CROATIE CITES
Béatrice aimait Lionel. Au moment où il parlait ainsi, elle le désirait de tous les désirs secrets de son âme et de sa chair.
Comme il prenait congé, mélancoliquement, elle fut sur le point de serrer très fort et d'attirer vers son cœur la main qui touchait la sienne, mais une pudeur qu'elle n'avait jamais connue contraria son désir. Elle laissa partir Lionel sans trouver autre chose que :
= Déjà!
La porte refermée, elle se sentit enveloppée de chagrin. C'était lourd, c'était épais, cela lui cachait tous les objets, toute la vie. Enfin la souffrance céda un peu devant cette idée :
&« Il reviendra demain. »
Lionel ne revint pas le lendemain, ni de deux jours, ni de trois jours. Le quatrième, un mot, de Londres :
« Chère amie, une affaire inattendue...
J'espère demain, à l’heure habituelle,
vous présenter les devoirs respectueux de votre ami, Lionel. »
Alheurehabituelle ,unbleu«Souffrant».
Réponse de Béatrice :
« Je savais cher ami, que l'inattendu seul pouvait vous éloigner de moi. Mais pourquoi m'avoir privée de vos nouvelles pendant si longtemps, trois ou quatre siècles” Enfin, Je les ai, ces nouvelles, et voici qu'elles sont mauvaises! Dites, je ne dois pas être inquiète? Béatrice. »
Fionebsentlisanticelh dite:
« Elle est vaincue. C’est pour demain. »
Pendant cette semaine, limagination de Béatrice avait faitmille tours, de branche en branche, comme un écureuil. Elle avait passé par la déception, l’espérance, la crainte, l'ennui, le désespoir, la Joie, l'inquiétude, et elle en était là, quand Lionel fut introduit.
À sa vue, elle s’élança, puis s'arrêta, rougissante. Lionel ouvrit les bras; elle y
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tomba, fermant les yeux, heureuse, ne pensant plus à rien. Il y eut de longs baisers muets, de tendres caresses, puis ce fut Lionel lui-même qui poussa le verrou. Ainsi, il afhrmait, en même temps que son amour, son autorité.
Lionel aimait Béatrice, mais il avait contre la princesse une souriante rancune. Tout en satisfaisant son amour, il avançait sa vengeance. Après la grande privauté, ce furent les petites, qui sont indécentes, et les singulières, qui sont excessives. Il osa tout et il exigea tout.
Chaque jour ajoutait une strophe au poème luxurieux. Béatrice, cependant, avec l’air de se laisser vaincre par amour, s’exaltait à mesure que passaient entre ses doigts les grains du chapelet, et un jour que Lionel, à bout d'imagination, avait Jjoui naïvement d’un mutuel et simple bonheur, Béatrice, reposée et riante, inventa un enlacement fou.
COUPE UTECS
Alors, il s’agenouilla et baisa ses pieds, non comme un amant, mais comme un dévot et 1l songeait :
« O Béatrice, trois fois femme, Béatrice de beauté, Béatrice d'amour, Béatrice de volupté, je te demande tout bas pardon de ma sottise. J’ai voulu t’humilier, à ton exemple, j'ai cru te traiter un peu en odalisque et c’est moi qui ai fait ta volonté; c’est moi l’esclave, »
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