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GONE RAICMRES
Lionel, au contraire, accepta tout, même le ridicule. Quand il fut bien humilié, on lui permit quelques baise-mains un peu appuyés; il fut favorisé de discrets sourires ; on accepta quelques fleurs; on le choisit pour faire un tour aux Salons ou pour aller entendre les conférences de M. Jules Lemaître. Enfin, on daigna l'écouter tête-à-tête dans le petit salon lilas, qui était l’antichambre connue des bonheurs définitifs. Longtemps, assis, debout, à genoux, Lionel prononça sur sa passion des discours galants, spirituels, ou pathétiques. Un jour, après un tendre mouvement d'abandon, Béatrice reprit soudain sa dignité :
# Soyons raisonnables, mon ami.
Moi, je ne dois pas défaillir, et vous ne devez pas m'induire en tentation.
La chair, même celle des princesses, et elle appuyait un peu sur ce mot, est faible. Mais une femme comme moi sait
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souffrir. Née pour la vertu, je lui reste fidèle. Hélas! je ne vous appartiendrai jamais. Soyez mon ami, Lionel, soyez le complice de mon renoncement et le confident de mes douleurs.
Lionel avait ses desseins. Il savait qu’à cette phrase de la comédie on devait se révolter, entrer en désespoir et se briser légèrement la tête contre les panneaux de la petite bibliothèque en vieux chêne ; ils étaient fort solides. Alors, pour éviter un plus grand malheur, la princesse, en pleurant, cédait. Elle allait elle-même mettre le verrou comme dans les estampes galantes de jadis et, telle une grisette, elle se laissait déshabiller très adroitement.
Lionel avait ses desseins... Il feignit d'entrer dans les arrangements de Ja princesse étonnée :
= Nous pleurerons ensemble. Je vous aime trop pour oser contrarier une volonté qui m'est si chère. Soyons amis, hélas!