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Dans le hit dont les draps portaient des en preint sanglantes, était étendue Shift Dage, la file du coiffer, la jeune fille que Tavanne avait roiovée Là m 1 précédente sur la neige, en face le Phôte
Eile avait toujours le » sage affreusement pale, les
| Soul ist.
Jeux fermés, les traits tirés et la respiration à peine sensible, On eût dit une agonisante
Près d'elle, dans un fauteuil, était assise une autre leune fille, le visage baigné de lumnes et paraissant en
proie à la louleur à plus vive,
fl \e pied dn lit, del bout, les mains posées sur là tra sée, se tenait un jeune homme di vInM-Cinq ans, très bien pris dans sa taille, à l'aspect noble, martial et Vi= ÉOUTEUX. au visage empreint d'une triple expression
verse du meuble, les regards rivés sur la pauvre bles.
de franchise, de bonté et à intelligence, 'XPTESSION (je vollaient jes nuages d'un « chagrin profond
Debout devant Ja commode, et S'occupant à préparer un breuvage pour la pauvre blessée, était une ferme de riche taille et très ‘kgsrame ‘nt vêtue, Un moroir, accroché au-dessus du meuble et placé en face d'elle reflétait le gracieux at spiritue! visage de Mlle Ounault,
Deux filles de service se tenaient à l'extrémité de chambre, paraissant att tendre des ordres
S'arrêtant sur Je seuil de ln porte, le nouveau Yenu parcourut des veux la chambre, Son régard s'arrôta sur le lit, et son visaze devint d'un Pâleur extréina,
Quelque faible qu'il eñt été, le bruit de Ja porte, en
s'ouvrant et en tournant sur ses gondls, avait fait retour.
tt
ner la fête à la jeune fille assise dans le fautenil,
Elle tresaillit et ge leva vivement :
‘Mon frère, dit-elle en Courant vers l’homme av manteau qui demeurait immobile Ah! vous voilA
Le Jeune home AUss] s'étaul Tourne et 1} St un Pas en avant.
Le Bouvrean Vuu s'AVanca ln emept : 1l salua triste
ment Mia Quinauit, puis s'apnrochant du lit, il de.
iieura | ts pendants et les mains jointes dans ja Position d'un homme one 1 douleur accablé Il poussa un profond soupir “ Mais c'est don: Vrai? dit-il Ou, Gilbert, c’est “ai! dit le jenne homme en FOUAIE ristement In tôte. Ma pauvre frappée cette nuit!
soeur a été
Et qui a pu commettre un pareil crime, reprit Gilbert, dont les JEUX ctincelérent soudain et dont la l'iysionomie pril une expression ange. Qui à pu frapper Sabine 2
—Les bandits, sune doute, QUI dévolent Paris, ”
L'homme EXANENAÎL encor Sabine avec une atten-
UOn profonde, [: une fille S'étaii rapproché de Jui Mon frère! di." à En se jetant dans ses bras, Je
suis bien malheureuse ! |
Du courage, Nicette ‘du courage! reprit Gilbert. Il ne faut pas désespérer! ”
Et, se dégageant doucement des bras de ls jeune fille, l prit le Jeune homme par la main et l'entraîna ver
“ Roiand! tal, avec un accent décisif, te dontes-tu Ges causes de ce crime ?
Non. ri ponbt Roland.
—Tu ne soupennes Personne de lavoir cuminis ?
cPeISonne, absolument!
-Parle sane crinte, sans hésiter ‘aut tont dire! 1j faut que Je sache tour, »
Puis, apres un moment de silences :
‘Rojand. reprit-il, fu sais que j'aime Sabine autant
que fu ùü lea Nicette LU Gols Comprendre ve qu'en ce
moment j'éprouve de d üleur, d'in quiétude et de déeir
de vengeance ! ?
Roland étreignit les maine de Gilbert:
“Oh! dital, je sens ce que tu sens!
—Eh bien! réponds sans hésiter, romme Je ic le de- Mandais: Sabine avait-elle inspiré à quelqu'autre un
amour semblable à eclai que j'éprouve ?
Guilbert regardait fixemient ‘2 and
“Non! répondit celui-ci saus hésiter.
— Fu en es sûr?
— Aussi certain que tu peux l'être, toi, que Nicetti n'en aime pas un autre.
Gilbert secoua la tête:
“ Comment expliquer ce crime?” murinura-t-il.
Un roulement de voiture retentit dans la rue: ri eut un mouvement parmi la foule.
* Un carrosse qui S'artûte devant la maison: dit une ‘des servantes.
—4{'est Dagé qui revient! dit Gilbert.
—Non, dit Mlle Quinauit qui s'était approché de la fenêtre et qui regardait au dehors. C’est le duc de Richelieu.
