LA MÈRE BEGAUD NE CROYAIT PAS
embarras du critique à savoir par quel bout les prendre ! Le docteur Imbert continue (page 60) : « Il est certain que la voyante tenait à ce que je fusse bien renseigné et que je visse tout. Une circonstance toute particulière a pesé sur les communications qu’elle m’a faites ; ç’a été la présence même de la supérieure de rhôpital d'Oria. Palma savait fort bien que la mère Becaud ne croyait pas tout ce qu'on disait d'elle. Dès ma première visite à la mère supérieure, j’avais parfaitement compris sa réserve et môme sa défiance à l’endroit des faits miraculeux de l’extatique : il faut ajouter qu’elle était incomplètement renseignée à ce sujet et qu'elle n'avait jamais rien vu de près. »
L’attitude méfiante de la mère Becaud, puis sa confiance dans les phénomènes relatifs à Palma militent en faveur de l’enthousiasme du docteur Imbert. Néanmoins, c’est chose délicate qu’apprécier la cause de variations d’opinions sur un pareil sujet. C’est l’éternel : Souvent femme varie !
Et que faut-il pour cette variation ? Parfois bien peu de chose ; c’est de la raison humaine que l’on peut chanter : Comme la plume au vent... !
« Aussi lorsque, à ma seconde visite,
CE qu'on disait de palma
Palma me montra son stigmate cle la région du cœur, pendant que je l’examinais avec soin, elle disait avec instance à la mère Becaud : Regarde ! tu vois bien la cicatrice ? La voyante n’avait-elle pas le droit d’affirmer la réalité de ce signe glorieux qui, à coup sûr, ne lui a pas été donné en vain? Elle est toute une démonstration ; pourquoi ne serait-elle pas une affirmation ? » Un peu cherché, cet élan du docteur ! On ne peut douter toutefois que la vue d’un pareil stigmate ne soit pour suggérer un flot d'idées en dehors du courant habituel aux gens qui critiquent et analysent, la plume à la main, en tête à tête avec leur cahier de papier rayé.
« J’ai été frappé de la différence qui existe entre Louise et Palma. A Bois-d’Haine, c’est la jeune fille timide, réservée, à laquelle il faut presque arracher les paroles ; à Oria, c’est la femme forte, sûre de son fait, qui affirme. Palma me connaissait par l esprit depuis trois ans ; comme voyante, elle devait savoir que je serais son premier historien. Ne me voyait-elle pas du reste écrire sous ses yeux tout ce qu’elle me disait? elle m’a pour ainsi dire tout dicté.
Qui l’a poussée à sortir de ses habitudes