EXPORTATIONS
Les exportations générales de 1844 en marchandises et en espèces, étaient de. . fl. 27,617,506.
Celles de 1843 n'avaient
été que de » 26,714,415.
En plus en 1844 . . . fl^ 905,093.
ETAT COMPARATIF DES EXPORTATIONS POUR COMPTE PAR- TICULIER PENDANT LES ANNÉES 1843 ET 1844.
1843 — 1844. valeur 1843
Arak . . banls 6,562. 6,271.1 Cochenille .. 17,812. 31,773.
Peaux 152,310
Indigo . . . liv. 136,135. 199,931.
Café . . . .pik. 169,659. 214,025. Poivre... » 17,356. 9,741.
Rottans . » 75,535. 73,152.
Riz » 1,108,774. 683,088.
Sucre ..." » 314,925. 281,053.
Tabac . . kod. 4,739. 5,525.
Etain . . . pic. 27,580. 5,988.
Toiles et fils
Epiceries
Tripang
Nids d'oiseaux
fl. 328,129. fl.
Articles divers
Numéraire en or et argent
Total fl.26,714,413. fl.27,617,506.
De sorte que les exportations de 1844 siu'passent celles de 1843 de fl. 903,093. Il y a augmentation sur les exportations du café, de l'indigo, tabac, tripang,- articles divers et numéraire, tandis qu'il y à diminution sur l'arak, sur les toiles et les fils, le poivre, le sucre et l'étain.
Les exportations dé produits, marchandises et espèces, opérées pour le compte du gouvernement , qui ne sont pas comprises dans l'état comparatif qui précède, s'élèvent, savoir:.
1843. — 1844. — en plus.
En produits . fl.52,278,423.fl.42,468,135.fl.l0,189,713. Marchandises
et numéraire » 1,356,036.» 1,878^067.» 522,031. En y ajoutant le surplus des exportations
pour compte particulier » 903,093.
Il résulte que les exportations de 1844 ont
surpassé celles de 1843 de fl.11,614,836.
En 1843 les exportations furent de fl. 60,348,872 ^ tandis que les importations ne s'élevèrent qu'à fl. 32,370,987 y ce qui constitue un excédant pour les exportations d'environ vingt-huit millions de florins.
II en fut de même pour l'année 1844, où les exportations se montaient à fl. 71^963^708 et les importations à fl. 36,479,663; ainsi les exportations surpassent les importations de florins trente-cinq millions et demi.
Les exportations pour compte de particuliers pendant l'année 1843, furent de fl. 26,714,413 et les importations defl. 22,821^861; donc ils ont exporté en plus pour une valeur de fl. 3,892,552; en 1844, cette proportion a diminué; car leurs exportations étaient de fl. 27,617,50e et leurs importations de fl^ 23,342,343; de sorte que leurs importations n'étaient moindres que de 2,275,163 florins.
On voit , par ces tableaux , que l'industrie agricole , le commerce et la navigation ont pris un développement inconnu avant l'introduction efl 1830, du nouveau sys-
terne des cultures» Depuis cette époque mémorable, la seule île de Java produit plus de denrées propres à l'exportation que toutes les autres possessions prises ensemble. On ne saurait même se former une juste idée de Taccroissement que ces cultures peuvent offrir successivement par les nouveaux défrichements qui ont lieu, car rétendue des terrains non cultivés est encore fort considérable dans cette île. Le climat y réunit tous les avantages que présentent les tropiques et les zones tempérées y et le sol, d'une fécondité inépuisable, offre toutes les garanties d'une prospérité croissante. L'agriculture ne manquera jamais de bras dans ce pays, vu que^ même les castes privilégiées se font un mérite de cultiver le sol; que Vadat accorde au cultivateur un rang distingué dans la société , et que les princes et les grands^ poui* se rendi*e populaires, prêtent souvent la main à ces travaux des champs.
En attendant la Métropole recueille les fruits de cette industrie agricole; elle est en effet la source la plus féconde de son commerce; elle fournit à la navigation un développement considérable, et influe puissamment sur le bien-être de toutes les classes laborieuses. Le commerce de cabotage dans [^Archipel, cette branche importante de la ' prospérité publique dans les possessions de PEtat, et que le Gouvernement doit encourager par tous les moyens à sa disposition^ a repris depuis 1850 un essor non moins remarquable; témoin l'exportation croissante qui a lieu dans les différentes parties de ses domaines., La nation javanaise y trouve aussi une garantie pour le maintien de son bien-être, et
elle s'avance insensiblement vers un degré de civilisation qu'elle n'aurait jamais pu atteindre sous l'influence de ses anciens dominateurs. Le Javanais, naguère si indolent, commence à se reveiller de son apathie; des millions de bras se vouent à l'agriculture, persuadé qu'est l'indigène que c'est la .source de la» prospérité dont il jouit sous un gouvernement doux, équitable et protecteur. Les Javanais vaincus et desarmés, mais affranchis du despotisme, se sont soumis à la Néerlande, plus par suite des bons traitements, de l'équité et de la justice que par la terreur qu'inspire son pouvoir; ils ont cessé d'être à craindre et labourent aujourd'hui paisiblement leurs champs.