—[5t M. Fevdeau de Marvilie lajouta Roland
—-Le lieutenant d police! dit Gilbert.
— Et deux autre personnes, dit Nicette
-Le docteur Quesnar et le vicomte d. Tavanne! -Mon Dieu! que viennent-ils faire dit Nicette ave une inquiétude douloureuse,
Ah une autre voiture? s'écria à lin oix Roland. C'est mon pére !
—-Pauvre Dagé! dit Mile Quinault en retournant vers lo lit, comme il doit avair du chagrin!”
L'arrivée successise des deux voitures, la venne du
due de Richelieu, du heutenant de poilce, avaient vive-
ment impressionné la foule Œut se DT seait niv ahords
de Ja maison.
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(EEE pis un lea : Dee (OUEST dat le poids des personnages qu
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MOUvement: elle nou rait de lescaliar Craquor sous ‘ait de vénétrer dans la
LA LETHARGIE
Un homme, le visage pâle, les traits bouleversés, les vêtements en désordre, se précipita dans la pièce d’un pas chancelant.
“Ma fille... dit-il d’une voix entrecoupée : mon enfant...
—Mon père! dit Roland en s’élancant vers Dagé, prenez garde!
—-Sabine!...”
Et il s’avança vers le lit.
En ce moment le duc de Richelieu, le lieutenant de police et le docteur Quesnay entrèrent dans la chambre. Mlle Quinault alla au devant d’eux.
Dagé était penché sur le lit de Sabine. I] avait pris la main de la jeune fille qu’il pressait dans les siennes. Ses yeux pleins de larmes fixaient leurs regards sur le visage pâle et sans expression de la malade.
Sabine sembliit être sous l'empire d’une prostration complète. Ses veux étaient à demi ouverts, mais sans regard. Son immobilité était absolue; sa respiration s’entendait à peine.
“Mon Dieu! murmura Dagé, dont l'émotion prenait des proportions effrayantes: mon Dieu! maïs elle ne me voit pas, mais elle ne m’entend pas ! ”
Et se penchant plus encore vers elle :
* Sabine! dit-il; ma fille... mon enfant... n’entende-tu pas ion père ! Sabine, regarde-moi! Sabine! Sabine!.,
Le docteur qui s'était approché, passa sa nain sur l'épaule de Dagé et l'écarta doucement,
“ Docteur! .. Inurmura le coiffeur de Ja cour,
—laissez-moi faire et éloignez-vous! dit Quesnay à VOIX basse, Si le sentiment de Ja Connaissance lui revenait, la moindre émotion pourrait Jui être fatale,
—Cependant, Pr
— Passez dans l’autre pièce. Remettez-vous et lais- Séz-moi faire! ”
Et s'adressant à Roland et à Nicette :
” Emmenez-Je, dit le docteur.
— Venez, mon père, dit Roland.
—Dans Cinq Minutes vous rentrerez, ? ajouta Quesnay.
Nicette prit Je bras du coiffeur.
“ Venez, venez, dit-elle. La vie de Sabine dépend du docteur : obéissons-lui.
Mais ,mon Dieu! s'écria Dagé entraîné par Nicette ef par Roland, qu'est-il donc arrivé 2
Tous trois sortirent suivi des deux servantes, auxquelles le docteur avait adressé un geste,
Mlle Quinault était nrès du lit. Gilbert debout dans l'embrasure de la 1 iûtre Ja plus éloignée du lit, et à demi caché derrière Je rideau retombant, n’avait pas Cté remarqué par le docteur.
Le lieutenant de police et le due s'étaient approchés du Lit, et ils regardaient attentivement la jeune fille,
“Morbleu! dit Richelieu, qu'elle est belle ! »
Quesnay examinait la blessée, I] secoua la tête lentemient et il se retourna vers le due et le lieutenant de police,
“ Peut-elle parler ? demanda M. Feydeau.
—Non, répondit le docteur.
—-Entend-t-elle, au moins ?
—Non.
— Voit-elle ?
—Non plus. Elle est dans un état léthargique qui peut encore durer plusieurs heures,
—Et este à la blessure reçue ue vous attribuez cet état Jéthargique ?
—Moins à la blessure elle-même qu'à l'événement qui a dû avoir lieu. Ma conviction est que cette jeune fille a dû éprouver une émotion profonde: colère, terreur ; que cette émotion, en bouleversant l'organisme, a dû déterminer un épanchement au cerveau qui eût pu causer une mort subite. Le sang, coulant par la blessure, a dà modifier la force de l'épanchement ; mais, en affaiblissant le sujet, il a amené un accès de coma.
—Coma ? répéta Richelieu ; qu'est-ce que cela veut dire ?
