‹ Coup d'oeil sur l'évolution séculaire du trade-unionisme anglaisChapitre 9 sur 12 · V. BRANTS · texte numérisé non relu

V. BRANTS

raie du minimum de salaire dans les mines fui une séance historique par les premiers rôles qui s’y expriment. Le premier ministre, M. Asquilh exposa les motifs exceptionnels, qui à regret en présence d’un conflit insoluble ont amené le gouvernement à cette mesure regrettable en elle-même d’intervention.

M. Bonaz Law leader de l’opposition tory reprocha au minislj de n’avoir pas su prévenir le mal ou le corriger par d’a moyens, notamment par l’arbitrage. M. Ramsay Mac D secrétaire du Labour Parti} qui veut combiner les m syndicales et réglementaires dans l’ordre politique, selon mule que lui-même indique à son parti dans ses écrits, eut préféré les agreements libres, mais déclare impossible en A terre l’arbitrage obligatoire restreignant le droit de grève, et admet aussi en regrettant sa nécessité, le système du projet. Lord Robert Cecil enfin préconise les méthodes d’entente sociale par une association plus intime des ouvriers aux patrons.

Le système légal du groupe parlementaire l’emportait donc et c’éLait par le haut que l’on cherchait à réaliser les modifications de l’état social. Au système d’initiative libre syndicale et unioniste, longtemps caractéristique de la vie soçiale anglaise, se substituait un système de légalité et d’intervention.

L’Angleterre avait été précédée hardiment dans celle voie par une de ses colonies, l’Australie,et elle avait les yeux fixés sur les

législations de cette région, soit de Victoria, soit de Nouvelle- Zélande. L’un de scs principaux artisans, d’ailleurs, ancien ministre, président du conseil du parti travailliste de là-bas, M. Reeves, représentait la colonie à Londres et allait prendre la direction de la London School of Economies.

Le groupe socialiste parlementaire n’avait pas cependant la besogne toute facile. Il avait dans son propre parti, qui réunissait des éléments divers, à lutter contre certaines résistances de l’ancien esprit unioniste, jaloux d’indépendance ; il a aussi à lutter contre un parti syndicaliste pur, plus avancé, révolutionnaire, adversaire de l’action parlementaire et dirigé par Tom Mann en Ben lillet. Les théoriciens du groupe socialiste poli tique parlementaire combattent a la fois les deux tendances. Philippe Snowdcn, écrivain en vue du parti, cherche vivement

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à démontrer aux Unions qu’en somme leur politique n’a jamais rien réalisé. Sur ce point, il se rencontre avec les réformistes fabiens comme Sidney Webb, des économistes commeMarschall, des sociologues comme Ch. Booth, qui soutiennent aussi que leur action "sur les salaires a été fort restreinte, qu’en somme par toutes leurs luîtes et leurs grèves elles ont peu conquis au delà de ce que le mouvement naturel des faits économiques neùt amené. Si Ch. Booth recommande aux Unions de s entendre avec les patrons, de faire avec eux une politique de grande production utile à tous dans l’intérêt commun, au contraire, devant cette impuissance, Snowden et son groupe les poussent vivement à la réalisation immédiate du salaire légat vital (Livmg mage), en attendant l’avenir socialiste.

Mais, d’autre part, le groupe parlementaire combat vivement les syndicalistes de l’action révolutionnaire; il répudie tout contact du socialisme avec le parti du chambardement violent, et le secrétaire du Labour party, Ramsay Mac Donald, a dirigé contre eux un réquisitoire catégorique. Le Labour party n est donc pas dans une situation aisée et on peut se demander ce que deviendront ses sièges parlementaires en cas de dissolution. Ces sièges, il ne les doit qu’au parti libéral, dont il est 1 allié; nulle part il n’a la majorité à lut seul, mais souvent il a la force départageante ; que décidera l’opinion, si forte en Angleterre, après les récentes bousculades de la politique gouvernementale:’

Les Unions elles-mêmes, d’ailleurs, petit à petit sont envahies davantage aussi par l’esprit socialiste. Les conventions collectives n’ont plus la même sécurité. La grève, leur arme, présente des dangers graves, grandissant avec leurs prétentions, qu’on ne peut dissimuler et, certes, malgré le relèvement de la situation économique du pays, cette situation est inquiétante. Leur dernier congrès a maintenu leurs dispositions sans tempérer les inquiétudes. Elles ont rejeté à une forte majorité les propositions de donner une sanction aux conventions collectives; l'intervention du pouvoir judicaire répugne absolument à leur indépendance, et cette irresponsabilité devient de moins en moins rassurante. D'autre part, les motions de nationalisation du sol et des mines ont été adoptées par les délégués du congrès

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