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CHAPITRE IV

ARMEE DES CANARIES. — Infanterie. — Artillerie.

L'armée des Canaries est constituée de la manière suivante :

1. IxFAXTERiE. — 1° Le ])ataillun de chasseurs de Ténériffc, comprenant quatre compagnies. Effectif: 23 officiers, -400 hommes;

2° Le bataillon de chasseurs de Cran Canarie, comprenant quatre compagnies. Effectif: .21 officiers, 365 hommes;

3" Six bataillons de réserve. Effectif: 23 otliciers, 360 hommes.

4° Les gardes provinciales. Effectif: 5 officiers, 110 hommes.

5" Enfin, un certain nombre de corps territoriaux de dépôt.

IL Artillerie. — L'artillerie espagnole stationnée aux îles Canaries comprend un Ijataillon de quatre compagnies, dénommé Bataillon des Canaries. Effectif: 20 officiers, 210 artilleurs.

L'armée des Canaries est chargée de fournir les garnisons des Presidios, possessions de l'Espagne sur la côte marocaine, ainsi que celles de l'île Fernando-Po dans le golfe de Guinée.

L'armée espagnole compte également des troupes dites iVinfa7iterie de marine; mais ces troupes n'ont point, comme l'infanterie de marine française, la mission de fournir les garnisons coloniales mais simplement celle de constituer, h bord des vaisseaux de guerre, des corps d'infanterie et d'artillerie navale, et des compagnies do débarquement.

ILES DU CAP-VERT

CÔTE OCCIDENTAM; DAKIUyUK.

ILES DU CAP-VERT

Aspect général. — Climat. — Port de Saint-Vincent. — Cimetière français. — La Praya. — Des Tornades. — Description d'une tornade sur la côte du Sénégal. — Une tempête sur les côtes occidentales d'Afrique. — Armée.

Aspect général. — A 500 kilomètres à l'ouest de la pointe occidentale de l'Afrique (la presqu'île du Cap-Vert), se tiouve un groupe d'îles auquel on a donné le nom d'îles du Cap-Vert. Ces îles furent découvertes dans l'année 1450 : elles appartiennent aux Portugais.

L'archipel comprend dix grandes îles qui ont une superficie totale de 400 kilomètres carrés.

Ces îles sont : Saint-Antoine, Saint- Vincent, Sainte-Lucie, Saint- Nicolas, Sel, Bona-Vista, Mano, Santiago, Fogo et Brava. Le sol de ces îles, comme celui des Canaries, est une production volcanique; la surface est en général montueuse, ravinée; aride dans les parties élevées, elle est couverte, dans le fond des ravins et dans quelques vallées, d'une végétation luxuriante.

Climat. — Le climat des îles du Cap-Vert comporte, comme celui du continent voisin, une saison sèche et une saison d'hiver-

nacre.

Pendant la saison sèche, le climat y est humide et hrùlant; des

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nuées formées par des quantités innombrables de sauterelles, poussées par les vents d'est, s'abattent quelquefois sur ces îles et en ravagent les cultures. Ces mêmes vents d'est entraînent souvent du continent et portent jusque sur ces îles de véritables nuages de poussière ténue, presque impalj)able, provenant des tourbillons de sable qu'ils soulèvent dans la traversée des déserts.

D'autre part, la saison des pluies — dans l'île de Santiago notamment — y est très malsaine; c'est l'époque des fièvres pernicieuses et bilieuses.

Les côtes de ces îles sont très poissonneuses : la grande tortue franche, qui pèse jusqu'à 250 kilogrammes, y est commune; on y trouve des baleines et de nombreux cachalots.

Lorsqu'on les découvrit, ces îles étaient, dit-on, désertes; leur peuplement s'est effectué par quelques Portugais et principalement par des esclaves importés du continent africain. Vers 1857, la liberté fut donnée à ces derniers.

La population de ces îles est aujourd'hui de 100,000 âmes environ; elle se compose de ces affranchis, et d'une race produite par le mélange de l'élément africain avec l'élément portugais.

Un grand nombre d'hommes et de femmes de cette race ont les traits réguliers de l'Européen, le nez droit et saillant; on en trouve parmi ces dernières qui ont la physionomie agréable et qui sont très belles de formes. Un joli costume en étoffe légère, complété par un coquet tablier de mousseline, ajoute encore un certain charme à leur beauté.

A côté de ces familles de métis, on rencontre encore dans quelques-unes des îles du Cap-Vert, des familles dont les membres présentent le caractère du type nègre de la côte des rivières du sud du Sénégal, dans toute sa pureté, c'est-à-dire dans toute sa laideur.

Les îles du Cap-Vert possèdent deux ports remarquables : le port de Saint- Vincent et le port de la Praya.

PoiiT DE Saint- Vincent. — Le port de Saint-Vincent est le meilleur des deux : il est situé dans la partie nord de l'île du même nom, dans une belle rade qui offre un excellent abri en toute saison.

Un petit village d'aspect misérable (Mindello, appelé aussi Porto-Grande), s'élève au fond de la rade.

