‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 183 sur 264 · DOCTRINE DE · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE

vre. En France et à l’étranger, ce livre a été lu et relu par tout ce qui a un nom dans la médecine. Je conseille au lecteur de faire de meme, s’il veut être fixé sur cette grave question. Le chapitre xv de cet ouvrage a pour titre : Des hallucinations considérées au point de vue de la psychologie de Vhistoire et de la religion. Il va des pages 455 à 529 de la deuxième édition publiée en 1852. Je laisse la parole au docteur Brierre de Boismont. « SI LES OB¬ SERVATIONS que nous avons rapportées sont concluantes, si les raisonnements que nous en avons déduits sont justes, l’opinion qui a fait de SOCRATE, de PLATON, de NUMA, de PYTIIAGORE, de PASCAL et de beaucoup d’autres personnages illustres autant de FOUS HALLUCINES doit être rejetée. LA RAISON, AU CONTRAIRE, REVENDIQUE CES GRANDES INTELLI¬ GENCES. Ces conclusions sont si naturelles, qu’un médecin philosophe dont le caractère et les talents lui ont concilié l’estime générale, après avoir fait de toutes ces illustrations des VISIONNAIRES QU’ON ENFERMERAIT AUJOURD’HUI, ajoute ces paroles... » Le philosophe dont le docteur Brierre invoque le dire est l’acadé-

l’académicien lélut

micien Lélut ; voici ses paroles telles que le docteur Brierre les cite : « POUR AGIR SUR LES MASSES, pour faire s’entrechoquer les peuples, pour ébranler, changer les croyances, pour CREUSER SUR LA FACE DE LA TERRE UN SILLON DONT LES SIÈCLES N’EFFACENT PAS L’EM¬ PREINTE, il faut penser, parler, SE TROMPER, DÉLIRER COMME LES MAS¬ SES, il faut affirmer, croire comme elles et plus qu'elles, être leur envoyé, leur prophète, pour quelles VOUS CROIENT CE¬ LUI DE DIEU et qu’elles vous en donnent la puissance. » A mon humble avis, ces paroles sont d'un maniaque plus dangereux que le gros des gens enfermés comme aliénés. Admettre la doctrine de ce médecin philosophe comme juste et sensée, c’est faire preuve d'aberration ; car cette doctrine revient à dire : il faut tromper, il faut se tromper. Jamais fou n’a déraisonné de façon plus claire.

Je donne mon opinion pour ce qu’elle vaut. Elle est sincère. Je conviens qu’un aliéné de Charenton trouverait malaisément les termes élégants et scientifiques où le médecin philosophe enferme sa doctrine. J’accorde qu’un aliéné aussi distin-

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