miniatures du manuscrit de Tite-Live de la bibliothèque ambroisienne à Milan auraient pu servir à expliquer cette manière d’entortiller les cheveux J mais les nombreux exemples que j’ai dû en donner dans plusieurs costumes, où ce genre de coiffure se trouve répété de manière à le bien concevoir, m’ont paru ne laisser rien à désirer.
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MCCCC. — IV" 28.
CHEFS DU TOÜHNOI.
J’ai donné au N" 24 le défi du tournoi; dans les miniatures suivantes du manuscrit du roi René on voit le roi-d’armes présentant d’abord au seigneur défié Tépée dont il a été chargé : il la tient par la pointe. Puis, celui-ci l’ayant acceptée, le roi-d’armes déroule devant lui un parchemin sur lequel sont figurées les armoiries des juges-diseurs. Ces deux miniatures n’offrent de diversité avec celles que j’ai déjà données que dans la pose des personnages ; mais les costumes y sont les mêmes, et j’ai dû éviter de tomber dans des répétitions inutiles.
Dans la miniature suivante, dont je donne ici une copie, sont représentés les deux chefs du tournoi, à cheval, armés et blasonnés, comme ils doivent l’être le jour du tournoi. Le seigneur défendant fait donner au roi-d’armes deux aunes de drap d’or ou de velours velouté, ou satin figuré cramoisi, sur lequel il a fait mettre l’effigie des deux chefs du tournoi, peinte sur une grande peau de parchemin. Le roi-d’armes met cette pièce d’étoffe en guise d’un manteau noué sur l’épaule droite, et prend congé du seigneur pour aller vers les juges-diseurs pour savoir s’ils veulent accepter cet office.
Le chevalier aux armoiries d’hermine a le casque orné d’une couronne d’or surmontée de deux cornes blanches mouchetées d’hermine, et d’une espèce de léopard jaunâtre. Les lambrequins sont verdâtres; l’armure est d’acier et les cercles du gorgerin sont dorés. Les courroies de l’armure et le pourpoint sont rouges. La soubreveste est d’hermine avec doublure bleue.
La selle est rouge, la bride est blanche, et la housse du cheval est d’hermine / ^
avec doublure bleue. La masse d’armes est en bois, avec la garde en acier, la poignée rouge et le pommeau doré. L’épée est en acier sans dorure ni ornemens.
L’autre chevalier a un casque d’acier surmonté d’une fleur de lys dorée,
et un borelet entortillé de jaune, de bleu et de rouge. Le lambrequin est blanc et terminé par une houppe en or. Les autres parties de l’armure sont en cuir bouilli garni de lames d’acier. La soubreveste et la housse du cheval sont à fond bleu semé de fleurs de lys d’or et traversées par une bande rouge. La doublure de la soubreveste est écarlate j celle de la housse est grise. La bride est bleue j la selle est noire et le chanfrein des deux chevaux est en acier.
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MCCC. — 29.