DE NOTRE TEMPS
CONSTATER ; aucune intervention particulière de la divinité ni dans la confection d’un livre, ni dans quelque évènement que ce soit, n’a été prouvée. » M. Anatole France observe fort justement au sujet de cette assertion de M. Renan : « En fait, cela est incontestable; mais, en théorie, ces raisons qui sont celles des plus excellents hommes de notre temps, me semblent faibles , parce qu'elles supposent que les lois naturelles nous sont connues et que si, par impossible, il survenait une dérogation à ces lois, un savant, ou mieux un corps académique, aurait qualité pour la constater. »
Au point de vue du pur raisonnement, M. Anatole France est dans le vrai. Nier le miracle a priori n’est pas d’un sage. Les académies n’ont pas qualité pour apprécier d’une façon absolue ce qui échappe à leur compétence. M. Anatole France complète ainsi ses réflexions précédentes : « C’es.t là, j’ose dire, beaucoup trop accorder à la science constituée et supposer gratuitement que nous connaissons toutes les lois de Vunivers. Il n’en est rien. Notre physique paraîtra peut-être dans cinq ou six siècles à nos arrière-neveux aussi grossière