‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 140 sur 264 · SANS OBSERVER LES RÈGLES · texte numérisé non relu

SANS OBSERVER LES RÈGLES

La description de Don Riccardi est très gracieuse. On ne savait pas alors que la physiologie expliquerait cinquante ans après, sans rien de miraculeux, des poses du même genre que celle de Marie de Mœrl. Les tableaux vivants produits dans, les théâtres et dans les salles d’hôpital par les magnétiseurs ont tellement popularisé ces poses extatiques qu’il y aurait puérilité à y trop insister.

« Je m’approchai respectueusement d’elle, je la considérai de tous les côtés; puis, me laissant entraîner par l'impétuosité de mon émotion , sans plus observer les règles d’une sage réserve, je me jetai à genoux dans un coin de la chambre, non pour rendre à l’extatique un hommage qui ne lui est pas encore dû, mais pour ouvrir un libre cours à mes sentiments, et aussi pour m’unira ses prières et remercier l'infinie bonté de Dieu d'opérer sous nos yeux de tels miracles. »

Don Riccardi n'y va pas par quatre chemins. Il remercie l’infinie bonté de Dieu d’opérer sous ses yeux de tels miracles. Il est sincère. Son enthousiasme l’anime. Cependant il ne procéderait pas ainsi s’il vivait en 1891. Son enthousiasme prendrait une forme plus discrète. S’il prononçait le mot

d’une sage réserve 479

de miracle, ce ne serait pas sur le seul vu de la pose de l’extatique de Kaltern.

« Je ne tardai pas à quitter ma nouvelle attitude et aussitôt, sur l'ordre de son confesseur, Marie se recoucha avec cette agilité dont j’ai parlé plus haut et que je ne puis cesser d’admirer. Je m'approchai alors du chevet de son lit avec deux autres prêtres, mes compagnons de voyage.

Elle était toujours abîmée dans l’extase, ne s’apercevant nullement de notre présence.

Le confesseur, par un ordre secret tout à fait imperceptible pour nous, la rappela au sentiment de la vie commune, afin qu’elle nous rendît ses devoirs, ce qui me fit faire des réflexions sur la sainteté du ministère sacerdotal et sur mon indignité. »

Don Riccardi est sincère en rapportant les réflexions que lui inspire l’ordre secret du confesseur de Marie de Mœrl. Toutefois, les phénomènes de suggestion étudiés dans ces dix dernières années ont montré que des ordres semblables étaient exécutés par des extatiques sans qu’il fût raisonnable de faire intervenir rien de merveilleux.

Aussi, don Riccardi s’exprimerait avec plus de discrétion s’il constatait aujourd’hui de pareils cas. Don Riccardi continue (pag. 19) :

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