VISION
fut publié dans les Annales de Médecine Universelle de Milan (numéro de novembre 1837), sous le titre : Remarques sur la maladie de Marie-Dominique Lazzari recueillies par le docteur Léonard Dei-Cloche. Une note des Stigmatisées du Tyrol (page 85) indique que le docteur Dei-Cloche était, en 1837, premier médecin et directeur de l’hôpital civil et militaire de Trente. Voici un extrait de ce Mémoire.
« Marie Dominique, dernière fille du meunier Lazzari, est née à Capriana le 16 mars 1815. Elevée suivant sa modeste condition, elle se fit remarquer de bonne heure par son intelligence et sa piété. Dans les intervalles de ses travaux, elle aimait à lire des livres de dévotion, notamment ceux de saint Alphonse de Liguori. »
C’est à peu de chose près ce qui peut se raconter de l’enfance de Louise Lateau et aussi de l’enfance de Marie de Mœrl. Le docteur Dei-Cloche en recueillant les informations relatives à Domenica a dû être renseigné exactement. Voici la suite du Mémoire du docteur rapportée par M. de Cazalès.
« Ses prières et ses méditations étaient fréquentes ; toutefois, sa réserve et sa mo-
du 12 juin 1833 255
destie ne laissaient voir en elle aucune marque de ferveur extraordinaire, ni rien qui l’élevât au-dessus de ce que doit être une fille sage et pieuse. Sa santé fut bonne jusqu’à la mort de son père qui eut lieu en 1828. La douleur qu'elle ressentit de cette perte fut excessive et amena une maladie assez longue qui finit pourtant par céder, soit aux remèdes, soit à la force médicatrice de la nature. »
A la mort de son père, qui survint quand Domenica était âgée de treize ans, se produisirent des phénomènes analogues à ceux que subit Marie de Mœrl presque au même âge, lorsqu’elle perdit sa mère.
Même explosion de douleur ! analogie des suites de cette explosion, dans l’un et dans l’autre cas. Cinq ans plus tard se produisit un accident particulier à Domenica ; en voici la relation.
« Le 12 juin 1833, dit le docteur Dei- Cloche, pendant qu'elle était occupée aux travaux des champs, elle fut prise tout à coup d'un certain malaise, qui la. retint immobile à peu de distance de sa maison.
Les personnes qui se trouvaient près de là par hasard la virent debout comme absorbée dans la contemplation ou dans l’extase.