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— Mais qu'avez-vous done fait, monsieur l'ablé, Quel. que querelle avec votre évêque, j'imagine.
— Ah! sire! si ce n’était que cela!
—C'omment ! que cela ?
—$Sire ! il ne s’agit pas de ce que j'ai fait, mais de ce
qui m'arrive,
—Relevez-vous, l'abbé!
Bernis obéit.
“Que Votre Majesté me nardonne!
— Mais, qu'est-il done arrivé ?
—Ah! sire! Ce qui m'est arrivé est la chose du monde la plus affreuse, Ma vie est entre les mains de Votre Majesté !
—Encore une fois, expliquez-vous, monsieur l'abbé, j'écoute.
—Sire! c'est tout une histoire. Hier, pendant la promenade de Votre Majesté dans la forêt, j'étais demeuré au château...
—Pour ne pas vous livrer à une existence mondaine, monsieur l'abbé ?
— Oui, sire, et puis pour veiller à la confection parfaite de ce mets délicat à l'inauguration d'.quel j'ai en l'insigne honneur de travailler avee Votre Majesté.
—C’est vrai, dit Louis XV, qui, à Choisy et à Trias non, avait pris l'habitude de faire souvent la euisine de ses mains royales.
—J'étais done plongé dans des méditetions essentielles gastronomiques, repris Bernis, lorsqu'un courrier m'apporta une lettre. Cette lettre etait d’un mien( oncle, l’abbé des Rosniers de Saint-Ange, chanoine doy. en du chapitre noble de Bruxelles en Brabant. [Il m'an+ nonçait son arrivée à Paris pour le jour méme, en mA disant de venir à sa rencontre à la barrière Saint-Martin, Cet oncle est puissamment riche, et bien qu’il n'ait jamais été généreux pour son pauvre neveu (je le
confesse pour lui), je crus de mon devoir d'aller lui présenter mes hommages.
—-J'usqu'ici, dit le roi, je vois avec plaisir, monsieur l'abbé, qu'il n'y a rien d’effrayant dans votre histoire.
— Hélas! sire! je ne suis pas au bout,
—Continuez!
—Je pars donc pour Paris, ot, à peine arrivé, je me fais conduire à la barrière Saint-Martin. Je m'installe et j'attends dans une auberge placée en face de la barricre, Les heures s'écoulent, mon oncle pe vient pas. La nuit descend, personne. J'interroge les habitants. Aucun d'eux n'avait vu entrer dans Paris un chanoine dans son carrosse, Tous m'affirmaient même qu'ils n'avaient pas vu passer l'ombre d'un Personnage ress? 1:-
* blant au portrait que je traçai de mon digne et saint parent. Je pensai alors qu'il avait éprouvé quelque retard dans son voyage, et qu'il n'entrerait à Paris que le lendemain.
—SNagement raisonné,” dit Louis XV en livrant «a tête au valet de chambre coiffeur qui venait d'être introduit.
Le roi était enveloppé dans un grand peignoir tout garni de dentelles, Le coi‘feur présenta au roi le coret en forme de masque destiné à l'abriter contre la poudre,
"Et votre fille, Dagé, comment va-t-elle? demanda Louis XV en se cachant à demi le visage.
—Mieux, sire! beaucoup mieux, répondit le célèbre coiffeur.
— C'est ce que Quesnay m'avait dit. Vous lui direz que je m'intéresse fort à elle, Dagé. Grand elle pourra supporter la voiture, qu'elle aille voi. la reine et les princesses,
— Ah! aire! dit le coiffeur avec émotion, vous voulez done que Sabine guérisse deux fois plus vite !”
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