LES PLUS EXCELLENTS HOMMES
docteur sent plutôt qu’il n’argumente. Quoi qu’il en soit, la conclusion du docteur :
impossible de douter de leur réalité, peut être modifiée légèrement en celle-ci : Leur réalité est probable, plus probable que leur simulation. En concluant ainsi, l’historien reste dans une juste mesure : son syllogisme est irréprochable.
Dans le Temps du 19 octobre 1890, M.
Anatole France a écrit à propos du livre du Père Didon, intitulé JÉSUS-CHRIST :
« Puisque nous parlons ici du miracle, j'avoue que, sans l’admettre à quelque degré que ce soit, je comprends mal les raisons des savants qui le nient. Nos savants disent généralement qu’ils ne croient pas aux miracles parce qu'aucun fait de ce genre n'a été formellement constaté. Mon illustre maître, M. Ernest Renan, a plusieurs fois présenté cet argument avec une parfaite netteté. » Voici, d’ailleurs, l’assertion de M. Renan à laquelle M. Anatole France fait allusion. Elle est d’une franchise et d’une précision extrêmes : « Les miracles sont de ces choses qui n’arrivent jamais ; les gens crédules seuls croient en voir ; on n’en peut citer un seul qui se soit passé devant des témoins capables de le