Û8 CONSERVATION DES MONUMENTS DU CAIRE
fameux: Botldn de Saadi ne pourra pas achever son œuvre ni la publier, pour la plus, grande gloire de l'art musulman. Du moins, la vigilance nationale n'a-t -ello pu l'cmpecher de prendre d'innombrables relevés des types d'ornements très variés et encore inédits que l'on trouve à profusion sur les maisons, les mosquées, les ruines de la ville et sur les débris réunis au Musée arabe de Franz Bey ; ces travaux trouveront-ils en Franco l'estime, la protection et la fortune dont au Caire, ils sont de plus en plus déshérités ? Il y a, dans cette géologie de l'ornementation, de nombreuses couches encore mal connues et innommées; sur les plus anciennes, ou croit reconnaître les traces du courant byzantin ; le persan y lient une place importante et forme un dépôt plus riche; mais de quelles régions encore inexplorées proviennent tant d'autres échantillons que nous ne saurions définir? Le Caire a été un centre où convergeaient les artistes et les ouvrages de tout le monde oriental. De cet art cosmopolite, le style assez original et homogène que nous appelons l'art arabe du Caire ne se dégagea sans doute qu'entre le xiu' et le xiv* siècle pour fleurir au xv" dans le style dit de Kaïl-Bay qui demeure alors à peu près seul, puis s'allanguit pour s'évanouir sous la domination turque. Nous ne saurons rien de précis sur l'origine des styles anciens, sur les immigrations d'artistes étrangers qu'ils attestent, sur les courants et le.î apports de la civilisation orientale au moyen âge, avant que des explorations n'aient été poussées pour retrouver les gisements primitifs en Arabie, en Syrie, en Perse et dans les contrées mal connues qui séparent de l'Inde cet empire. Espérons que par delà les embarras du moment, ce sera l'œuvre de la Mission française permanente, fondée au Caire,
N'oublions par surtout que les choses appelées par. tant de gens du monde admi* nistralif les laideurs du Caire, ses ruines, ses recoins, ses irrégularités, en forment précisément l'intérêt et la beauté. Ne justifions' que le moins possible cette prophétie ou cette boutade d'Abel Rémusat : n II sera trop tard pour étudier les hommes, quand il n'y aura plus sur la terre que des Européens ! »
A. DHONK.
Paria. — Tjv. A. UUANÏItf, r
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