LE CADAVRE
Coq-Nègre marchait en avant: il longea la place, il tourna à droite, et il entra dans la rue Hanutefeniile. qu'il remonta d'un pas rapide,
Poulailler et M. C le suivaient.
En quelques minutes, ils eurent franchi la distance qui les séparait de la rue des Cordeliers.
Coq-Nègre s'arrêta.
“Cest-là ?” dit-il en allongeant le bras et en désignant du doigt une masse confuse qui se distinguait à peine au milieu des ténèbres,
Poulailler et M. € s'approchèrent et so penchèrent à la fois.
“Cest bien Tête-Verte! dit Poulailler qui, muni dune lanterne sourde, venait de faire jaïllir la lumière sur Île visage d’un homme étendu devant une grosse borne,
— Et il est mort! dit M. C qui interrogeait à la fois b coeur et le ponte, Maïs cette mort no remonte pas à
deux heures.”
Poulailler, posant sa lanterne à terre, soulevait la tête Pour examiner le lacet qui entouraii le cou.
Ce lacet, très-fin, fait comme ceux dont se servent les exécuteurs de l'Orient, était en soie rouge. I] entourait deux fois le cou, et le noeud qui avait déterminé l’étranglement n’était pas un noeud coulant. (‘était une sorte de torsade, maintenue avec une petite tige de cuivre passée en tourniquet et retenue par un ressort.
Le visage était décomposé, les traits horriblement Contractés, les veux semblaient prêts à sortir de l’orbite et la bouche entr'ouverte,
Les dents étaient serrées et une écume sanglante était encore étendue sur les lèvres. Le cou avait une teinte blenätre indiquant un épanchement intér. r causé par la rupture de quelque veine sons l’action de la strangulation.
M. (| après avoir examiné attentivement Je cadavre, avait appelé Cog-Nègre, et, aidé par lui, il s'était mis à fouiller les vêtements de Tête-Verte,
“Rien! dit-il en se relevant.
— Rien! répéta Poulailler.
-— Toutes les poches sont vides : tons les papiers qu’il devait certainement avoir sur lui ont disparu.”
Poulailler et M. C échangèrent un regard.
Pouliller avait repris sa lanterne, et, la promenant lentement, il examinait le cadavre avec une attention minutiense,
Tout à coup il se baissa, il écarta les vêtements et il HUNASSA UN papier plié en quatre, L'ouvrant vivement, il le parcourut du regard.
“OR!” fitil avec une intonation étrange.
Il demeura un moment ; mobile et comme fasciné. S’adressant à Coq-Nègre :
“Emporte ce cadavre dans la maison de la rune du Ci. métière, dit-il, et place-le dans la alle basse.”
Puis, se tournant vers M. C:
“Venez l”?
Où allaient-ils et que sigmfiait cette lettre trouvée par Poulailler dans les vêtements de l’homme étrangié ?
Qu'était Poulailler lui-même. cet homme à double face ?
L'espace me manque dans ce vol1me pour vous l’apprendre, lecteurs; mais si vous êtes curieux de le savoir, lisez ('OTILELLON Il.