‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravésChapitre 67 sur 78 · COURONNEMENT DE G. VISCONTI · texte numérisé non relu

COURONNEMENT DE G. VISCONTI

Galéas Visconti, connu en France sous le nom de comte de Vertu ^ après avoir réuni sous sa domination tout le duché de Milan, en acheta l’investiturc de l’empereur Vencesl as, pour le prix de 100,000 florins d’or. Le missel que l’on conser^ve dans les archives de l’église de Saint-Ambroise à Milan, et auquel j’âi déjà emprunté len® 5o, est enrichi de miniatures très curieuses qui accompagnent la relation de cette cérémonie écrite par G. Azzanelli. On y retrouve un tableau , si vrai des mœurs et des costumes du XIV® siècle, que j’ai cru ne pouvoir ‘mieux terminer ce recueil, qu’en donnant ces peintures dont le fini et les détails ne laissent rien à désirer. Le récit que je reproduis servira également à expliquer les usages de cette époque.

« Le nouveau Duc sortit du château accompagné de plusieurs seigneurs de sa famille , d’une foule de grands personnages de diverses nations et des ambassadeurs des principales villes d’Italie. Ils étaient précédés d’un très grand nombre de musiciens qui exécutaient avec divers instrumens les plus agréables symphonies. Le cortège se rendit dans cet ordre à Saint-Ambroise, où l’on avait dressé sur la place un grand échafaud carré entouré d’une barrière circulaire , et recouvert dans le bas et jusque sur les degrés même d’une riche étoffe écarlate. Le dessus était garni de brocart d’or. C’est sous ce dais magnifique que le lieutenant impérial attendait le nouveau Duc pour lui donner l’investiture de ses états. Sur la gauche, cinq cents cavaliers étaient rangés en bataille sous les ordres de Paul Savelli et de Hugues Biancavdo. Lorsque Jean Galéas arriva, le lieutenant impérial lui fit un

tCOSTUMES

accueil plein de respect, et le plaça dans le lieu le plus élevé en le faisant asseoir à sa gauche. Les prélats , les seigneurs et les ambassadeurs prirent également place sur le même échafaud. A droite, un chevalier bohémien tenait la bannière impériale , tandis qu’à la gauche Othon de Mandello portait la bannière du duc aux armes des Visconti.

« Lorsque tout le monde eut pris place et que le calme fut rétabli, Jean Galéas se leva et fut se mettre à genoux devant le plénipotentiaire impérial , entre les mains duquel il prêta serment. Alors ce seigneur le revêtit du manteau ducal , et après lui avoir présenté la main pour le relever et lui aider à s’asseoir sur le trône, il lui posa sur la tête la couronne des ducs , toute enrichie de pierres précieuses évaluées à la somme de 200,000 florins.

Les hymnes religieux chantés par les prélats et les évêques , un panégyrique prononcé par l’évêque de TVovare , et tout ce que l’adulation put imaginer pour flatter l’amour propre du nouveau duc, terminèrent cette brillante cérémonie. Galéas Visconti monta ensuite à cheval avec le lieutenant impérial et traversa la ville avec cette pompe et sa noble escorte pour se rendre au palais vieux. Le dais sous lequel il marchait était porté par huit chevaliers et autant d’écuyers. »

DES Xlir, XIV' ET XV' SIÈCLES.

MCCC. — N' 100.

COURONNEMENT DE G. YISCONTE

Cette seconde miniature, extraite du même missel que la précédente, offre la suite de la cérémonie du couronnement de Galéas Visconti.

Le trône et le baldaquin sont recouverts d’une étoffe écarlate brodée en or. Le lieutenant impérial porte un manteau écarlate doublé d’hermine et orné de broderies d’or. Sa chaussure est dorée. Il pose sur la tête du duc le bonnet ducal , qui est rouge, avec une couronne d’or enrichie de pierres précieuses. Le manteau est écarlate avec doublure et garniture d’hermine.

Du côté de la bannière impériale on voit d’abord un écrivain assis sur un ' tabouret blanc. Ses chausses sont rouges et la soubreveste couleur de minium. Celui qui lui parle est vêtu d’écarlate garnie d’hermine. Le jeune homme qui est derrière est vêtu de bleu garni d’hermine, et le troisième l’est d’écarlate. Le chevalier qui tient la bannière a une soubreveste de brocart à fleurs rouges, doublée et garnie d’hermine. Les chausses sont rouges. Enfin la figure placée derrière le trône porte une soubreveste bleue et des chausses verdâtres.

De l’autre côté, le premier a la soubreveste verte et les chausses rouges. Celui qui tient labannière ducale est entièrement vêtu d’écarlate garnie d’hermine. L’autre ensuite, vers le trône, porte une soubreveste verte avec des chausses rougeâtres. Le chevalier qui tient l’épée est vêtu d’écarlate avec des broderies noires sur lesquelles il paraît qu’il y avait des devises. La soubreveste est doublée et garnie d’hermine. Le jeune homme placé derrière lui a la soubreveste blanche , la ceinture noire, une chausse bleue et l’autje blanche. Le suivant est vêtu d’écarlate, et enfin le dernier l’est de bleu avec

des chausses jaunes. L’autel et les figures qui l’entourent se détachent sur un fond vert brodé en or avec des fleurs rouges. Le devant de l’autel est doré et enrichi de pierres précieuses. La croix, le calice et les chandeliers sont en or. Les coussins sont violets.

L’évêque a la chasuble bleue avec des fleurs en or et le collet noir brodé en or. La mitre est blanche et enrichie de pierres précieuses. Près de l’autel est également un noble Milanais vêtu d’une soubreveste écarlate garnie d’hermine. Le capuchon et les manches de dessous sont verts , et les chausses sont rougeâtres.

Page 1