Un très grand nombre de vapeurs de toutes nations viennent toucher à Saint-Vincent pour y renouveler leur approvisionnement de charbon. C'est sur ce point que se trouve concentré presque en

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entier le commerce international de l'archipel, commerce qui acquiert chaque année une importance de plus en plus grande.

La rade de Saint-Vincent est, de même, souvent visitée par les navires de guerre français de la station de l'Atlantique qui vont y prendre des vivres frais ou y faire des relâches de quelque durée pour donner du repos à leurs équipages.

Cimetière Français . — Au fond de la rade de Saint- Vincent, non loin de la plage, un emplacement a été affecté à la sépulture des marins qui meurent dans ces relâches.

Rien n'est triste comme l'aspect de ce champ de repos, comme la vue de ces tombes construites avec des pierres qui ont la blancheur éclatante du suaire et qui se dressent sur cette terre morne, aride, sans arbre, sans verdure, dans une solitude qui étreint l'âme d'une poignante émotion.

De cet emplacement, on distingue les montagnes volcaniques, aux flancs incultes, de l'Ile Saint- A^incent, qui atteignent prés de 1,000 métrés d'altitude et se détachent comme une masse noirâtre, sur l'horizon.

Le deuxième port du l'archipel du Cap-Vert est celui de la Praya, dans l'île de Santiago, la plus peuplée et la mieux cultivée de l'archipel, et qui est remarquable par un pic de 1,800 mètres de hauteur.

La Praya. — La ville de la Praya s'élève au fond d'une baie assez profonde et assez bien fermée càtous les vents. Les terres de la baie sont hautes et abruptes. La ville aligne ses maisons basses, formant des rues irrégulières, au sommet d'un plateau dont les abords sont des roches dénudées, falaises presque à pic de .200 mètres de hauteur. L'église et le logement du gouverneur général se dressent au bord même du plateau. Des sentiers taillés dans le roc mènent de la plage à la ville.

La Praya est le chef-lieu des îles du Cap-Vert.

Le port de la Praya, comme celui de Saint-Vincent, possède de beaux appontements pour faciliter le chargement et le déchargement des navires; une flottille do remorqueurs, de grands vapeurs

Fig. 2t)l. - Types d'indigc'iies lics iles du Cap-Vorl. (D'après une photographie de M. le lieutenant de vaisseau Tostot-Fcrry.)

CÔTE OCCIDENTALE D'AiniQUE.

sillonne la rade dans tous les sens et atteste son importance commerciale.

Quant au reste de l'île de Santiago, il est bien cultivé; cette île est l'une des plus fertiles, mais aussi des plus insalubres de l'ar- -^ chipel.

Au nombre des autres îles les plus importantes de l'archipel, nous citerons celles de Saint-Antoine, de Fogo et de Brava.

L'île de Saint-Antoine, qui n'est séparée de l'île de Saint-Vincent i que par un canal de quelques milles, est très accidentée ; elle réunit plusieurs températures, suivant l'exposition, ce qui la rend propre à donner à la fois les productions d'Europe et celles des tropiques.

L'île de Fogo, la plus haute do l'archipel, a la forme d'un cône tronqué de 2,977 mètres de hauteur. Les côtes, partout formées par des falaises, sont élevées et abruptes. Au sommet de ces falaises s'élève la petite ville de Notre-Dame-de-la-Luz. Fogo possède un volcan qui était encore en activité au commencement du siècle.

A l'ouest de Fogo, dont elle n'est séparée que par un canal de quelques kilomètres, se trouve l'Ile de Brava. Cette île est extrêmement montueuse et hérissée d'une infinité de pics. Ses côtes sont également abruptes et formées par des falaises.

Brava présente la situation la plus agréable et le climat le plus sain des îles de l'archipel. Elle est couverte de verdure dans les vallées.

Le chef-lieu de Brava est le bourg Saint-Jean-Baptiste. C'est un lieu de plaisance et en même temps un sanitorium pour les habitants de l'archipel.

Des Tornades. — Pendant les mois d'août et de septembre, il est rare que l'on atterrisse aux îles du Cap- Vert, sans avoir éprouvé quelque tornade.

Les tornades sont des bourrasques de courte durée et des orages particuliers à la côte occidentale de l'Afrique du Nord, pendant la saison pluvieuse. Ces grains ont pris leur nom des variations subites du vent pendant leur durée. Ils s'annoncent longtemps à Tavance

ILES DU CAP-VERT

par des nuages d'une teinte blafarde ou cuivrée le jour, excessivement noire la nuit, nuages qui s'amoncellent sur un point de l'horizon, marchant d'ordinaire contre le vent. Des phénomènes électriques les signalent presque toujours, et peu à peu on voit faiblir, puis tomber la brise régnante.

Fij,'. 29-2. — Indigènes du Cap-Vert.

Le navigateur doit alors avoir pris toutes ses précautions pour résister à la bourrasque.

Les nuages sombres et noirs s'étendent rapidement à l'horizon, puis s'élèvent lentement, en dessinant un immense arc de cercle net et régulier sillonné à chaque instant par la foudre. Onolqnes

secondes de calme ont lieu, puis arrive tout à coup une brise violente qui chasse avec rapidité l'orage devant elle.

