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Coup d'oeil sur l'évolution séculaire du trade-unionisme anglais

Les transformations rapides que subit la politique sociale de la Grande-Bretagne ramènent l’attention curieuse de l’économiste comme de l’industriel sur le rôle de ces Trade Unions qui ont joué et jouent encore un rôle prépondérant dans la vie de l’industrie anglaise. Elles ont passé par des phases diverses qu’il est utile de rappeler, non point seulement à litre historique, mais pour bien des leçons d’expérience qu’on y peut trouver.

Les Unions étaient inconnues, illégales au début du XIX 0 siècle; ce n’est qu’en 1824 que la coalition comme Lelle cessa d’être interdite, mais il y eut encore bien des agitations, et ce n’est que petit à petit que les Unions se constituèrent à l’état permanent, sans toutefois obtenir encore de reconnaissance légale. Cependant, les grandes industries s’organisèrent et, petit à petit, devinrent importantes. Dans la fièvre de la « période héroïque », telle que la qualifient les unionistes, où il fallut lutter pour le droit même de réunion, la coalition fut surtout de combat, souvent même désordonnée. Peu à peu elle se calma; cc fut lent, mais dans le système s’introduisit, surtout depuis 1850, un élément important, celui de la prévoyance. Ce fut là un fait mémorable dans Thistoire du mouvement. La sollicitude qui en résulta pour ces intérêts diminua l’ardeur combatiive, et on vit, à partir des années 1860, apparaître les organismes de conciliation. Prévoyance et conciliation mar-

(d) Sur l’histoire dont nous donnons ici le coup d’œil à vol d’oiseau, i! existe une littérature énorme de divers partis dont il est impossible d’encombrer le rez de chaussée de la fieoite.

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churent en f|iiel(|ue sorte de pair pendant un tiers de siècle dans les Unions de certains grands métiers; c’est ce qu’on a appelé le Vieux Trade-Unionisme, qui a constitué la force du système. Certes, il y avait des luttes encore vives, le but d’amélioration de l’état économique n’était pas du touL abandonne, mais si les exigences persistaient, les procédés s’atténuaient peu à peu. Les caisses se développèrent et le gouvernement comme l’esprit public se montrèrent disposés à accorder enfin aux Unions un slatut légal, par un ensemble de lois qui s’échelonnent de 1871 à 1876. Si, désormais, elles purent obtenir une existence juridique moyennant certaines conditions vérifiées par un enregistrement, cependant le système nouveau garantissait encore sévèrement le commerce et la liberté du travail contre les abus et les violences possibles, en punissant ces infractions, même les actes d intimidation assez difficiles à définir qui assaillaient en temps de grève les ouvriers voulant travailler, ce Lie pratique dite pickeîmy, sorte de patrouillage des grévistes obsédant les non grévistes, faisant leur siège, même pacifiquement, autour des ateliers ou des habitations,

Malgré ces mesures, le système de 1871-1876 n’en donnait pas moins aux Unions une solidité sérieuse; leur système de prévoyance et de conciliation prenait aussi une base légale. Le nombre des Unions s’accrut, leur congrès annuel de délégués devint un fait important, leur organisation se compléta. L’est la période de splendeur des vieilles Trade Unions.

Au point de vue économique, leur théorie était d’ailleurs mal fixée. L’ancien système de lutte contre le capital restait au fond de leur mentalité et s appliquait à leur politique économique. Les luttes et les conflits, comme les combinaisons qui en résultaient par voie de conciliation, s’imprégnaient cependant de cette défiance. On ne comprenait pas la solidarité d’intérêts de la production nationale.

Les conseils de conciliation, créés d abord en 1860 par l’initiative d un industriel de N ott in g bain, .Mu mie! la, se multiplièrent eu libre organisation, prévinrent et aplanirent bien des conflits, sans d’ailleurs modifier le fond de cette mentalité économique.

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