IS FECIT
Cette particularité est si invraisemblable, l’abstention ou l’hostilité du clergé à ces démonstrations paraît sipeuprobable, que nous souhaiterions en avoir des preuves irrécusables. Cela est un exemple de l’exigence de l’esprit humain en face de choses auxquelles il est peu accoutumé. Le trait de la relation de Gœrres semble si fort que la foi à la véracité de cet éminent écrivain est tant soit peu ébranlée par l’imprévu de cette assertion. Cette remarque formulée uniquement pour noter l’impression involontaire produite par ce passage de Gœrres, il convient de poursuivre la relation de ces pèlerinages à Kaltern. .
« Tout se passa dans le plus grand ordre ; on n’eut à déplorer aucun excès pendant les sept semaines que dura ce flux et ce reflux de populations , et pourtant il y eut des jours où l’étroite chambre, qui peut contenir au plus quarante ou cinquante personnes à la fois, en vit passer jusqu’à trois mille. Les autorités civiles et ecclésiastiques voulurent néanmoins mettre un terme à ce concours de monde ; la police aussi, elle , eut les inquiétudes qui lui sont ordinaires en pareilles circonstances, et le peuple fut averti qu’à partir d’une
CÜI PRODEST
époque déterminée, personne 11 e serait plus admis à visiter Marie de Mœrl. Cette nouvelle se répandit bientôt dans tout le pays et les visites cessèrent sans mécontentement ni murmures ; mais longtemps après , les curés eurent encore à se féliciter des bons effets que la vue de l'extatique avait produits. »
Cette dernière observation sur les bons effets produits par ces pèlerinages sur les paroisses du Tyrol, est encore un argument en faveur de l’initiative du clergé pour ces manifestations. L’adage Is fecit cui prodest est souvent invoqué. Dans cette circonstance particulière* l’intérêt des curés à l’édification de leurs paroissiens saute aux yeux : l'affirmation de leur abstention à recommander ces pèlerinages aurait eu avantage à être étayée par quelque argument péremptoire.
« A la fin de l’automne de la même année, le prince-évêque de Trente, Mgr Luschin, se rendit à Kaltern, fit une enquête et entendit plusieurs témoins sous la foi du serment. Le résultat de cette information ne fut point publié, l'affaire n'ayant pas paru mûre pour un jugement définitif. D’ailleurs, le prince-évêque voulait
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