VERS LA FIN DE
priana. Celui qui écrit ces lignes se borna d’abord à traduire ou à reproduire les relations des trois premiers écrivains qu’il vient de nommer. Divers empêchements, dont il est inutile de parler ici, ont retardé jusqu’à ce jour cette deuxième édition, augmentée de l’importante lettre de lord Shrewsbury et des observations personnelles du traducteur. » L’avertissement auquel sont empruntées ces lignes est daté de Munich , 9 avril 18k6.
Il n’est pas superflu de citer le début de la préface de la première édition de ce livre :
« A mon beau-frère, M. Ernest de Moy, professeur de droit à l’université de Munich. Paris, le vendredi saint 14 avril 18k3. Mon cher Ernest. Dans ce jour rempli par le plus grand des souvenirs et où naissent d’elles-mêmes les plus graves méditations, ma pensée qui se reporte souvent vers toi me rappelle le merveilleux spectacle dont tu as été témoin avec notre commun ami, Edmond de Cazalès, au mois de septembre 1840. Vous avez vu l’un et l’autre Yextatique de Kaltern et la patiente de Capriana ; vous les avez observées, vous les avez étudiées avec cette rigoureuse attention que des hommes d’un âge mûr et éclairés par
j’éprouvai le besoin d’une excursion J 67
toutes les expériences de la vie apportent aux choses extraordinaires. Combien je regrette de ne pas avoir été votre compagnon de voyage !... »
La première partie des Stigmatisées du Tyrol est la relation de don Antonio Riecardi sur l’extatique de Ivaltern : « Si les voyages sont utiles à la santé, ils le sont spécialement pour les personnes qui, comme moi, mènent une vie sédentaire.
Donc, vers la lin de l’automne de l’année 1835, j’éprouvai aussi le désir ou plutôt le besoin de faire une excursion... Or, ayant entendu parler du prodigieux phénomène existant à Kaltern, dans le Tyrol, je résolus d’aller l’observer avec le même zèle que les voyageurs vont des pays les plus éloignés visiter le Vésuve ou Pompéï. Certes, les merveilles du monde moral ne sont pas au-dessous de celles du monde physique ». Don Antonio Riccardi décrit ainsi Kaltern (pages 2 et 3) : « Kaltern, dans le diocèse de Trente, compte environ quinze cents habitants. Situé sur le penchant d’une riante colline, près d’un lac, dont les eaux paisibles dorment dans le sein de la vallée, ce bourg bien bâti est entouré de vignes fécondes, cultivées avec un soin, une élé-