NOBLES FLORENTINS
J’ai extrait ces deux nobles Florentins d’un tableau de Dello qui fait partie de la précieuse collection de monsieur-Artaud^ à Paris. Le peintre y a représenté un triomphe de Jules-César; mais il a, suivant l’usage de son temps, habillé les sénateurs romains en nobles Florentins , et j’ai profité de cet anachronisme, pour achever de préciser, avec le secours de ces deux figures, ce que pouvaient encore laisser à désirer les 5a et y5 du tome premier et les diverses modifications de ce costume.
Le chaperon y est encore mieux expliqué que dans les costumes précédens, et on y remarquera une forme de manches dont je n’avais pas encore eu occasion de donner d’exemple.
Le premier de ces jeunes Florentins est coiffé d’un chaperon écarlate. Le pourpoint est de velours noir. La soubreveste est écarlate , doublée et garnie d’une fourrure brune. La ceinture est noire , et les chausses sont écarlates.
Le second est coiffé d’un chaperon couleur de laque. La soubreveste est de la même étoffe que le chaperon, et garnie de petit-gris. Le pourpoint et les chausses sont écarlates.
On aura eu plus d’une fois occasion de remarquer que la couleur écarlate était particulièrement consacrée aux chevaliers et aux premiers magistrats. Les costumes suivans appartiennent au commencement du XV" siècle.
J’ai trouvé plusieurs répétitions de la forme de ces manches, soit dans les bas-reliefs qui décorent un tombeau, dans une des chapelles de l’église Saint-Ambroise, à Milan, soit dans plusieurs peintures et portraits de cette époque. L’église de Saint Eüstorge, à Milan, en offre plusieurs exemples.
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MCCCC, — IV“ 32.
COSTUME MILITAIRE
Ce costume est extrait d’un autre tableau précieux de l’école florentine ^ et Tun des plus remarquables de la collection de monsieur Artaud. Le sujet paraît en avoir été puisé dans l’un des triomphes de Pétrarque. Parmi les nombreux hommes- d’arm es qui y sont figurés, j’ai choisi celui que je donne dans la planche suivantej car, s’il paraît d’abord avoir beaucoup de rapports avec les 22 et 58 du premier volume, enverra aussi qu’il sert à compléter tout ee qu’ils laissent à désirer. Le casque est entièrement différent de ceux que j’ai donnés précédemment, et l’on y voit aussi de quelle manière ces chevaliers suspendaient leur épée à leur côté.
L’armure est entièrement d’acier ainsi que les parties de mailles qu’on en voit. Le casque’ est surmonté d’un cimier doré, et retenu par une courroie rouge. La soubreveste est écarlate, et garnie d’une fourrure brune. Les lacets de l’armure sont rougesj l’épée a la poignée d’acier et le fourreau noir j elle est suspendue par des courroies noires. La chaussure est rouge, et l’éperon d’acier. Les harnais sont d’un cuir blanchâtre, avec desornemens dorés.
Ce costume appartient à la fin du XIV® siècle et au commencement du XV®.
L’authenticité de ce costume m’a été confirmée par de nombreuses répétitions que j’ai remarquées, soit dans une antique chapelle de la cathédrale de Monza, soit dans les peintures qui ornent plusieurs églises de Padoue, soit enfin dans les monumens que la république de Venise avait érigés à quelques-uns de ses généraux.
MCCCC. y^/ 33.
MCCCC. — N” 55.