T O II II
ynccca. 3.
MCCCCe — 1\“3.
NOBLE ITALIENNE
J’ai extrait ce costume d’uiie noble italienne, des belles miniatures qui enrichissent la magnifique bible du duc d’Urbin, conservée aujourd’hui dans la bibliothèque du Vatican. Les peintres des XIV" et XV" siècles se mettaient fort peu en peine des anachronismes : s’ils avaient à traiter un sujet, quel que fût le siècle, quel que fût le peuple auquel il appartînt , ils y introduisaient les personnages de leur temps, avec leurs usages , leurs costumes , et les détails qui s’offraient journellement à leurs yeux. C’est après un long examen de ces bizarres compositions , devenues aujourd’hui si précieuses et si instructives, que j’ai acquis, ainsi que je l’ai déjà dit, la conviction que pendant deux siècles les costumes n’éprouvèrent pas de variations assez sensibles pour pouvoir leur assigner une classification chronologique. Le costume suivant en est une nouvelle preuve ; il figure dans une peinture exe'cutée \ers la fin du XV® siècle, et semble cependant composé d’après une description des usages et des vétemens des habitans de Plaisance, écrite par Jean Musso plus d’un siècle auparavant.
« A l’époque présente, dit l’historien, c’est-à-dire l’an de Christ MCCCLXXXVIII, les hommes et les femmes de Plaisance se livrent à des dépenses excessives pour leurs vétemens et leur nourriture , et pour toutes choses au-delà de ce qui est convenable ; car les femmes portent des simarres amples et longues, de velours de soie, de brocart, de tissus d’or et de soie, d’étoffes de laines écarlates ou violettes des plus précieuses.... Ces simarres ont des manches fort larges et tellement longues , qu’elles couvrent la moitié de la main, et souvent même arrivent jusqu’à terre. Elles sont fort larges près de l’épaule et terminées en pointes , à peu près comme les boucliers catalans, qui sont larges dans le haut et aigus et étroits dans le bas. Souvent
elles enrichissent leurs simarres de trois et même de cinq onces de perles , ou elles les ornent d’une large bordure d’or autour du cou , ainsi qu’à l’extrémité des manches et dans le bas de la robe de dessous. Elles portent de petits chaperons ou chapeaux ornés de broderies d’or et de perles, et se serrent la taille avec de belles ceintures mêlées d’or et de perles — * »
La noble italienne dont je donne ici le costume, est coiffée d’un chapeau de velom’S couleur de laque, dont la partie relevée est noire. Le bouton et les filets sont en or. La simarre est de soie couleur de laque, avec de larges manches ornées d’une broderie d’or et doublées d’une fourrure brune. La ceinture est couleur de laque , avec des ornemens en or. La manche de la robe de dessous est de velours bleu , et laisse voir la chemise.
Murator. Rer. Italie. Script, t. XVI, pag. 579.
ir.
MCCCC. - ]\» 4.