Celui-ci éclate alors dans toute sa fureur.

Sur le continent africain, les tornades se forment de la même

Fig. 293. — Femmes indigènes des îles du Cap-Vert. (D'après une photographie de M. Tuault, aspirant de marine. 1

manière que sur mer et éclatent avec une violence non moins irrande.

Description d'une tornade sur la côte du Sénég.^l. — « Ces tornades sont des ouragans caractérisés par un vent d'une violence inouïe, suivi de la chute de véritables trombes d'eau.

« Du fond de l'horizon monte, d'abord lentement, dans le ciel pur, un arc immense, rigide, de couleur foncée, presque noir! Soudain, la masse sombre s'ébranle, envahit tout le ciel; elle passe

ILES DU CAP-VERT

sur la terre avec une rapidité foudroyante, courbant les plus gros

arbres comme de faibles roseaux, arrachant et projetant au loin avec fracas, dans un tumulte désordonné, broussailles, arbustes, des

toits entiers de cases! En même temps, les éclairs sillonnent la nue dans tous les sens; le tonnerre gronde, éclate sans cesse, sans interruption! L'eau tombe à torrents.

« Puis le ciel reprend sa sérénité; le soleil reparaît radieux et fait briller, comme autant d§ diamants, les gouttelettes d'eau retenues à l'extrémité de chaque brin d'herbe !

c( Il n'est pas rare que plusieurs tornades se succèdent ainsi dans la même journée, à quelques heures d'intervalle.

« Si une colonne est surprise par l'une d'elles, elle doit suspendre sa marche, car les marigots, devenus des torrents impétueux, charriant de gros troncs d'arbres, lui barrent la route. En outre, autour d'elle, comme par enchantement, se sont formés de vastes étangs. Sur le terrain détrempé, boueux, les hommes n'avancent plus qu'avec peine; les animaux, épouvantés, glissent, s'abattent à chaque pas !

« En semblable circonstance, l'indigène prend philosophiquement son parti; à l'approche de la bourrasque, il s'est mis à nu et s'est empressé de renfermer ses vêtements dans sa peau de bouc; puis, accroupi sur le sol, il attend patiemment que la tornade ait achevé son œuvre de désolation. Pour l'Européen, la tornade est une cause nouvelle, jointe à tant d'autres que nous avons déjà mentionnées, de fièvres et de maladies. Mais c'est le cœur joyeux qu'il supporte cette épreuve ; n'est-ce pas le prélude de la crue du Sénégal, c'est-à-dire, pour la plupart d'entre eux, l'heure du retour, de la délivrance. »

Les navires qui fréquentent les parages des îles du Cap-Vert y éprouvent également, parfois, de véritables tempêtes. Nous détachons de l'ouvrage Le Dahomey, de M. l'abbé Laffîtte, la description ci-après de l'une de ces tempêtes.

Une tempête sur les côtes occidentales d'Afrique. — La tempête était dans toute sa force. Le vent qui souiflait avec violence, bouleversait la mer jusque dans ses profondeurs et la soulevait en vagues puissantes; pressées les unes sur les autres, les vagues se combattaient avec furie; elles se brisaient, se reformaient pour se briser encore; au lieu de s'affaiblir dans cette lutte terrible, elles semblaient y puiser une nouvelle vigueur.

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Le ciel et la mer étaient dans une obscurité complète, traversée de temps à autre par la clarté livide d'un éclair. A cette clarté subite, les matelots qui amenaient les dernières voiles ressemblaient à des êtres fantastiques.

U Ethiopie, allégée de sa voilure, plongeait dans les flots et se relevait tour à tour; elle brisait les vagues et les dispersait au loin en des milliers d'étincelles phosphorescentes. Au bruit de la foudre dans les airs, au bruit de la mer se mêlait, par intervalles, la voix du capitaine qui commandait la manœuvre.

C'est dans ces moments là que l'homme de mer se montre dans toute son énergie.

On le dirait pétri d'une autre argile que le reste des hommes; il joue avec les orages ; ki tourmente semble son élément naturel, il est à l'aise, il jouit; vous osez à peine vous tenir sur le pont et lui, grimpe dans la mâture, se suspend aux cordages, va d'un point à un autre comme s'il venait d'accomplir l'œuvre la plus simple du monde.

La tempête dura toute la nuit, mais depuis trois heures elle allait toujours en décroissant. A sept heures, plus de trace de la tourmente, le navire avait repris son allure habituelle.

Armée. — La garnison des îles du Cap-Vert est constituée par un bataillon de chasseurs portugais dont l'effectif est de 20 officiers, 506 hommes de troupe, et auquel sont adjoints des détachements d'artillerie, du génie, et une section d'infirmiers.

Ce bataillon de chasseurs fournit sur cet effectif un détachement à Bissao et aux lies de Bissagos, possessions portugaises qui sont enclavées dans les dépendances de nos établissements du sud de la Sénégambie.

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Avant-propos i

COTE OCCIDENTALE D'AFRIQUE. — Aspect général

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