‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravésChapitre 21 sur 78 · DÉFI DU TOURNOI · texte numérisé non relu

DÉFI DU TOURNOI

Pour faire noblement un tournoi , dit le roi René j il faut être prince ,

haut-baron ou seigneur banneret. Celui qui donne un tournoi est nommé

appelant. Il doit premièrement faire sonder le prince auquel il veut faire

présenter l’épée , pour savoir si c’est son intention de l’accepter. Puis il

choisit le roi-d’armes de la contrée, ou en cas d’absence de celui-ci, quelque

héraut notable auquel il donne une épée rabattue , telle qu’on use dans les

tournois, en lui disant : «Roy d’armes tenez ceste espée et alez devers N. N. luy

dire de par moy, que pour sa vaillance et prud’hommie et grant chevalerie qui \

est en sa personne, je luy envoyé ceste espée en signifiance que je querelle et demande de frapper ung tournoy et behourdis d’armes contre luy, en la présence des dames et damoiselles, et de tous autres, au jour nommé et temps deû, et en lieu à ce faire idoine et convenable. Duquel tournoy luy offre pour juges-diseurs de huit chevaliers et escuyers les quatre : c’est à savoir tels pour chevalier, et tels pour escuyers, lesquels juges-diseurs assigneront le temps et le lieu , et feront faire et ordonner la place. »

Le seigneur appelant doit toujours élire la moitié des juges-diseurs du pays du seigneur défendant , et les autres de son pays ou d’ailleurs, à son plaisir, mais choisis parmi les plus sages et les plus connaisseurs en faits d’armes (*).

Dans la planche suivante, copiée d’une des miniatures du traité des tournois du roi René conservé à la bibliothqèue royale de Paris, le roid’armes, accompagné de deux hérauts , reçoit de son seigneur l’épée qu’il doit aller présenter au prince qu’il défie.

Le prince est coiffé d’un chaperon écarlate. Le pourpoint est de velours cramoisi ; la soubreveste e^t blanche , changeante en bleuâtre et tramée d’or : la doublure en est jaune. Les chausses sont- couleur de laque et les

M. S. de la main du roi René.

souliers noirs. L’épée est d’acier, sans ornemens ni dorures. Le dais est d’une étoffe bleue, enrichie d’une frange d’or, des armoiries du prince et d’une garniture de damas fond jaune. Le fauteuil est recouvert d’hermine.

Le gentilhomme qui tient le fourreau de l’épée porte un bonnet couleur de laque j le peu de pourpoint qu’on voit au collet est vert. La soubreveste est écarlate 5 les chausses grisâtres et les souliers noirs. Le chapeau est noir et orné d’une plume jaunâtre. Le fourreau de l’épée est noir avec une boucle d’acier. Le poignard est aussi en acier.

Le jeune gentilhomme à gauche du prince est coiffé d’un bonnet couleur de laque. La soubreveste est bleue avec un revers de velours cramoisi audessus du coude. Le pourpoint est jaune, la ceinture noire, les chausses couleur de laque, et le chapeau et les souliers sont noirs. L’autre figure qui s’appuie sur celle-ci porte un bonnet écarlate , un pourpoint bleu et une soubreveste couleur de laque avec doublure bleue. Les chausses sont couleur de plomb , et le chapeau et le poignard sont noirs.

Le roi-d’armes a une cotte d’armes d’hermine. La soubreveste est verte avec un filet d’or. Le pourpoint est couleur de laque et le bonnet écarlate. Il porte en outre de grandes bottes de cuir avec des éperons en fer. Les chausses sont couleur de laque. Le héraut de droite à sa suite a une soubreveste verdâtre, un pourpoint couleur de laque , des chausses rouges et des souliers noirs. L’autre héraut porte une soubreveste couleur de laque, un pourpoint noir, des chausses couleur de plomb, des souliers et un bonnet noirs.

Le sergent-d’armes porte un bonnet couleur de laque, une soubreveste écarlate, un pourpoint bleu, des chausses vertes , et des souliers et un chapeau noirs. La masse est d’acier garnie en or.

Toutes ces figures ont leurs chaussures terminées par ces longues pointes nommées poulaines , dont la mode se conserva pendant presque tout le XV® siècle.

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DES Xlir, XIV" ET XV" SIECLES.

MCCC. — W'’ 25.

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