‹ Coup d'oeil sur l'évolution séculaire du trade-unionisme anglaisChapitre 8 sur 12 · V. liR AN T S · texte numérisé non relu

V. liR AN T S

bilité des administrateurs persiste d'ailleurs pour tous autres cas que ceux qui concernent des dommages causés par une association ou en son nom pour amener ou favoriser un conflit relatif au travail.

C’est le principe de l'irresponsabilité des Unions pour faits de conflits, et pour elles-mêmes et pour leurs agents.

Ce ne fut pas sans objections, c’est clair, mais la « force majeure » apparaissait aux hommes politiques : celle des 1,800,000 membres des Unions; on invoqua donc la pression du public; on allégua la longue jurisprudence à laquelle les law-Lords avaient dérogé; on fit valoir, suivant l’usage, l’esprit «le modération et de mesure des Anglais, argument bien délabré; on représenta, enfin, que les Unions sont surtout des sociétés et «les caisses de secours dont il faut protéger le patrimoine; ce n’en est pas moins un privilège exorbitant qui enlève toute garantie contre l’abus syndical.

Depuis lors, on le sait, sous l'impulsion de la majorité gouvernementale actuelle, l’Angleterre a galopé dans la voie démocratique. Le parti libéral au pouvoir est lié par le Labour Party, qui fait une groupe important de sa majorité, et dans le Cabinet même certains hommes, comme le hardi ministre gallois Llovd Georges, poussent vivement la politique radicale en toutes les directions.

Cependant, dans cette politique il faudrait se garder de confondre le Labour Party avec l’Unionisme. Le parti est une fédération politique d’éléments divers (I). Les Unionistes avaient voulu la loi de 1906 parce que dans leur esprit, ils voulaient la libre action et répugnaient généralement à la contrainte légale. La conciliation et les conventions collectives étaient pour eux d'amiables négociations, mais où ils ne voulaient pas l’arbitrage des autorités publiques; ce serait une atténuation de leur force et de leur indépendance.

Au contraire, le groupe politique du travail, associé au parti libéral de gouvernement, nettement coloré de socialisme, adopta

(1) Xe pas confondre le Labour party avec l'Indepcndent Labour party qui est un groupe exclusivement socialiste.

]G coup d'œil sijr l’évolutiox du ïkadjs unionisme

un programme tout différent, celui d'une action législative pénétrante et ou Iran ci ère clans tous les domaines des intérêts sociaux.

Celle politique nouvelle d’Etat devait avoir des manifesta lions nombreuses différenciant P attitude des groupes. Au début, ôi3 ne s’en prit qu’à des problèmes ou P entente pouvait se faire, même très largement, à cause de circonstances spéciales, C’est ainsi qu après une nouvelle enquête parlementaire sur les abus du travail (Sivealimj Système), on fit voter à la presque unanimité la loi de 1909, établissant pour quelques industries exploitées (streafed) les comités de salaires pour fixer un minimum légal:; c’était une mesure exceptionnelle justifiée par un mai exceptionnel aussi. Mais en présence des conflits de travail, le gouvernement accentua aussi son intervention directe, et tenta de substituer à la conciliation facultative cL libre des comités paritaires Unionistes, un système de conciliation officielle dont les Unionistes rejetaient énergiquement l'immixtion* Néanmoins le ministre Lloyd Georges, armé d'un texte très large mais endormi de la loi sur les conflits de 1896, intervint d'office dans la grève de cheminots de 1907; puis ii régularisa celte intervention : on institua en 1908 des comités de conciliation et d'arbitrage officiels appelés à intervenir dans les conflits; enfin, en f91 f, un conseil de l’industrie du royaume, chargé de prendre toutes mesures destinées à facilite]' les arrangements amiables.

En même temps, l’action législative prenait aussi une forme plus pénétrante. Des plaintes très-vives s'étalent produites dans l’industrie minière sur le taux des salaires; elles avaient été en partie la conséquence des applications de la loi de 1908 réduisante 8 heures la journée de travail dans les mines; d’autre part, le renchérissement des consommations alourdissait le budget, si bien qu’en 19i 2 une grande grève minière éclata. Le gouvernement, après une longue campagne, réalisait par la loi de 1912 le minimum de salaire dans les mines, non directement inscrit dans la loi 3 mais par l’intermédiaire de comités mixtes, chargés de le déterminer dans chaque district.

La séance des Communes du f 9 mars f 9 J 2, discussion géné-

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