BERNABO VISCONTI
Bernabo ViscoNTi est un des plus cruels tyrans dont l’histoire ait consacre le souvenir pour servir à l’instruction des peuples. Ses querelles avec la cour de B.ome furent un fléau de plus pour ses sujets, sans qu’il leur en résultât un seul avantage. Les guerres qu’il entreprit ne furent que des boucheries inutiles. Il ajoutait aux mœurs barbares de son siècle toutes les crüautés d’un cœur féroce. La chasse était devenue en lui une passion si effrénée , qu’il entretenait une quantité prodigieuse de chiens , dont cinq mille étaient destinés à la seule chasse du sanglier. Ils étaient nourris par ses sujets , qui étaient soumis à des revues aussi rigoureuses que ridicules et accompagnées de lois cruelles. Il fit punir sévèrement un jeune homme dont la faute était d’avoir rêvé qu’il tuait un sanglier; et l’année suivante, l’an i385, il décréta que nul de ses principaux officiers ne pourrait recevoir de traitement s’il n’avait fait trancher la tête au moins à un malheureux, coupable d’avoir pris des perdrix (*).
Le tyran fut enfin la victime des embûches de Jean Galéas. Il fut d’abord renfermé, puis empoisonné dans le château de Trezzo, le 19 décembre i385.
Le costume suivant est extrait du monument qui lui fut élevé dans l’église de Saint-Jean in concâ , et qui a depuis été transporté à Brera.
Ce prince porte une espèce de diadème blanc et or. La cotte de mailles est en fer noir avec une bordure dorée dans le bas. L’armure est noire avec des ornemens en or. On y voit une devise en lettres d’or presque illisible , qui est répétée en plusieurs endroits, et jusque sur les harnais du cheval. La soubreveste est blanche , brodée en or et ornée devant et derrière de la
(*) Storia di Milano del Conte Verri. Cap. XIII.