——Assoupissement morbide, premier degré de la lé thargie. Elle ne voit, ni n’en. nd, ni ne sent. La lé thargie n'est pas complète puisqu'on entend la respiration, et que l'apparence de la mort n’est pas absolue; mais le coma est À un degré tel qu'elle est absolument privée, je vous le répète, de toute ses facultés.
—C'est bien étrange, dit Kichelieu.
— Ainsi, reprit M. Feydeau de Marville, nous pou- ‘ons causer et discuter devant elle gans craindre qu'elle puisse entendre aucune de nos paroles ?
—Parfaitement.
——Cependant, cet état de sommeil peut cesser,
—Sans doute. Je n’affirmerais pas que d'ici à quelques instants même, elle n'ouvrit pas les yeux et ne balbutiât quelques mots: mais le regard ne verra pas et les paroles ne signifieront rien.
—Combien de temps peut durer cette léthargie! dewanda Richelieu.
—Je ne sais, monseigneur. L'accès de la léthargie ayant été déterminé PuT Un cas exceptionnel, je n'ose pas le combattre, Le Sang perdu a épuisé les forces et je ne puis employer les moyens ordinaires Pour amener le réveil. D’un autre côté, la cessation immédiate et même naturelle de ce somineil pourrait fort bien causer la mort, et la mort subite, Elle pourrait ouvrir les Yeux et rendre le dernier soupir.
—Ah mon Dieu! dit Mlle Quinault en joignant les mains.
—Muis cela est peu probable, Cette continuation de la léthargie, en donnant au Corps un repos absolu et en détruisant Ja surexcitation nerveuse, est une heureuse crise,
—En vérité?
— ui, mademoiselle, Toute Ja question est dans le réveil. Ni ce réveil ne détermine pas une mort immédiate, la jeune fille sera certainement sauvée.
— Et quel est votre avis ? Que pensez-vous ce qui arrivera, docteur ?
—Je l’ignore.
—Ainsi, reprit le lieutenant de police, je ne puis ni lui parler, ni la faire parler ?
— Non.
—Vous allez dresser Procès-verbal de cela, docteur. M. le due nous fera l'extrême bonheur de l’approuver. —Volontiers! dit Richelieu.
—Si cette jeune fille mourait sans pouvoir donner aucun renseignement sur cet horrible crime dont elle a été victime, ce serait affreux! dit M. Feydean de Marville,
—Sans doute, mais cela peut être,
—Cependant, il faut poursuivre cette affaire!
Et, se tournant vers Richelieu :
—Vous m'avez dit, inonseigneur, tout ce que vous saviez ?
ns
“Absolument tout, répondit Richelieu, Ma mémoire ne m'a pas fait défaut un seul instant, j'en réponds. Voici comment les choses se sont passées, et Mile Quinault, qui en sait autant que moi à cet égard, va vérifier mes paroles. La nuit dernière, je soupais chez Mile Camargo, dans son hôtel de la rue des Trois-Pavillons, en compagnie de Miles Quinault, Salé, Camargo, Gaussin, Sophie et Dumesnil, et de MM. de Cossé- Brissac, Lixen, Créqui, Tavanne et l'abbé de Bernis. Je n'oublie personne, n'est-ce pas ?
—Non! dit Mile Quinault.
—]1 était trois ou quatre heures du matin, continua le due, quand notre attention fut attirée par des cris plaintifs poussés au dehors. Créqui, Tavanne et Lixen se précipitèrent avec des valets ‘ui les éclairaient, et ile trouvèrent étendu sur la n <, en face de l'hôtel Soubise, rue Vieille-du-Tempie e corps ensanglanté de cette jeune fille. C’est bien «la, mademoiselle ?
—Parfaitement cela, M, le duc.
—On apporta la pauvre enfant blessée à l'hôtel C'a- Margo, et tandis que ces dames lui prodiguaient leurs soins, j'envoyais chercher le docteur. Le jour venu, on prit ma voiture, et Mlle Quinault et Mlle (Camargo, accompagnées du docteur, rapportèrent ici, avec des précautions infinies, la pauvre enfant toujours absolument privée de sa connaissance.”
Le due s'arrêta.
“C’est tout? demanda le lieutenant de police.
— Oui,” dit Richelieu.
M. de Feydeau se tourna vers Mlle Quinault.
“Les souvenirs de M. le due, dit-il, ont-ils réveillé les vôtres, mademoiselle ?
—Ces souvenirs sont les mêmes: seulement, il y a des observations qui ont été faites sur le moment et que je crois utile de rappeler.
——Qu'est-ce donc ?