Déjà la Néerlande jouit, dans ses finances, du fruit des sages mesures adoptées par l'administration qui régit ses possessions anciennes et plus récentes. De la Métropole de l'Archipel, organisée sur un pied respectable elle étend son pouvoir, successivement aux autres lies couvertes par son pavillon. La grande et belle Sumatra éprouve déjà (comme nous le ferons voir dans la suite de cet écrit) les effets salutaires du système suivi à Java. Gélèbes fournit des produits abondants, et la civilisation des peuplades indigènes se modifie à mesure que notre pouvoir s'y étend. *
En persévérant ainsi dans les voies de la sagesse, de l'équité et de la philantropie , le Gouvernement verra croître progressivement son commerce, s'étendre sa navigation et augmenter ses bénéfices; et ses domaines dans l'Inde pourront un jour secourir efiicacement la Métropole d'Europe, dans l'éventualité d'une crise fi-
nancière. Les résultats auxquels on est parvenu, nous permettraient désormais de nous passer de nos colonies ii esclaves, vu qu'à Java plus de six millions de cultivateurs exploitent pour le compte du Gouvernement, qui vient de réaliser et de mettre en pratique le seul moyen de faire cesser complètement le trafic honteux des nègres, auquel les nations maritimes les plus puissantes ne parviennent pas encore à mettre un terme.
L'ile de Java et toutes tes autres parties du vaste Archipel jouissent, depuis 1830, d'une paix et d'une tranquillité que nul indice sinistre ne semble menacer. Une poignée d'Européens, disséminés dans les principaux établissements comme agents civils du gouvernement; une armée européenne peu nombreuse, formant à peine l'état major et servant seulement de cadre aux phalanges des indigènes; deux ou trois frégates; un nombre plus considérable de bâtiments à vapeur de différente grandeur et quelques petis navires de guerre à voiles, sont des moyens assez puissants pour maintenir cet ordre, et pour assurer aux autoritésj'exercice de leurs fonctions au milieu d'une population insulaire de plus de vingt millions d'habitants.
Quelque faible que ces moyens puissent paraître, ils sont jugés suffisants, dans un temps où la paix européenne paraît assurée pour long-temps. Au reste, la position insulaire de nos établissements au milieu du Grand Océan , les protège contre des révoltes en masse , et les garantit des invasions auxquelles les établissements continentaux se trouvent exposés. La dernière guerre
contre Dbipo Negoro a fait voir, quel parti immense le gouvernement peut tirer de ses troupes indigènes conduites par des chefs européens expérimentés. Même dans l'éventualité d'une attaque maritime, qui ne pourrait avoir lieu que par une puissance du premier ordre, les îles de l'Archipel ne présenteraient plus aujourd'hui une conquête aussi facile. £n effet, depuis l'organisation établie dans toutes les branches de l'administration , soutenue par les moyens de défense que présentent aujourd'hui les parties intérieures de ces îles, comme aussi par la' résistance que les villes sont à même d'opposer par l'organisation de leurs gardes urbaines, l'ennemi, quelque formidable que puissent être les forces dont il dispose dans ces mers, ne pourra se flatter d'une conquête certaine.
La nation javanaise , n'en doutons point, nous sera soumise et fidèle, tant que le gouvernement continuera à rester dans les bornes du pouvoir qu'il s'est tracé selon Vadat ou code javanais. Pour maintenir cette tranquillité, il doit s'abstenir d'introduire dans ce pays le système trac^ssier de la fiscalité ; et il est surtout nécessaire de conserver intacte le système des institutions rurales. La liberté pleine et libre du culte que ces peuples ont adopté, leur doit être garantie. On doit éviter d'employer des moyens contraires à leurs préjugés, et qui auraient pour but de brusquer la reforme de leurs institutions sociales et religieuses ; celles-ci se modifieront d'elles-mêmes , lentement et insensiblement , par le contact journalier où elles sont avec nôtre civilisation européenne. Plus de deux siècles d'un pouvoir modéré , pro-
tecteur et persuasif, rarement hostile ou absolu, out servi à le faire apprécier de la nation javanaise, qui ne regrette en aucune manière l'autorité de ses despotes indigènes , sous lesquels des révoltes et des guerres meurtrières marquaient, en traces de sang, l'époque d'une succession au trône; tandis que la jalousie et les haines des princes et des grands de la cour, allumaient souvent 'le brandon de la discorde et portaient la population à des dictes de cruauté inouies.
L'avenir de ces vastes et florissantes possessions dépend désormais^ plus qu'on ne le pense, du choix des hommes destinés à les gouverner et à exercer des charges qui les mettent en contact avec les indigènes. Pour que noa institutions sociales y puissent prendre faveur et offrir d'utiles résultats ^ il est de notre devoir comme de notre intérêt, de présenter à ce peuple industrieux et cultivateur les moeurs et les vertus des nations civilisées^ et de dérober à leurs yeux les vices dont cette civilisation est souillée.