‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 261 sur 264 · DANS LES CHAMPS-ELYSÉES · texte numérisé non relu

DANS LES CHAMPS-ELYSÉES

quence pittoresque. Cela manque en effet de sérieux et de vraisemblance. C’est l’imagination de l’épistolier prenant son vol sans souci d’aucune exactitude. « Vous pourriez facilement deviner le sentiment qui vint ensuite : il était tout entier pour nos plus proches parents, pour nos plus chers amis. » Cette fois le convenu dépasse les bornes! c’est un tantinet ridicule ! « C’est un spectacle du ciel donné à la terre, dis-je tout bas à ma femme ; il nous manque seulement ici les personnes que nous aimons le mieux. J’avais la même pensée, me répondit-elle. » Cela a été décrit, cela a été imprimé, cela a été lu avec satisfaction par maint esprit désireux de croire. Fort bien ! mais les années ayant succédé aux années, le même spectacle ayant été offert couramment dans les théâtres et dans les cliniques, que reste-t-il de ce beau feu?

Preuve manifeste que la simple exposition des faits,, sans aperçus tombant dans la sentimentalité est encore le plus sûr moyen de ne pas errer ! « Après avoir échangé ce peu de paroles, nous nous remîmes à considérer silencieusement l’extatique, sentant bien que nous étions en présence d'une opération divine , pleine

d’enseignements et de grâces pour ceux qui ont le bonheur d’en être témoins :

nous ne pouvions nous lasser de la regarder. » L’homme est sentiment et imagination, encore plus qu’il n’est intelligence.

Aussi convient-il de donner libre cours au sentiment et à l’imagination lorsque l’on écrit comme lorsqu’on agit. Mais ce libre cours doit être réglé par la suprématie constante de l’intelligence : tout sentiment, tout rêve qui n’est pas en règle avec le jugement de l’intelligence doit être ramené à l’harmonie avec la faculté maîtresse.

« Au bout d’une dizaine de minutes, le R. P. Capistran nous dit qu’il allait nous présenter à Marie de Mœrl. Il suffit, en effet, du moindre signe de la volonté de son guide spirituel pour la rendre au monde extérieur. Mais nous priâmes le bon religieux d’attendre encore quelques instants. »

On ne se rend compte de l'impression des gens qu’à la condition d’écouter patiemment tout ce qu’ils disent. C’est afin de connaître cette impression que les divers détails de cette relation sont analysés. « Il nous coûtait de la laisser rappeler du ciel où elle a sa conversation, et de la faire redescendre, uniquement pour nous, sur cette pauvre

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