MAGDELEINE MORICE
naise ardente, ne laissait pas de sentir vivement la privation du pain céleste. Un jour, pendant qu’on donnait la communion dans l’église de Plôërmel, son désir augmenta de telle sorte et son cœur en fut si embrasé qu’à peine pouvait-elle le contenir ; la pensée de l’obéissance fut seule capable de l’empêcher de communier. Tandis qu’elle se consumait ainsi de la soif de Dieu, tout à coup une hostie, que quelques personnes disent avoir vue se détacher du saint-ciboire , alla se fixer vis-à-vis de sa bouche, l’extrémité touchant tant soit peu la lèvre inférieure. » J’ai pu consulter le texte authentique de Magdeleine Morice.
Je reproduis après les avoir vérifiés les extraits qu’en donne le docteur Imbert :
« Ceux qui étaient autour d’elle, témoins de ce prodige, en avertirent le recteur qui donnait la communion; celui-ci, ayant levé les yeux, aperçut à son tour ce fait extraordinaire. Il interrogea publiquement Magdeleine qui, menant à Plôërmel une vie fort cachée, lui était peu connue et lui demanda ce que signifiait cette hostie ainsi suspendue. Aussi étonnée que personne, saisie elle-même de frayeur et de respect, Magdeleine ne put répondre un seul mot. Prenant
dans l’église de ploermel 129 tout ceci pour quelque impiété, pour la punition peut-être de quelque sacrilège, on lui ordonna de sortir de l’église. » Cette particularité de l’expulsion de l’église est de nature à faire présumer une sérieuse authenticité du fait. C’est là une circonstance caractéristique. Aussi convient-il de la remarquer. « Elle obéit et se mit en devoir de gagner sa demeure, cachant avec les barbes de sa coiffe les saintes espèces qui demeuraient toujours vis-à-vis de sa bouche, sans être attachées à ses lèvres. M. Noël, que nous avons vu diriger Magdeleine à l’époque de sa première communion, ayant été appelé à la cure de Campénéac, avait adressé cette âme privilégiée au Père Sanguer, de la Compagnie de Jésus, résidant à Ploermel. Celui-ci, instruit de ce qui venait d’arriver, et connaissant la haute vertu de cette sainte fille, fut loin de partager l’opinion que cet événement avait fait naître. »
L’intervention du Père Sanguer est aussi de nature à faire présumer l’exactitude du fait rapporté. « Il se rendit chez Magdeleine, prit la sainte hostie qui était toujours demeurée dans le même état et, jugeant bien que le désir de Notre-Seigneur, si miraculeusement manifesté, était de descendre dans le