IL FAUT SE DÉFIER
toire de ces phénomènes délicats, la probité et la bonne foi de la patiente sont une condition sine quâ non de la réalité des apparences observées. Omnis homo mendax ! La maxime est décourageante, si elle est prise à la lettre. Elle signifie simplement que la bonne foi est chose rare. L’on ne saurait attacher trop d’importance à l’opinion des témoins de la vie de la patiente, qu’il s’agisse de Domenica ou de Palma.
L’exigence là-dessus est d’une sage critique. Lorsqu’il s’agit de minuscules apparences matérielles, dont la conséquence philosophique est considérable, lorsque ces apparences matérielles se produisent dans un cercle étroit et ressemblent aux apparences que savent imiter et dépasser les prestidigitateurs, il faut se souvenir que la bonne foi du sujet est la principale garantie de la réalité du phénomène et n’accorder à ses propres yeux que le rôle subordonné d’un témoin facile à duper. Je reviens à la relation de M. de Cazalès.
« L’état des deux vierges tyroliennes, surtout celui de Domenica Lazzari, est tel qu’on peut défier la science incroyante de l’expliquer par des causes naturelles d’une manière tant soit peu satisfaisante pour la raison. »