‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravésChapitre 66 sur 78 · ÉGLISE DE SAINT-AMBROISE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE SAINT-AMBROISE

La cour, entourée de portiques, qui précède l’église de Saint- Ambroise à Milan, a été édifiée dans le IX® siècle par l’archevêque Anspert.

Cette église est si remarquable par son antiquité et le caractère de son architecture , que j’ai cru extrêmement important de donner ici une vue intérieure de la cour et du portique qui la précède. Il y avait autrefois dans le centre de cette cour un puits, auprès duquel était une vaste urne de porphyre que l’archevêque de Milan était obligé de faire remplir de vin le jour de la fête de l’ordination de Saint- Ambroise.

Les murailles de cet édifice sont ornées d’inscriptions antiques et de fragmens curieux d’architecture.

Les chapiteaux des colonnes et des pilastres sont surchargés de détails aussi rem^quables que bizarres. Le père Allegranza, dominicain, qui a écrit plusieurs dissertations sur quelques monumens anciens de Milan, s’efforce d’en déduire un système qui transformerait les façades et les détails d’architecture des églises' gothiques en compositions symboliques, dont l’interprétation deviendrait tout aussi difficile que celle des hiéroglyphes égyptiens.

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MCCCC. — N- 98.

JEUNE MILANAISE

Cette jeune fille a été extraite des peintures à fresque qui décorent une chapelle de la cathédrale de Monza, et dans lesquelles le peintre a représenté les faits principaux de l’histoire de la reine Théodelinde. Ces peintures sont du milieu du XV® siècle , et ont tellement souffert , qu’une partie est devenue presque inintelligible. Cependant quoiqu’elles offrent une collection presque complète des costumes de cette époque, elles ne m’ont en général servi qu’à garantir encore l’authenticité de ceux que j’ai déjà donnés , et à confirmer l’analogie qui régnait dans les costumes des diverses parties de l’Italie.

Cette jeune fille fait partie d’un groupe de femmes qui entourent la reine Théodelinde. Elle a suspendu sa lecture pour écouter la princesse. Cette peinture, les miniatures du Tite-Live de la bibliothèque Ambroisienne et beaucoup d’autres monumens, prouvent que l’ameublement des appartemens était cause que les femmes, dans l’intérieur des maisons, s’asséyaient par terre. Cet usage est fréquemment indiqué dans les nouvelles de Bocace.

Une Sainte Vierge, de Carlo Crivelli, dans la galerie de Bréra à Milan, a une coiffure à peu près semblable à celle de cette jeune fille. Elle se compose d’un petit voile jaunâtre qui forme des anneaux sur le front et sur les côtés, et qui retombe sur le cou. La robe est de couleur de laque avec les manches doublées et garnies d’hermine. La ceinture est verte. Ce costume a beaucoup d’analogie avec ceux qu’on voit dans les anciennes peintures du palais Borromée à Milan.

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