—On a constaté, et je crois en Présence du docteur, que Sabine avait été trouvée étendue sur la neige, avec des taches de Sang autour d'elle, mais que ces taches ne faisaient point trice ot n'indiquaient pas que la jeune fille se fût trainée apres avoir été frappée,
— Oui, dit Quesnav.
—— Ensuite! demanda Feydeau qui écoutait Mlle Quinault avec une grande expression d'intéré..
—Î n'y avait non plus, sur la neige, aucune trace de lutte,
Ce qui indiquait SUprise..…. Aprés! après! conti. nuez, mademoiselle! Cog remarques sont excellentes! Vous dites ?
—-Que Sabine n'a pas été volée, Elle avait encore sa chaîne et sa Croix d'or, aux oreilles 8e: boucles, et dans sa pochette une bourse suffisamment garnie,
—Ah! ah! fit le lieutenant de police.
— Elle n'a pas été volée, ” dit une voix sonore,
Tous se retournérent. Gilbert, qui n'avait pas perdu un mot de ce qui venait d’être dit, s'était avancé vers le groupe des causeurs.
” Qui êtes-vous ? demanda le lieutenant de police en le regardant fixement.
—L fiancé de Mile Dagé, répondit Gilbert.
—\otre nom ?
—(Gilbert.., Au resle, monseigneur me connaît, car j'ai l'honneur d'être son armurier.
— C'est vrai! dit Richelieu, c’est Gilbert, du quai de la Ferraille, ”
Gilbert s'inclina.
Et tu es le fiancé de cette ravissante enfant ?
—Qui, monseigneur.
—Peste! Je t'en fais Mon compliment. Tn viendras me présenter ta femme le jour de tes noces, je suppnse ?
—Héjas! pour que les noces aient lieu, il faut :e la guérison soit accomplie. Mais je vous supplie, vous,
Monseigneur, et vous, monsieur le leutenar { de police, de me pardonner de m'être mêlé à votre conversation : Mais C'est que j'aime Sabine, C'est que Sabine m'a dat qu'elle m'aimait, ot tout ce qui la concerne me touche au fond du cceur,
Et s'adressant à Mile Quinault :
“* Ainsi. reprit-il, elle n'a pas été volée ?
Non, mon ami, répondit Mlle Quinauatt.
On ne lui a rien pris * \bsolument rien,
— \ors, si on n'a Pas voulu conmettre un vol, pour. quoi l'aton frappée ? ”
Fous se turent.
* Et portait-elle ir Jos bras, sur le Corps, des traces de violence 2 reprit Gilbert.
-\on, dit Quesnay,
Non, ajouta Mlle Qu ault.
—\lors, elle a été frappée au moment où elle s'y attendait le moins, sans tenter de se défendre? Mais Pourquoi était-elle rue Vieille-du-Temple !
—Voilà ve que personne n'a pu savoir et ce qu’elle
seule peut dire, Elle était sortie cette nui ‘ que personne le sût. Son frère a, depuis ce ma ire rogé tous les garcons et toutes les servanies, .s [es
Voisins et toutes les voisines SAN pouvoir rien éclaircir, A quelle heure est-elle sortie 2 Pourquoi est-elle sortie seule sans prévenir? Avec qui enfin est-elle sortie ? Voilà ce qu'aucun de nous n'a-pu découvrir,
Gilbert avait les sourcils contractés, comme un homme dont toutes les facultés mentales sont tendues et centralisées vers un même point.
‘ Etrange ! étrange!” murmura-t-i].
Puis, comme frappé par une pensée subite :
“Au moment où on l'a rapportée chez Mlle Camar- 20, où vous l'avez soignée, elle n'a pas parlé ?
— Non. Elle était déjà dans l'état où vous la voyez.
—1l était quatre heures, dites-vous ?
—Oui.
—<LC’était donc quelques instants à peine avant que n'éclatât l'incendie de l'hôtel de Charolais!
— Une demi-heure avant cet événement. ”
ülbert l@sa retomber sa tête sans parler.
“Vous n'avez pas autre chose à me dire ? demanda M. Feydeau à Mlle Quinault.
—Rien, monsieur Je lieutenant de police; j'ai tout dit.
—Et vous, doctet r ?
—J'ai dit tout ce que j'avais à dire, répondit Quesnay.
—Alors, dressez Je Procès-verbal que je vous ai demandé. ”
Quesnay alla vers une petite table et se mit en devoir de dxesser l'acte.
Gilbert demeurait immobile, la tête penchée, plongs dans un océan de réflexions. Un silence assez long régna dans la pièce.
La porte s’entr'ouvrit doucement et Roland apparut.
“Mon père veut absolument revoir sa fille, dit-il.
—Qu'il vienne, répondit Quesnay sans cesser d’écrire. Nous avons dit tout ce que nous avions à nous dire. ”