‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 184 sur 264 · FRAGMENTS PSYCHOLOGIQUES SUR LA FOLIE · texte numérisé non relu

FRAGMENTS PSYCHOLOGIQUES SUR LA FOLIE

gué, aussi lettré, ne mérite pas la camisole de force : mais je maintiens que ce médecin philosophe émet une doctrine subversive de la morale, car il fonde cette morale sur une éclatante et sublime tromperie. Je demande grâce pour le dernier de ces deux épithètes. Je parle un peu comme mes auteurs et, si je consulte ma conscience, je n’ai guère de goût à accoler l’épithète sublime au substantif le plus odieux du vocabulaire scientifique. Quoi qu’il en soit, voici la conclusion du médecin philosophe, d’après le docteur Brierre :

« Ce n’étaient pas des fous, si Ion veut, mais c’étaient des hallucinés COMME IL N’Y EN A PLUS ET COMME IL NE PEUT PLUS Y EN AVOIR, des hallucinés dont les visions étaient les visions de la RAI¬ SON. » Le docteur Brierre reproduit encore cette curieuse assertion du médecin philosophe, qu’il emprunte à un autre ouvrage, sans spécifier son titre : « D’après les degrés successifs que nous* venons de parcourir, l’hallucination ne devra plus paraître que le résultat un peu forcé d’un acte normal de Vintelligence, le plus HAUT DEGRÉ DE LA TRANSFORMATION SEN- SORIALE, le fait des préoccupations dans

DU DOCTEUR LEURET

les arts élevé à sa dernière puissance. »

Nouvelle assertion empruntée par le docteur Brierre à la page 145 de Y Amulette de Pascal , ouvrage du même savant. « LES HALLUCINATIONS peuvent permettre L’EXERCICE LE PLUS ENTIER DE LA RAISON. » Après avoir reproduit ces^ cinq propositions du docteur Lélut, le docteur Brierre formule les considérations suivantes (des hallucinations, 2 e édition, page 514) :

« Les objections que nous venons de présenter au nom des sciences et des lettres, si douloureusement flétries par le stigmate de la folie, s’étaient déjà offertes à d’autres avant nous. On avait dit : Les anciens visionnaires ne doivent pas être mis au rang des fous ; ils se trompaient, mais c'était avec leur siècle et IL SERAIT ABSURDE DE TAXER DE FOLIE toutes les générations qui nous ont précédées .

C'était , si vous le voulez , une ERREUR de l'esprit humain , mais non une maladie. Leuret, dans ses FRAGMENTS PSY¬ CHOLOGIQUES SUR LA FOLIE, ouvrage aussi intéressant que bien écrit, mais dont les doctrines ne sauraient être partagées par les hommes qui ont des convictions religieuses, a cherché à réfuter ces objec-

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